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Mauricio Macri: un nouveau président de centre-droit pour l'Argentine

10/12/2015 10:18 EST | Actualisé 10/12/2015 10:20 EST
ASSOCIATED PRESS
Opposition presidential candidate Mauricio Macri talks to supporters during the closing campaign rally in Humahuaca, Jujuy, Argentina, Thursday, Nov. 19, 2015. Macri will face the ruling party candidate Daniel Scioli in a Nov. 22 runoff. (AP Photo/Natacha Pisarenko)

Mauricio Macri a prêté serment jeudi comme président de l'Argentine, succédant à 12 ans de pouvoir de Nestor et Cristina Kirchner.

Devant le Congrès à Buenos Aires, d'un ton conciliateur, le nouveau président de centre-droit a promis que son gouvernement lutterait "de manière infatigable pour ceux qui en ont le plus besoin".

Les milieux d'affaires applaudissent l'arrivée au pouvoir du maire de Buenos Aires, qui a remporté la présidentielle à la surprise générale. Il s'est imposé au second tour de l'élection (51,33% contre 48,66%) face à Daniel Scioli, le candidat de la coalition de gauche, au pouvoir depuis 2003.

Une dizaine de chefs d'Etat, notamment sud-américains, ainsi que l'ancien Roi d'Espagne Juan Carlos, étaient attendus à Buenos Aires.

Macri, 56 ans, ingénieur de formation et fils d'un milliardaire italien ayant fait fortune en Argentine, aurait pu suivre les traces de son père mais après une dizaine années à la tête d'entreprises du Groupe Macri, il s'est lancé dans la politique.

Il a d'abord été élu en 1995 président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d'Argentine, avant de fonder son propre parti politique.

Après un premier échec en 2003, il est élu en 2007 maire de Buenos Aires.

Relancer l'économie

Le principal défi de M. Macri sera de relancer la 3e économie d'Amérique latine.

La situation économique de l'Argentine est loin d'être aussi catastrophique qu'après la crise économique de 2001/2002. Mauricio Macri hérite d'un pays désendetté mais la croissance est en berne, le déficit budgétaire de plus de 5%, l'inflation de 30%, le peso est surévalué et les réserves de devises s'amenuisent.

Bien aidés par la croissance des années 2000 et la flambée du soja et des céréales, Nestor (2003-2007) puis son épouse Cristina Kirchner ont remis l'Argentine en ordre de marche, avant un essoufflement de la croissance fin 2013, dû en grande partie au contexte régional et mondial.

Une des premières initiative du gouvernement Macri sera d'entamer des pourparlers à New York pour dénouer le conflit opposant l'Argentine aux fonds "vautours" sur un résidu de dette.

Le litige entre l'Argentine et les fonds "vautours" est dans l'impasse. Les fonds spéculatifs détenteurs de 7% de la dette ont systématiquement refusé les restructurations acceptées par la plupart des créanciers (93%) moyennant une remise de dette.

Un premier contact officiel a eu lieu cette semaine entre le médiateur et le secrétaire argentin aux Finances, Luis Caputo, préambule à l'ouverture de négociations.

Mercredi soir, dernier jour de ses huit ans de présidence, des dizaines de milliers de partisans de Cristina Kirchner se sont mobilisés Plaza de Mayo, devant le palais présidentiel, une ultime démonstration de force avant de passer dans l'opposition.

Gouverner l'Argentine sans majorité propre à la chambre des députés, ni au Sénat, est l'autre grand défi du nouveau président. Il devra constituer des alliances pour rallier à sa cause gouverneurs provinciaux, députés et sénateurs.

Mme Kirchner, 62 ans, ne pouvait pas briguer un 3e mandat consécutif à la tête du pays sud-américain, mais elle pourrait postuler à nouveau à la présidence dans quatre ans, en 2019.

Une des premières mesures économiques attendues en Argentine est que l'administration Macri laisse flotter le peso alors que jusqu'ici la Banque centrale soutenait la monnaie argentine face au dollar. A court terme, cette mesure devrait encore renforcer l'inflation.

Mauricio Macri a fait campagne sur la thématique du changement et de la "pauvreté zéro", mais il a d'ores et déjà annoncé qu'il maintiendrait la plupart des aides sociales aux foyers les plus démunis, introduites par ses prédécesseurs.

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