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Chine: Guo Guangchang, un milliardaire actionnaire du Cirque du Soleil, «disparaît» (VIDÉO)

11/12/2015 11:15 EST

Le patron supposé "disparu" du conglomérat chinois Fosun, propriétaire du Club Méditerranée et actionnaire du Cirque du Soleil, coopère avec les autorités judiciaires chinoises, a annoncé la société vendredi.

"Après enquête, la société affirme que M. Guo (Guangchang) apporte son aide pour certaines investigations menées par les autorités judiciaires" chinoises, a indiqué Fosun dans un communiqué.

La cotation des titres des filiales du groupe suspendue depuis vendredi en Bourse de Shanghai et Hong Kong reprendra lundi, selon le communiqué de Fosun.

Le magazine Caixin avait plus tôt indiqué que le milliardaire de 48 ans, figure emblématique des milieux d'affaires chinois, ne "pouvait plus être joint" depuis jeudi.

Selon un article mis en ligne du magazine d'affaires, citant des sources non identifiées, on ignore "s'il est placé sous enquête ou s'il apporte son concours à une enquête" visant une tierce personne.

Le portail d'informations Sohu affirme quant à lui vendredi, en citant plusieurs sources, que le milliardaire était simplement interrogé dans le cadre de l'enquête pour corruption visant Ai Baojun, vice-maire de Shanghai, et qu'il pourrait être libéré d'ici à dimanche.

Guo Guangchang est la 17e personne la plus riche de Chine, avec une fortune de 5,6 milliards de dollars, selon l'agence Bloomberg.

Son conglomérat Fosun est l'une des plus grosses firmes privées du pays, sa filiale phare --Fosun International-- comptant quelque 50 milliards de yuans d'actifs (7,07 milliards d'euros).

A la tête d'activités très diverses, de l'immobilier à l'assurance, des loisirs à la sidérurgie, Fosun est aussi connu pour ses percées obstinées à l'étranger.

2 ans de bataille acharnée pour le Club Med

Après deux ans de bataille acharnée, il a pris début 2015 le contrôle du Club Med, spécialiste français des clubs de vacances.

"En l'absence de toute information précise", le Club Méditerranée a vendredi, dans un communiqué, tenu à souligner que "les activités du groupe Fosun continuent normalement et la cotation de ses titres est suspendue temporairement à la Bourse de Hong Kong comme il est d’usage quand des rumeurs peuvent impacter le cours de bourse d’une société".

"Les évènements en cours ne modifient en rien le fonctionnement, l’activité et la gouvernance du Club Med", a souligné le groupe, ajoutant que son président du conseil d'administration, Henri Giscard d'Estaing, "réaffirme sa confiance et son respect à Guo Guangchang et à Fosun, qui depuis 6 ans accompagnent et soutiennent le Club Med dans le développement de sa stratégie".

Fosun a également acquis 5% du voyagiste britannique Thomas Cook, pris une importante participation dans le "Cirque du soleil" canadien, et racheté des compagnies d'assurances aux Etats-Unis et au Portugal.

Des rumeurs avaient déjà fait état à plusieurs reprises d'enquêtes visant Guo Guangchang, dans le cadre de la vaste campagne anticorruption lancée par le président Xi Jinping, destinée à assainir le Parti communiste mais qui n'épargne pas non plus les milieux économiques.

Quand Wang Zongnan, patron de la chaîne de distribution Bailian, avait été condamné en août à 18 ans de prison pour détournement de fonds et corruption, le verdict du tribunal avait mentionné ses étroites relations avec M. Guo, rapporte Caixin.

Il n'est pas rare en Chine d'apprendre la "disparition" de responsables publics ou de dirigeants d'entreprises bien avant l'annonce formelle d'une enquête de la police, des instances de régulation ou de la puissante autorité anticorruption du Parti communiste.

Dernier exemple en date: l'entité hongkongaise d'une grande maison de courtage, Guotai Junan Securities, avait reconnu fin novembre avoir perdu le contact avec son président depuis une semaine. Dans la foulée, son titre avait dévissé de 12% à Hong Kong.

Quelque jours plus tard, trois des principales firmes de courtage chinoises déclaraient être visées par des enquêtes des régulateurs, signe que Pékin intensifiait son offensive contre le secteur financier quelques mois après le spectaculaire krach des Bourses locales.

En France également, à la mi-mai, l'homme d'affaires chinois Mike Poon, personnage central du consortium ayant acquis 49,99% (pour 308 millions d'euros) de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, avait disparu de façon inexpliquée.

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