POLITIQUE

Victoire des libéraux à Terre-Neuve-et-Labrador

30/11/2015 07:59 EST | Actualisé 30/11/2015 09:06 EST
CP

Le Parti libéral de Dwight Ball a remporté la 48e élection provinciale à Terre-Neuve-et-Labrador, chassant du coup le Parti progressiste-conservateur qui était au pouvoir depuis 12 ans.

Un texte de Antoine Trépanier

Les sondages des derniers mois avaient raison, le Parti libéral a raflé la vaste majorité des sièges de la province la plus à l'est du pays. Le chef Dwight Ball deviendra donc le 13e premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador depuis que la province s'est jointe à la Confédération canadienne, en 1949.

Les libéraux ont remporté 31 sièges, les progressistes conservateurs sept et les néo-démocrates deux.

Tout au long de la campagne électorale, bon nombre d'électeurs ont signifié leur souhait de voir un vent de changement souffler à Terre-Neuve-et-Labrador.

« La question est si les libéraux ont gagné, ou ce sont les progressistes-conservateurs qui ont perdu. Je pense que ce sont les conservateurs qui ont perdu », souligne l'observateur politique Jim Winter.

« C'est une très belle soirée. Je me sens très bien. Je suis tellement fier de notre équipe. »

— Dwight Ball, premier ministre élu de Terre-Neuve-et-Labrador

« Je ne suis pas du tout surpris des résultats, nos sondages internes montraient des résultats similaires. Nous sommes évidemment déçus de voir certains candidats ne pas être élus », a déclaré Dwight Ball après son élection.

Le nouveau gouvernement aura fort à faire sur le plan économique, puisque Terre-Neuve fait face à un déficit budgétaire historique d'un peu plus d'un milliard de dollars.

« Les 100 premiers jours seront très importants. On attend de voir ce qu'ils feront précisément, quel est leur plan. »

— Jim Winter, observateur politique

Avec l'élection des libéraux à Terre-Neuve-et-Labrador, les quatre provinces de l'Atlantique sont désormais dirigées par les rouges. C'est sans compter le fait qu'au fédéral, tous les députés de la région sont aussi du Parti libéral.

Les libéraux ont pu profiter de l'élan provoqué par la domination totale de leur parti lors des élections fédérales du 19 octobre. M. Ball a, à de nombreuses reprises, évoqué la stratégie de Justin Trudeau pour déloger ses adversaires, déclarant que les électeurs de Terre-Neuve voulaient une « politique d'espoir ».

Par ailleurs, l'ancien député fédéral Gerry Byrne fera aussi son entrée à l'Assemblée législative de la province comme député de Corner Brook.

« Nous n'avions aucun rapport avec le gouvernement fédéral, alors maintenant on croit que ça pourra aller beaucoup mieux avec les libéraux à Ottawa et ici à Terre-Neuve. Nous avons d'importants défis ici et une bonne relation avec Ottawa est nécessaire », a déclaré M. Byrne.

Les conservateurs dans l'Opposition officielle

Le Parti progressiste-conservateur aura finalement récolté moins de dix sièges, eux qui en avaient 28 à la dissolution de l'Assemblée législative.

Le chef Paul Davis est parvenu à se faire réélire dans Topsail-Paradise par plus de 1100 voix.

« La démocratie ne fonctionne pas si l'électorat n'a pas de réel choix, et ce soir, nous pouvons être fiers d'avoir offert un vrai choix crédible aux Terres-Neuviens. Je vous promets que les progressistes-conservateurs seront prêts dans quatre ans, en 2019, pour gagner l'élection et je m'engage à mener le parti dans sa reconstruction et lors des prochaines élections », a déclaré M. Davis.

Le NPD récolte des poussières

Le Nouveau Parti démocratique sera finalement parvenu à sauver deux sièges, eux qui n'en avait que trois lors de la dissolution de la chambre.

L'ancienne chef Lorraine Michael s'est fait réélire dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi avec plus de 51% des voix. Le chef, Earle McCurdy a terminé deuxième dans Saint-Jean-Ouest.

« La vague n'était pas de notre côté cette fois-ci, mais ne nous décourageons pas, nous continuerons à bâtir notre parti », a déclaré M. McCurdy.

M. McCurdy n'a pas parlé de son futur à la tête du parti, lui qui rencontrera les membres du conseil exécutif du NPD prochainement. Le député Gerry Rogers s'est pour sa part fait réélire dans Saint-Jean-Centre avec 272 voix de plus que son adversaire libérale Lynn Sullivan.

À la dissolution de l'Assemblée législative, les progressistes-conservateurs détenaient 28 sièges, les libéraux 16 et les néo-démocrates 3. Il y avait un siège laissé vacant.

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