DIVERTISSEMENT

Orchestre de l'Université de Montréal: un concert inédit dont vous êtes le héros

02/12/2015 02:35 EST | Actualisé 02/12/2015 03:38 EST
Université de Montréal/ Amélie Philibert

L’orchestre de l’Université de Montréal (OUM) proposera, le 5 décembre, un concert symphonique dont le programme a été en partie choisi par un public utilisant la plateforme internet d’ICI Musique. Sur scène, environ 65 jeunes musiciens seront sous la gouverne du chef Jean-François Rivest afin d’interpréter l’œuvre nouvelle de la jeune Yuliya Zakharava, étudiante à la maîtrise en composition et lauréate du 1er prix du Concours de composition, en mars. En complément, la pianiste française d’adoption montréalaise, Marine Blassel, offrira le Concerto pour piano no 3 en do mineur, op. 37 de Ludwig Van Beethoven.

« Ce sont des responsables d’ICI Musique qui m’ont proposé cette idée de concert interactif qui invite le public à voter pour le programme, raconte en entrevue le professeur titulaire, chef et directeur artistique de l’OUM Jean-François Rivest. J’ai trouvé ça cool. Ensuite, on a élaboré le concept ensemble. C’est rare que le public se sente impliqué dans la musique contemporaine. »

« Évidemment, je devais respecter un programme pédagogique et une certaine orchestration, ajoute-t-il. Ça ne pouvait pas être laissé complètement au choix des gens. J’ai donc choisi des pièces en conséquence. Le seul véritable défi c’était le temps. »

Ainsi, le public pouvait participer à la création en « votant » pour l’ouverture, la suite et le rappel au sein d’une courte liste d’œuvres (trois pour chaque partie) présélectionnées par M. Rivest. Ces choix ont été comptabilisés et divulgués par la suite à la compositrice le 1er octobre. Ce sont Songe d’une nuit d’été de Félix Mendelssohn-Bartholdy (ouverture) et la suite no 2 de Roméo et Juliette, de Sergueï Prokofiev, qui ont obtenu le plus de voix. Quant au rappel, il faudra assister au concert afin de découvrir laquelle des trois musiques de film de John Williams a été retenue.

La théâtralité

« Le Mendelssohn-Bartholdy, c’est une pièce de Shakespeare dans laquelle il y a des revirements de situation, différents niveaux de lecture, une magie incroyable, une caricature hallucinante de lord Bottom, raconte M. Rivest. C’est nocturne et lumineux à la fois. En plus c’est drôle par moments. C’est très théâtral.

Si on continue avec la suite de Prokofiev, Roméo et Juliette, on peut dire qu’il y a encore beaucoup de théâtralité, renchérit le chef d’orchestre. Par ailleurs, il y a une dimension d’innocence extrême mêlée au funéraire, au morbide. Mentionnons la danse de la jeune Juliette qui est d’une pureté et d’une simplicité… Puis, la mort à la fin, c’est l’une des choses les plus effrayantes que je connais. C’est puissant émotionnellement. »

Outre ces trois « votes », le public était en mesure de choisir certains éléments, comme le thème et le rythme, qui viendraient influer sur le processus créatif de la compositrice Yuliya Zakharava, qui en trente jours (du 1er octobre au 1er novembre), a dû livrer la pièce intitulée Karagode : « Ma source d’inspiration est une danse biélorusse slave. Très festive et très rapide, la pièce évolue vers quelque chose de très dramatique à la fin. Je fais référence à cette danse durant laquelle on se tient les mains en tournant en rond… »

Beethoven

marine

Le Concerto de Ludwig Van Beethoven, interprété par Marine Blassel (étudiante au doctorat de l’Université de Montréal, elle a remporté le 1er prix du Concours de concerto de l’OUM) et l’OUM, est la seule pièce qui n’a pas été choisie par vote populaire. Cette œuvre d’envergure pour soliste vient en quelque sorte compléter le programme.

Il faut préciser qu’il n’était pas réaliste de demander à une soliste de préparer un concerto en lien avec des choix du public, surtout dans le court laps de temps qui restait avant le concert.

« Ce concerto [de Beethoven] est tout simplement l’un de mes préférés, affirme Marine Blassel. Il est magnifique. Tout comme Songe d’une nuit d’été, le morceau est très surprenant dans tous ses contrastes, comme c’est souvent le cas chez Beethoven. C’est en même temps héroïque, humain et tendre. Il est très lumineux, mais aussi très intérieur dans le deuxième mouvement. On y est à la fois très recueilli et plein d’espoir. C’est exalté et exaltant à jouer. On ne s’ennuie vraiment pas ! »

« On peut voir dans ces contrastes [abordés par Marine Blassel] plusieurs personnages, poursuit Jean-François Rivest. Il y a aussi la dimension de ce que j’appellerais la dialectique du héros. C’est-à-dire le soliste qui, par son brio et sa virtuosité, va triompher des vicissitudes de l’environnement, de l’univers qui l’entoure, à savoir la masse orchestrale. À la base, c’est inégal, mais l’équilibre surgit quand même… »

Ce concert de l’OUM est l’aboutissement d’un grand concours organisé chaque année par Jean-François Rivest depuis près de 25 ans. Il s’adresse aux étudiants de l’Université de Montréal. Pour la première fois, il fera l'objet d'une webdiffusion vidéo et d'un clavardage en direct sur le site internet d’ICI Musique.

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Le concert sera présenté à la salle Claude-Champagne de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, le 5 décembre, à compter de 19 h 30. L’entrée est libre pour les étudiants et de 12$ pour les autres spectateurs. On peut se procurer des billets sur le réseau Admission.

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