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Fusillade de San Bernardo: encore une foule de questions sur le couple

03/12/2015 11:19 EST | Actualisé 03/12/2015 11:19 EST
Gina Ferazzi via Getty Images
SAN BERNARDINO, CA - DECEMBER 2: Evacuated workers pray in a circle on the San Bernardino Golf Course across the street where a mass shooting occurred at the Inland Regional Center on December 2, 2015 in San Bernardino, California. Police continue to investigate the shooting that left at least 14 people dead and another 17 injured. (Photo by Gina Ferazzi/Los Angeles Times via Getty Images)

Les autorités américaines s'escrimaient jeudi à cerner les motivations d'un couple qui a tué la veille 14 personnes en Californie, dans une fusillade très atypique ressemblant à la fois à un accès de rage contre des collègues de travail et à une attaque terroriste.

Pourquoi donc Syed Farook et sa femme Tashfeen Malik ont-ils fait irruption, avec tout l'attirail d'un commando, dans un bâtiment des services sociaux de San Bernardino, où se déroulait une fête de fin d'année ?

Les deux époux, masqués et lourdement armés, ont ouvert le feu sur les collègues de Farook, faisant également 17 blessés. La pire tuerie aux Etats-Unis depuis trois ans.

L'homme et la femme, parents d'un bébé, ont été tués plus tard par les policiers à bord du 4x4 utilisé dans leur fuite.

  • Le couple disposait d'un arsenal colossal de munitions et semble avoir prémédité son acte même si les autorités restaient prudentes sur ses motivations et se refusaient à parler de terrorisme à ce stade.
  • Douze engins explosifs artisanaux ont été retrouvés au domicile du couple, ainsi qu'environ 5 000 cartouches de fusils d'assaut, a énuméré Jarrod Burguan, le chef de la police locale.
  • Trois autres engins explosifs artisanaux reliés entre eux et actionnables à distance ont aussi été retrouvés dans le bâtiment visé par les tueurs. Mais ces engins n'ont finalement pas explosé, a précisé Jarrod Burguan.
  • Si les autorités restaient prudentes pour énoncer un motif, elles affirmaient dorénavant que le carnage de mercredi semblait prémédité, vu l'arsenal retrouvé.

La fusillade pourrait avoir "plusieurs motifs", ce qui rend l'enquête encore plus délicate, a estimé le président Barack Obama, en présence de son Conseil de sécurité nationale réuni jeudi à la Maison Blanche.

"Nous savons que les deux individus qui ont été tués étaient équipés d'armes et disposaient semble-t-il d'autres armes à leur domicile", a-t-il souligné.

"Il est possible que ce soit lié au terrorisme mais nous ne savons pas. Il est aussi possible que ce soit lié au lieu de travail", a-t-il poursuivi, précisant que le FBI était en charge de l'enquête.

M. Obama a ordonné la mise en berne des drapeaux américains sur tous les bâtiments officiels des Etats-Unis "en marque de respect" pour les victimes.

Syed Farook et Tashfeen Malik, âgés respectivement de 28 et 27 ans, ont commis l'irréparable à l'aide de fusils d'assaut et d'armes de poing semi-automatiques achetés légalement.

Ils semblaient pourtant vivre le "rêve américain" et avaient confié leur petite fille de six mois à la mère de Syed Farook en début de journée, au prétexte d'un rendez-vous médical, selon un beau-frère du jeune homme.

Accès de rage...?

Farook, de nationalité américaine, avait travaillé comme expert sanitaire pour les services de santé de San Bernardino, ville située à l'est de Los Angeles.

Ce sont ces employés -- ses collègues -- qui étaient réunis mardi pour ce déjeuner festif durant lequel une dispute a éclaté, à la suite de laquelle Syed Farook aurait quitté les lieux, pour revenir plus tard avec son épouse perpétrer le massacre.

Mais l'hypothèse du simple "coup de sang" ponctuel cadre mal avec l'attaque groupée, apparemment planifiée et organisée, par des auteurs que la police qualifie de déterminés.

"Je ne crois pas qu'ils ont enfilé leur équipement paramilitaire et attrapé leurs armes sur un coup de tête", a jugé le chef de la police locale, Jarrod Burguan.

Leur attaque "suppose un certain degré de préparation", a-t-il ajouté.

Les enquêteurs concentraient donc leurs efforts jeudi sur les personnalités du couple.

Syed Farook était un fervent musulman, selon son père, la famille étant originaire du Pakistan.

La femme, musulmane également, était née au Pakistan et a vécu en Arabie Saoudite, où elle aurait été présentée à Farook.

"La famille semblait pratiquer une religion modérée, c'est-à-dire de façon sérieuse mais sans montrer de signes de fanatisme, d'extrémisme, d'après ce que je peux dire en ayant rencontré un de leurs membres", a déclaré à la radio publique NPR Hussam Ayloush, un responsable du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) de Los Angeles.

Marié depuis deux ans, le couple semblait profiter d'une vie stable, Farook ayant une bonne situation professionnelle.

...ou terrorisme?

Alors qu'aucun lien n'a été établi par les autorités avec une quelconque idéologie ou religion, la communauté musulmane de Californie a en tout cas fermement condamné la fusillade.

"Pourquoi a-t-il fait une chose pareille? Je n'en ai aucune idée", a dit un beau-frère de Syed Farook, Farhan Khan, dans une conférence de presse mercredi soir. "Je suis choqué", a-t-il ajouté.

Les investigations ciblaient aussi les circonstances de l'attaque, avec au moins deux théâtres criminels confiés à la police scientifique.

"Sous un certain angle, il s'agit d'un employé frustré, qui s'est rendu à une fête et a pété les plombs", commente Shawn Henry, un ancien responsable du FBI. "Sous un autre angle, on est frappé par des signes faisant penser à du terrorisme".

Et d'expliquer: "Quand on s'interroge pour savoir s'il s'agit ou non de terrorisme, il faut analyser le mode opératoire. Ici, ils avaient des fusils d'assaut, ils avaient des gilets pare-balle, ils avaient des engins explosifs. Ce sont des éléments symptomatiques".


Fusillade à San Bernardino, en Californie


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