NOUVELLES

La directrice générale du FMI Christine Lagarde sera jugée pour l'affaire Tapie

17/12/2015 10:44 EST | Actualisé 17/12/2015 11:44 EST
AFP

La patronne du FMI Christine Lagarde a été renvoyée en procès devant la Cour de justice de la République (CJR) en France pour son rôle, quand elle était ministre de l'Économie, dans l'arbitrage controversé à plus de 400 millions d'euros (604 millions CAN) accordé à l'homme d'affaires Bernard Tapie en 2008, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Mme Lagarde a immédiatement annoncé dans un communiqué qu'elle formait un recours en cassation contre cette «décision difficilement compréhensible» de la commission d'instruction de la CJR, après des réquisitions de non-lieu du ministère public.

La commission d'instruction a ordonné que la directrice générale du Fonds monétaire international soit jugée pour négligence dans la gestion de fonds publics, un délit pour lequel elle avait été mise en examen à la fin de l'été 2014.

L'affaire remonte à 2008 quand un tribunal arbitral privé, validé par le ministère de l'Économie alors dirigé par Mme Lagarde, a octroyé plus de 404 millions d'euros (612 millions CAN) à Bernard Tapie.

Ce dernier estimait avoir été floué par la banque Crédit Lyonnais lors de la revente de l'entreprise Adidas en 1994.

La sentence a été annulée en début d'année 2015, la justice estimant qu'elle était entachée d'un soupçon de fraude. Et le 3 décembre, la Cour d'appel de Paris a condamné Bernard Tapie à rembourser les 404 millions d'euros accordés lors de cet arbitrage.

Dans son communiqué, Christine Lagarde affirme «qu'elle a toujours agi dans cette affaire dans l'intérêt de l'État et dans le respect de la loi» et «considère (...) qu'il n'existe aucune charge qui puisse lui être imputée».

Elle ajoute qu'elle «informera le Conseil d'administration du FMI de ce dernier développement du dossier».

Le conseil d'administration du FMI, qui représente ses 188 États membres, a d'ores et déjà réaffirmé jeudi sa «confiance dans les capacités de la directrice générale d'assumer efficacement ses fonctions», a déclaré le porte-parole de l'institution, Gerry Rice, dans un communiqué.

À la tête du FMI depuis juillet 2011, Christine Lagarde avait été mise en examen pour négligence dans ce dossier. Le ministère public avait requis un non-lieu, mais la commission d'instruction n'a pas suivi ces réquisitions, selon cette source, confirmant une information de la chaîne de télévision Itélé et du site Mediapart.

Le FMI continue d'apporter «sa confiance»

Le FMI a affirmé jeudi continuer d'apporter «sa confiance» à sa directrice générale Christine Lagarde, qui est renvoyée devant la justice pour son rôle présumé dans l'affaire Crédit Lyonnais-Bernard Tapie quand elle était ministre de l'Economie en France.

Le conseil d'administration du FMI, qui représente ses 188 Etats-membres, «continue d'avoir confiance dans les capacités de la directrice générale d'assumer efficacement ses fonctions», a déclaré le porte-parole de l'institution, Gerry Rice, dans un communiqué.

Les grandes dates de l'affaire Tapie-Lagarde

Le long parcours judiciaire de Bernard Tapie

Christine Lagarde

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter