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Justin Trudeau arrive au Bourget pour la Conférence sur le climat (VIDEO)

30/11/2015 10:13 EST | Actualisé 30/11/2015 12:02 EST

PARIS — Le premier ministre Justin Trudeau a fait son entrée à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, lundi, en répétant qu'il avait un plan pour attaquer le problème, mais sans pour autant s'engager sur un calendrier précis pour le mettre en œuvre.

Près de 150 chefs d'État et de gouvernement sont attablés pour ce premier jour de travail de ce sommet dont l'objectif est de conclure un accord universel permettant de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 2 degrés Celsius.

Dans un point de presse, M. Trudeau a répété qu'il s'était fait élire avec le mandat de lutter contre les changements climatiques, notamment en investissant massivement dans des infrastructures vertes. Interrogé plusieurs fois sur le temps que cela prendra avant que ce plan soit en action, M. Trudeau a préféré rester vague.

Il a toutefois annoncé que le Canada prendra part à l'initiative des États-Unis regroupant 20 pays au total, de mobilisation d'importants investissements publics et privés pour le développement des énergies propres, la « Mission Innovation ».

Les sommes qu'avancera le Canada dans le cadre de ce projet s'élèveront à un total de 300 millions $ par an pour l'innovation et la production de technologies vertes — soit exactement ce qu'avait promis M. Trudeau en campagne.

« Cela s'inscrit très bien avec ce que le président (Barack) Obama et les autres appellent à faire dans le cadre de Mission Innovation », a-t-il noté.

M. Trudeau a été parmi les premiers à se rendre sur place, au Bourget, tôt en matinée, pour être salué par le président français François Hollande et le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Dans son discours d'ouverture, M. Hollande a accueilli ses homologues avec des mots très forts, les laissant mesurer l'ampleur de leur responsabilité.

« Jamais l'enjeu d'une réunion internationale n'avait été aussi élevé. Car il s'agit de l'avenir de la planète, de l'avenir de la vie », a-t-il lancé d'entrée de jeu dans son allocution.

« Sur vos épaules repose l'espoir de toute l'humanité », a-t-il ajouté.

Il a salué le fait que pratiquement tous les pays du monde ont déposé leur plan d'action de lutte contre les gaz à effet de serre (GES). Mais c'est encore bien peu, car pour M. Hollande, « les déclarations d'intention ne suffiront pas. Nous sommes au bord d'un point de rupture. Paris doit être le départ d'une profonde mutation ».

Faute de temps, M. Trudeau se présente à Paris avec les cibles de réduction des émissions de gaz à effets de serre (GES) adoptées par le gouvernement conservateur précédent, soit une baisse de 30 pour cent par rapport à 2005, d'ici 2030. Son gouvernement a toutefois laissé savoir que c'était une cible « plancher », qui serait éventuellement bonifiée.

Si le chef néo-démocrate Thomas Mulcair salue l'ouverture des libéraux sur la question du climat, il est impatient de les voir passer à l'action.

« Le changement de ton est très apprécié de tous, y compris par moi-même. Mais en changeant de ton, il faut aussi changer de contenu », a-t-il signalé en entrevue en marge de la COP21.

De nombreux premiers ministres provinciaux sont également sur place, au Bourget, dont Philippe Couillard.

En point de presse, Brad Wall, le premier ministre de la Saskatchewan — la province la plus réticente à des mesures vigoureuses de réduction des GES — a confié être « un peu préoccupé » par l'intention de M. Trudeau de se doter de cibles plus ambitieuses.

« Nous avons besoin de faire plus dans notre province (...), mais nous devons aussi être soucieux de l'économie », a-t-il soutenu.

M. Trudeau participe au cours de la journée à une série de rencontres bilatérales. Il a notamment rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui l'a invité en Israël, une invitation que le M. Trudeau a acceptée.


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