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Nos coups de cœur télé de 2015

29/12/2015 05:16 EST | Actualisé 29/12/2015 05:17 EST
Courtoisie Vidéotron

En 2015, malgré les conditions de travail souvent difficiles qui y règnent, notre télévision a innové et évolué. Les variétés ont effectué un retour en force à Radio-Canada (Les dieux de la danse, Stéréo Pop), TVA a osé l’humour décapant (Les beaux malaises), Éric Salvail a continué de régner en roi et maître à V, et Guylaine Tremblay et les médecins de De garde 24/7 ont éveillé les curiosités à Télé-Québec.

MusiquePlus a connu une cure de rafraîchissement, ARTV a misé sur l’irrévérence (Paparagilles, La soirée est encore jeune), les réseaux ont vibré au rythme de la plus longue campagne électorale fédérale de l’histoire, Super Écran a proposé ses premiers produits originaux (Patrice Lemieux 24/7, Marche à l’ombre et Madame Lebrun) et les Tou.tv, Club Illico et autres Netflix de ce monde ont continué de s’imposer dans les habitudes d’écoute des Québécois. On avait encore beaucoup de matériel de qualité à se mettre sous la dent.

Quelles émissions ont retenu l’attention? Voici quelques-uns de nos coups de cœur de la dernière année.

Pour Sarah - TVA

Notre coup de cœur absolu de 2015. Une série brillante, révélatrice de nouveaux talents (on reverra Félix-Antoine Duval et Guillaume Gauthier, c’est certain), bien écrite, qui ne nous a pas ennuyés un seul instant… et cruellement réaliste. Une intrigue à la fois bouleversante et lumineuse, qui a fait réfléchir autant qu’elle nous a transportés. On aimerait avoir une suite, savoir ce qu’il adviendra des jeunes personnages, constater comment Sarah et Cédric auront évolué dans quelques années mais, en même temps, Pour Sarah est un produit parfait tel qu’il l’est, qu’il ferait également bon laisser intact. À méditer.

Le clan – Radio-Canada

Le face-à-face tant redouté entre Jean-François (Sébastien Ricard) et ses frères n’a toujours pas eu lieu, mais on retiendra notre souffle jusqu’à ce que soit diffusée la suite du Clan, au printemps! Mouvementée, parfois compliquée, la trame du Clan n’a laissé aucun répit aux téléspectateurs dans l’attente du dénouement, qui sera peut-être fatal au personnage principal, pourtant si attachant, mais exaspérant dans son mutisme et ses mystères. Le clan est un suspense haletant, qui a le mérite de montrer différentes régions, en se promenant du Québec au Nouveau-Brunswick… et de nous faire entendre différents accents. Sébastien Ricard est solide dans la peau de ce délateur, qui s’est refait une vie avec plus ou moins de succès, par le biais d’un programme de protection des témoins. L’une des belles surprises de l’automne, malgré sa case-horaire ingrate du samedi, à 21h.

Lip Sync Battle : face à face - MusiquePlus

Joël Legendre n’aurait pu rêver d’un meilleur contexte pour son retour devant les caméras après les événements qui ont bouleversé sa vie, au printemps dernier. Une dynamique fiesta hebdomadaire, une compétition on ne peut plus sympathique entre artistes, des prestations de lip sync endiablées qui nous font voir nos vedettes préférées sous un nouveau jour, Lip Sync Battle : face à face est un divertissement amusant qui meuble bien les vendredis soirs de relaxation. L’animateur est à l’aise comme un poisson dans l’eau dans ce concept mêlant variétés et humour et les commentaires de Marie-Soleil Dion sont souvent fort à propos. Déjà un incontournable de la programmation du MusiquePlus revampé.

De garde 24/7

La série documentaire De garde 24/7 a fait œuvre utile cet automne, en nous montrant concrètement à quoi ressemble le quotidien des médecins québécois. L’hôpital Charles-Le Moyne, sur la rive-sud de Montréal, a ouvert grand ses portes à la maison de production Avanti, qui a ainsi pu témoigner de la réalité des omnipraticiens, des urgentologues, des chirurgiens et autres spécialistes, avec tout ce qu’elle comporte de défis, de stress, de difficultés et d’impuissance. Les médecins, tous profondément humains, se sont exposés en toute vulnérabilité et en toute humilité. Désormais, lorsqu’on pestera contre notre système de santé parfois défaillant, on pensera aux valeureux guerriers de De garde 24/7, en songeant qu’eux ne l’ont pas plus facile que nous.

