POLITIQUE

Entente de principe entre Québec et les syndicats du secteur public (VIDÉOS)

17/12/2015 04:10 EST | Actualisé 18/12/2015 07:02 EST

Il aura fallu plus de 13 heures de pourparlers au bureau du président du Conseil du Trésor, mais cela en aura valu la peine : après des mois de négociations, le front commun du secteur public et le gouvernement du Québec ont conclu une entente de principe globale à la table centrale. Les détails de l'entente n'ont pas été communiqués, mais Radio-Canada en a appris quelques-uns.

Cette ronde de négociations entre Québec et les cinq chefs des syndicats du front commun, qui représentent 400 000 des 550 000 employés de l'État, portait sur les hausses salariales et l'âge de la retraite.

C'est la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, qui a été la première à faire part de ce dénouement, dans une brève déclaration aux médias, jeudi après-midi.

« Nous sommes en mesure d'annoncer une entente de principe, que nous allons recommander assez rapidement à nos instances », a-t-elle dit, soulignant que le travail entre les parties avait été « rigoureux et fructueux ».

Mme Chabot est ensuite partie sans donner plus de précisions et sans répondre aux questions des journalistes.

« C'est une bonne nouvelle », a pour sa part affirmé le ministre Martin Coiteux, vantant des pourparlers « tout à fait constructifs ».

« Globalement, on a fait des choses qui sont certainement très positives et qui respectent le cadre budgétaire. »

— Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor

Lui aussi a été avare de détails, préférant laisser le soin aux syndicats de présenter l'entente à leurs instances.

Ce n'est d'ailleurs qu'à l'issue de ce processus que les détails de l'accord de principe seront présentés au cours d'une conférence de presse, probablement vendredi ou samedi.

Amorcé mercredi à la demande de M. Coiteux, ce sprint de négociations avait repris en matinée.


Des augmentations salariales d'environ 8 % ou 9 %

Selon des informations obtenues par Radio-Canada auprès de plusieurs sources, l'entente de principe comprend le versement d'un montant forfaitaire d'environ 500 $ cette année. Pour l'an prochain, l'augmentation de salaire serait de 1,5 %, de 1,75 % en 2017 et de 2 % en 2018. Pour la dernière année de la convention collective, en 2019, le gouvernement verserait un autre montant forfaitaire, qui tournerait autour de 250 $, auquel il faut ajouter la relativité salariale, estimée à 2,4 %.

En additionnant des aménagements sectoriels, les augmentations de salaire pourraient avoisiner les 8 % ou 9 %, ce qui permettrait de préserver d'une certaine façon le pouvoir d'achat des syndiqués. Ce frein à l'appauvrissement était d'ailleurs un objectif du front commun intersyndical.

Le long chemin de la négociation

L'offre initiale du gouvernement, qui avait ensuite été modifiée, consistait en un gel salarial de deux ans suivi d'augmentations salariales de 1 % pour les 3 années suivantes. Les syndicats réclamaient pour leur part des augmentations de 4,5 % par année pendant 3 ans.

Mercredi matin, Martin Coiteux affirmait que le cadre financier du gouvernement dans cette négociation était « parti à 3 % » pour atteindre 7,5 %, un chiffre alors contesté par les syndicats. Ils faisaient valoir que la relativité salariale offerte la cinquième année, en 2019, ne profiterait pas à tous les employés de l'État.

Selon les informations de mercredi, le gouvernement Couillard avait mis de l'eau dans son vin à propos de l'âge de départ à la retraite des employés de l'État, un important point d'achoppement avec les syndicats, qui souhaitaient qu'il soit maintenu à 60 ans. Le gouvernement voulait dans un premier temps hausser l'âge de la retraite à 62 ans à compter du 1er juillet 2019, avant d'accepter de le fixer à 61 ans.

Le front commun est constitué de la CSN, de la FTQ et du Secrétariat intersyndical des services publics (CSQ, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux et Syndicat de la fonction publique du Québec).

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, qui représente la majorité des infirmières, la Fédération autonome de l'enseignement, qui représente des enseignants du primaire et du secondaire, et le Syndicat regroupant l'ensemble des professionnels du gouvernement du Québec ne font pas partie de ce front commun.

Avec les informations de Sébastien Bovet

Grève du front commun (9 décembre 2015)

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