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La facture du projet Énergie Est grimpe à près de 16 milliards $ (VIDÉO)

17/12/2015 02:26 EST | Actualisé 18/12/2015 07:04 EST

La modification du tracé de l'oléoduc Énergie Est a d'importantes répercussions pour TransCanada (TSX:TRP), qui voit la facture de son controversé projet bondir de presque 4 milliards $.

Initialement estimés à 12 milliards $, les coûts du projet - dont la mise en service avait été repoussée de deux ans, en 2020 - sont désormais estimés à 15,7 milliards $.

L'entreprise a confirmé l'information en déposant la dernière version de son projet auprès de l'Office national de l'énergie (ONÉ), un mois après avoir tiré un trait définitif sur Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, pour y construire un terminal pétrolier.

"Il y a beaucoup de changements en ce qui a trait au tracé, a expliqué le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, au cours d'un entretien téléphonique. L'enlèvement du terminal rajoute des coûts."

Le montant de 15,7 milliards $ n'inclut pas les infrastructures existantes qui seront mises à contribution afin de mener le projet à terme.

Au total, près de 700 modifications sont proposées pour le tracé de cet oléoduc de 4600 kilomètres visant à acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en plus d'approvisionner les raffineries de Suncor à Montréal et de Valero à Lévis.

Le Québec, où l'on prévoit construire 625 kilomètres de canalisation, est particulièrement concerné par les modifications du tracé, compte tenu de l'abandon du projet de Cacouna.

"Il y en a eu plusieurs pour éviter un certain nombre de propriétés ou d'autres endroits où des préoccupations ont été soulevées", a souligné M. Duboyce, sans entrer dans les détails.

Malgré la déprime des prix de l'or noir, qui pourrait se poursuivre en 2016 selon plusieurs analystes, le projet demeure attrayant, a assuré le porte-parole de l'entreprise, notamment parce que les besoins en pétrole seront présents pour encore "plusieurs décennies".

TransCanada a par ailleurs dévoilé des données compilées par le Conference Board du Canada dans l'espoir de convaincre les sceptiques des retombées économiques générées par Énergie Est.

Au Québec, le premier ministre Philippe Couillard avait déjà prévenu que l'absence d'un terminal maritime compliquerait l'évaluation des retombées économiques du projet.

"L'investissement en capital demeure le même, soit autour de 4 milliards $ dans la province", a fait remarquer le porte-parole de l'entreprise établie à Calgary.

D'après le Conference Board, les phases de développement et de construction, estimées à neuf ans, devraient se traduire en moyenne par la création annuelle de 3168 emplois directs et indirects au Québec. Pour la phase d'exploitation, qui s'échelonne sur 20 ans, la création annuelle d'emplois directs est évaluée à 33 postes.

Quant aux retombées fiscales, le groupe de recherche estime qu'elles seraient de 972 millions $ au Québec pour les phases de développement et de construction ainsi que de 1,15 milliard $ pour les 20 années d'exploitation.

"En regardant l'analyse, les chiffres parlent d'eux-mêmes", a répondu M. Duboyce lorsque questionné sur les propos tenus le mois dernier par le premier ministre Couillard.

Quelques jours seulement après que 185 pays se furent entendus pour limiter le réchauffement climatique à la conférence de Paris, le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, estime que le jeu n'en vaut pas la chandelle dans le cas d'Énergie Est.

Selon lui, les risques liés aux retombées économiques du projet de TransCanada sont "inutiles".

"Ce projet va menacer plusieurs secteurs économiques, comme l'agriculture en cas de déversement, ainsi que l'industrie récréotouristique, a dit M. Bonin. Les revenus, il faut toujours les mettre en perspective avec les risquent qui les accompagnent."

L'ONÉ se penchera maintenant sur l'évaluation environnementale du projet. À Ottawa, le gouvernement Trudeau s'est déjà engagé à inclure la question des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les critères d'évaluation.

Au Québec, c'est le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui sera penchera sur ce projet d'oléoduc. L'organisme ne tiendra toutefois pas compte des GES dans son évaluation.

Vigoureusement contesté par des groupes écologistes et de nombreuses municipalités, Énergie Est a reçu l'appui des associations patronales ainsi que de certains syndicats, comme la FTQ-Construction.

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