Un chef à l’oreille – Radio-Canada

Semaine après semaine, le jeu devient un peu répétitif, mais les chefs accompagnateurs ajoutent beaucoup de piquant à Un chef à l’oreille, parfait rendez-vous de début de soirée du vendredi. On a craqué pour le franc-parler de Ian Perreault, Jonathan Garnier et Martin Juneau, et pour les participants, plus attachants les uns que les autres. De quoi rêver d’avoir, nous aussi, les conseils d’un chef dans notre oreille lorsqu’on s’affaire aux fourneaux!

Banc public – Télé-Québec

Comme si elle avait encore besoin de nous épater, on a découvert à Guylaine Tremblay de formidables talents d’intervieweuse cet automne, grâce à Banc public. Intéressée, la comédienne d’Unité 9 mène ses entretiens comme une discussion, en se mettant dans la peau du téléspectateur qui veut en savoir davantage. Les sujets sont également choisis avec soin : l’amour après 60 ans, la paternité tardive, le statut de beau-parent, le départ de la vie religieuse, l’homosexualité dans le sport, la chimiothérapie, etc. Un magazine d’intérêt social qui ne se prend pas au sérieux, susceptible de plaire à tous.

Le berceau des anges – Séries+

Une série d’époque émouvante, qui s’est attardée à un pan peu glorieux de notre passé collectif, celui d’un trafic de poupons jadis tissé entre le Québec et les États-Unis, mais qui a surtout eu le mérite de dépeindre avec vérité le sort cruel qui attendait les filles-mères, dans les années 50. Souvent reniées par leur famille, traitées comme des parias, les jeunes femmes étaient plus souvent qu’autrement forcées d’abandonner leur bébé, à contre-coeur. La jeune Marianne Fortier (qui nous a aussi fait pleurer dans Pour Sarah) a campé avec brio le personnage central du Berceau des anges, et a même été nommée au dernier Gala des Prix Gémeaux.

Boomerang – TVA

Une comédie légère, une famille toute simple, des personnages attachants, un humour bon enfant. Dans Boomerang, pas d’attaques sanglantes, pas de grands mystères à élucider, pas de drames poignants, pas de trahisons déchirantes, pas d’amours tourmentés. Juste des péripéties comiques, vécues par des gens «ordinaires» qui s’aiment beaucoup - parfois maladroitement - et

incarnées par des acteurs qui se démarquent avec talent : Antoine Bertrand, Catherine-Anne Toupin, Magalie Lépine-Blondeau, Émile Proulx-Cloutier et, surtout, les vétérans Marc Messier et Marie-Thérèse Fortin, toujours épatants. Boomerang, c’est un charmant petit échantillon de la vie «normale». On aimerait éviter le mot-cliché «réconfortant», mais c’est ce que l’émission évoque : un cocon dans lequel on se réfugie lorsque ça brasse trop dans O’ ou dans Unité 9!

Paparagilles - ARTV

Dans le milieu artistique qui se prend parfois trop au sérieux, MC Gilles débarque avec son chapeau, son sourire en coin et ses questions un peu baveuses, mais jamais bien méchantes. Mesurer les files d’attente au Salon du livre, traîner un faux cheval sur l’anti-tapis de KARV l’anti-gala, s’infiltrer dans les partys d’après-galas, évaluer les prix des trophées, passer des remarques irrévérencieuses sur le tapis rouge de la première du spectacle de Guillaume Wagner ou au lancement de l’album de Paul Daraîche, Paparagilles scrute notre show-business sous des angles encore jamais exploités et arrive souvent à nous surprendre. Les entrevues dans le Winnebago sont rondement menées, et MC Gilles soutire souvent des confidences jamais entendues à ses invités. Certains martèleront qu’on devrait discuter de culture à proprement parler et non pas s’en moquer, mais un bonbon comme Paparagilles se déguste fort bien, le vendredi, en fin de soirée.

