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Outremont interdit de nouveaux lieux de culte sur Bernard et Laurier

08/12/2015 10:10 EST | Actualisé 08/12/2015 10:13 EST
Radio-Canada

La communauté juive hassidique d'Outremont ne peut plus ouvrir de nouvelles synagogues sur les rues Bernard et Laurier, en vertu d'un nouveau règlement adopté lundi par le conseil d'arrondissement qui interdit l'installation de nouveaux lieux de culte sur ces artères. Cette décision pourrait être contestée en justice.

La mairesse Marie Cinq-Mars et trois conseillères municipales ont appuyé le controversé projet, mis de l'avant afin de protéger les commerces de ces deux rues. Seule la conseillère Mindy Pollack, de confession juive, s'y est opposée. Elle soutient qu'aucune étude ne prouve que les lieux de culte nuisent au commerce.

Cet argument est celui qu'on tenté de faire valoir un groupe de citoyens comprenant des rabbins, des professeurs d'université et des résidents du secteur dans une lettre transmise lundi à la mairesse Cinq-Mars et au maire de Montréal, Denis Coderre.

Ils y soutiennent que l'arrondissement n'a reçu aucune plainte de commerçants, n'a présenté aucune étude s'appuyant sur des « données objectives et mesurables » en plus de dénoncer sa volonté de regrouper les futurs lieux de culte sur un même terrain, adossé à la gare de triage.

« La décision d'isoler les personnes de foi dans ce secteur sans aucun élément probant à l'encontre de l'esprit des chartes des droits et libertés du Québec et du Canada », écrivent-ils, laissant planer du coup la possibilité d'une contestation judiciaire.

« Aucune administration publique du 21e siècle ne devrait aller aveuglément de l'avant et attiser les divisions et les tensions sur la base d'assertions sans fondement sur l'impact des communautés religieuses. » — Extrait de la lettre envoyée à la mairesse Cinq-Mars

Selon les opposants, la volonté de l'arrondissement aura « un impact considérable sur la qualité de vie de la communauté et le niveau de dignité humaine de tous les résidents du quartier », sans compter le regroupement des lieux de culte posera des « difficultés logistiques » en terme de stationnement et de congestion routière.

Ils arguent en outre que l'approche d'Outremont « nuira considérablement à la réputation internationale et à la crédibilité d'Outremont en particulier, et de Montréal en général », et plaident pour une vision « plus créative et plus juste » du développement urbain.

Au-delà de la possible contestation judiciaire du projet, le règlement municipal d'Outremont pourrait faire l'objet d'un référendum, si un nombre suffisant de citoyens signe un registre à ce sujet.

« On pense que la Ville d'Outremont a pris sa décision un peu rapidement », a commenté un porte-parole du groupe d'opposants, le rabbin Gilbert Cremisi, dans une entrevue accordée mardi à Gravel le matin.

« Mettre les futures synagogues dans un coin de la ville difficile d'accès à toutes les familles nous semble un petit peu difficile à comprendre »,a-t-il fait valoir. « Je ne pense pas que c'est très sympathique pour certains citoyens de voir leurs droits qui sont brimés comme ça. »

Selon lui, la communauté juive grandit, et il est « certain » que de nouvelles synagogues devront être construites un jour ou l'autre.

Lorsqu'on lui demande si son groupe est prêt à mener une bataille juridique pour contester le règlement, le rabbin Cremisi répond simplement qu'il serait « plus approprié » de dire que la communauté entend « faire valoir [ses] droits ».

Tous les citoyens ne sont évidemment pas de cet avis. « On a laissé aller beaucoup beaucoup la tolérance. Je pense qu'on n'en manque pas », a notamment commenté un citoyen d'Outremont rencontré lundi soir au conseil d'arrondissement.

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