POLITIQUE

Construction navale : l'explosion des coûts n'inquiète pas le ministre de la Défense Harjit Sajjan

16/12/2015 12:14 EST

OTTAWA – Le gouvernement Trudeau s’engage à réaliser la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN) comme prévu, malgré l’explosion des coûts, dit le ministre de la Défense.

En entrevue avec le HuffPost, le ministre Harjit Sajjan a confirmé que la SNACN suivrait son cours. Il n’est pas question de rouvrir son appel d’offres pour la construction de navires en raison des milliards de dollars supplémentaires à prévoir.

« Pour les [contrats actuels], nous allons les garder en place et s’assurer qu’ils fonctionnent. Nous nous engageons à réaliser l’actuelle Stratégie nationale en matière de construction navale », a-t-il répété.

Irving Shipbuilding Inc. et Vancouver Shipyards de Seaspan peuvent donc dormir tranquilles, soutient le ministre de la Défense. Il dit toutefois qu’il y a « beaucoup de boulot » à venir pour la construction de plus petits navires dans les années à venir.

Les deux chantiers ont raflé le contrat d’une valeur de 34 milliards de dollars en octobre 2011. Depuis, les chantiers sélectionnés tardent à livrer la marchandise, puisqu'ils sont à surcapacité.

La construction de 15 nouveaux navires de guerre pourrait s’élever jusqu’à 30 milliards de dollars, selon CBC. Le vice-amiral Mark Norman, commandant de la Marine royale canadienne, a corroboré ces informations.

C’est sans compter le budget accordé pour les navires ravitailleurs, les navires de la Garde côtière et les brise-glace dans l’Arctique.

Au total, il en coûterait 42 milliards de dollars aux contribuables pour moderniser la stratégie naval du Canada – 16 milliards de plus que les estimations au départ, a dévoilé CBC.

Mais pour le ministre de la Défense, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le coût réel des navires tant attendus.

« Nous allons réviser les chiffres qui ont été présentés. Je ne suis pas certain que les chiffres présentés par l’ancien gouvernement sont aussi exacts qu’ils devaient l’être », a laissé tomber Harjit Sajjan, en poste depuis un mois et demi.

De concert avec le ministère des Services publics et de l’Approvisionnement, le ministère de la Défense a entrepris une révision du programme mis en place par les conservateurs.

« Nous favorisons une approche à long terme. L’idée n’est pas d’avoir les réponses dès l’année prochaine, mais d’avoir une solution à long terme pour notre Marine pour qu’on évite ce processus chaque fois que nous aurons besoin de nouveaux navires. »

Pas de pression des États-Unis

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, insiste que le Canada et les États-Unis restent de proches alliés dans la lutte contre l’État islamique.

Pourtant, lors de son discours à la Nation, le président américain Barack Obama a souligné l’apport de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne dans la lutte contre le terrorisme – mais aucune mention du Canada.

« Je pense qu’on a trop analysé ce discours, estime le ministre. Quand on est un ami si proche, peut-être qu’on n’a pas besoin d’être mentionné. »

« Vous pouvez voir la différence [avec le gouvernement précédent], puisque notre premier ministre a été invité à la Maison Blanche [pour un dîner d'État en mars 2016]. Il y a plusieurs façons d’analyser la situation. »

Les États-Unis ont annoncé lundi que la coalition allait frapper l’État islamique « plus fort que jamais ». Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a aussi envoyé une lettre à plusieurs douzaines de pays pour demander davantage de contributions militaires.

En point de presse, mardi, Harjit Sajjan a insisté que le Canada n’avait « pas de pression » des Américains et que cette lettre n’était que « routine ».

« Nous sommes en discussion avec nos partenaires de la coalition afin de savoir à quoi ressemble la situation actuelle et quelles sont les ressources nécessaires pour affiner nos options. »

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, n’a voulu confirmer quand les bombardements du Canada cesseront, mais qu’aucune décision ne serait prise avant la fin de l’année.

« La priorité, c’est d’avoir pris des bonnes décisions en relation étroite avec nos alliés et ça venir. Ne vous inquiétez pas. La décision sera annoncée quand elle sera prête. »

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