Quelques mentions spéciales…

Unité 9. Malgré quelques incongruités et certaines intrigues non terminées, Unité 9 est encore la plus incontournable de nos fictions. Notre Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay), métamorphosée en vilaine, manipulatrice et glaciale, dans les derniers mois, nous a fait frissonner. Espérons qu’elle retrouvera la paix incessamment.

Tout le monde en parle. Oui, certains invités reviennent souvent (qu’on pense à Stéphane Rousseau ou à Véronique Cloutier, laquelle était de passage sur le plateau de Guy A.Lepage le 16 novembre 2014 et le 22 novembre 2015, à tout juste un an d’intervalle), et oui, ça sent parfois un peu trop la «plogue», mais Tout le monde en parle est un rendez-vous encore essentiel, même après 12 ans. L’équipe a été admirable, le 15 novembre dernier, en présentant sa toute première édition en direct à vie, planifiée la journée même, pour tracer le bilan des attentats de Paris, survenus deux jours plus tôt. Une autre preuve que Tout le monde en parle joue un rôle très important dans notre télévision.

Nouvelle adresse. Il fallait à l’auteur Richard Blaimert un doigté et une sensibilité inouïs pour dépeindre la mort de façon aussi élégante à l’écran. Nouvelle adresse n’aura duré que trois saisons, mais on n’oubliera jamais le départ à la fois déchirant et lumineux de Nathalie Lapointe (Macha Grenon).

C’est juste de la TV. On aime encore et toujours autant passionnément jaser télévision avec cette belle gang allumée du vendredi soir. Les commentaires de Dave-Éric Ouellet et d’Anne-Marie Withenshaw sont toujours pertinents, et les panélistes invités (dont Thérèse Parisien, Christiane Charette et Patrick Masbourian) apportent tous leur couleur propre. À l’animation, Marie-Soleil Michon est impeccable. La plus sûre des valeurs sûres d’ARTV.

En mode Salvail. Trois ans à l’antenne, et Éric Salvail continue de réinventer le talk-show de fin de soirée. Aucune folie n’est à son épreuve, et tous les artistes – et même certains politiciens - acceptent de jouer le jeu avec lui, avec plaisir. Les moments d’En mode Salvail qui nous ont fait craquer ont été nombreux, cette année, mais il faut absolument mentionner les segments Le temps d’un cornet, où l’animateur tire les vers du nez aux enfants de personnalités connues, entre deux lichettes de crème glacée. Mignon comme tout!

19-2. Le dernier chapitre de 19-2 a été un peu mélangeant avec sa saga des Tours Nord, mais ce qu’on retiendra principalement, c’est ce dernier échange, lourd de sens, entre Ben Chartier (Claude Legault) et Nick Berrof (Réal Bossé), sur le bord de la piscine, qui a conclu la troisième et dernière saison. Chartier a fait comprendre à Berrof que sa soif de vengeance ne lui amènerait rien de bon et qu’il devrait se rendre aux policiers, après toutes ses machinations haineuses. Une finale sombre, qui évoquait bien tout le reste de la série.

Mémoires vives. On souhaiterait parfois que les suspenses se dénouent plus rapidement, mais saluons la capacité de l’auteure, Chantal Cadieux, à dissimuler secrets et liens cachés entre ses personnages. On n’est jamais au bout de nos surprises, dans Mémoires vives!

Les beaux malaises. Les malaises de Martin Matte sont drôles, intelligents, corrosifs, mais jamais démesurément cyniques. L’humour des Beaux malaises repousse les limites du «politiquement correct» et fait confiance à l’intelligence du public. Et c’est foutrement bien joué. On adore Julie LeBreton, Patrice Robitaille et Martin Perizzolo dans leur rôle respectif.

Pop de jam. Des chanteurs, souvent de différentes générations, se rencontrent, et mélangent leur univers musical. Ça donne Mitsou qui interprète son Bye Bye mon cow-boy avec Claude Bégin et les troupes de Misteur Valaire, Tire le coyote qui reprend Quand on est en amour, de Patrick Norman, ou encore Karim Ouellet qui revisite Si fragile, de Luc De Larochellière, avec une touche groove, sous le regard ému du principal intéressé. Comme quoi il est encore possible de donner une place différente et originale à la musique à la télévision, même à l’ère de YouTube et des médias sociaux.

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