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Le crash d'AirAsia a été causé par une pièce défectueuse... et la réaction de l'équipage

01/12/2015 05:44 EST | Actualisé 01/12/2016 05:12 EST
ASSOCIATED PRESS
Crew members of Crest Onyx ship prepare to unload parts of AirAsia Flight 8501 from a ship at Kumai port in Pangkalan Bun,Sunday, Jan.11, 2015. A day after the tail of the crashed AirAsia plane was fished out of the Java Sea, the search for the missing black boxes intensified Sunday with more pings heard. (AP Photo/Achmad Ibrahim)

L'accident de l'avion d'Air Asia en Indonésie qui s'était abîmé en mer de Java fin 2014 (162 morts) a été causé par une pièce défectueuse de l'Airbus A320-200 et la réaction de l'équipage, ont indiqué mardi les enquêteurs indonésiens dans leur rapport final.

L'appareil avait décollé le 28 décembre de la ville indonésienne de Surabaya pour Singapour (vol QZ8501) et disparu des écrans radars environ une demi-heure plus tard, après avoir demandé à prendre de l'altitude en raison de conditions météo très difficiles, puis de décrocher.

Des problèmes répétés dus au système de commande du gouvernail ont conduit l'équipage à débrancher le pilote automatique pour remédier à la situation, avant de perdre le contrôle de l'appareil, a indiqué le Comité national indonésien de la sécurité des transports.

Le pilote automatique a été débranché en raison des systèmes d'alarme répétés qui ont été déclenchés par une fissure dans une soudure sur le système de la gouverne de direction -- qui aide à contrôler les mouvements du gouvernail, souligne le rapport.

Au quatrième signal d'alarme, les pilotes ont déclenché les disjoncteurs sur une partie du système de contrôle pour essayer de le relancer. Cette manoeuvre a débranché le pilote automatique, après quoi l'avion a commencé à perdre sa stabilité.

"Les actions suivantes de l'équipage ont rendu l'avion incontrôlable", ce qui a entraîné un "décrochage prolongé" de l'appareil ne permettant plus à l'équipage de le redresser, explique le rapport.

L'analyse des enregistreurs de vol, retrouvés dans des débris de l'appareil, a montré que l'Airbus avait effectué une ascension extrêmement brutale, tout à fait anormale pour un avion de ligne, avant de décrocher et de s'abîmer en mer.

Parmi les 162 personnes à bord de l'avion se trouvaient 155 Indonésiens, le copilote français Rémi Plesel, trois Sud-Coréens, un Britannique, un Singapourien et un Malaisien.

Problèmes à 23 reprises

De son côté, l'avionneur européen Airbus a indiqué qu'il avait "apporté aux autorités indonésiennes tout le soutien et les expertises techniques demandées et étudiait le contenu détaillé du rapport et ses éventuelles recommandations".

Le registre d'entretien de l'Airbus mentionne que le système de commande du gouvernail (Rudder Travel Limiter) avait rencontré des problèmes à 23 reprises au cours des 12 mois précédents, souligne le rapport.

"Les investigations ont relevé une certaine insuffisance dans le système d'entretien, ce qui a conduit à la répétition du problème non résolu" de la pièce défectueuse, selon la même source.

Le rapport des enquêteurs indonésiens souligne également que les enregistreurs de vol n'ont pas indiqué que les conditions météorologiques avaient affecté l'appareil.

L'accident s'était produit dans la zone du pot-au-noir, une ceinture entourant la Terre près de l'Equateur où convergent des masses d'air chaudes et humides anticycloniques, particulièrement redoutée en raison de sa grande instabilité météorologique.

L'Indonésie a un piètre bilan en matière de sécurité aérienne. En août, un avion de ligne s'est abîmé dans les montagnes de Papouasie (est), tuant ses 54 occupants. Et fin juin, un appareil de l'armée de l'air indonésienne qui transportait des membres de familles de militaires et des civils s'était écrasé sur un quartier de la ville de Medan (ouest), faisant 142 morts, parmi lesquels une vingtaine d'habitants.


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