POLITIQUE

Climat : «Le Québec a largement fait sa part», dit Philippe Couillard

28/11/2015 03:54 EST | Actualisé 28/11/2015 03:54 EST

Le premier ministre Philippe Couillard veut que les négociations à venir entre les provinces et le gouvernement fédéral tiennent compte des efforts déjà faits par le Québec pour lutter contre les changements climatiques.

Un texte de Mylène Crête

« On s'est déjà commis à ajouter de l'effort et je veux que l'effort qu'on a fait et qu'on fait encore soit considéré à sa juste valeur et surtout pas qu'on développe des initiatives au prorata de la population », affirme-t-il en entrevue à Les coulisses du pouvoir.

L'entrevue de Philippe Couillard à Les coulisses du pouvoir sera diffusée dimanche à 11 h sur ICI Radio-Canada Télé.

Le gouvernement fédéral a déjà indiqué qu'il rencontrera les provinces dans les 90 jours suivant la conférence de Paris sur le climat pour fixer une nouvelle cible de réduction des gaz à effet de serre pancanadienne. Un arbitrage qui s'annonce difficile vu les disparités énergétiques et politiques entre les provinces.

Le Québec a été la première province à mettre sur pied un marché du carbone. Celui-ci est entré en vigueur en 2013, soit cinq ans après que le gouvernement eut exprimé sa volonté de le concrétiser. C'est l'un des outils qui permettront à la province d'atteindre sa nouvelle cible de réduction des gaz à effet de serre fixée à 37,5 % sous les niveaux de 1990.

« C'est énorme pour nous de passer de notre niveau d'émissions actuel à cette cible-là, constate Philippe Couillard. C'est énormément de travail. Si on allait juste sur notre "air d'aller" sans ajouter de mesures, il est peu probable qu'on atteigne la cible. »

Pour y parvenir, le Québec entend poursuivre la mise en œuvre de son plan d'électrification des transports et d'augmenter le financement des transports publics.

Philippe Couillard qualifie de « virage historique » le plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre mis de l'avant récemment par le gouvernement de l'Alberta, qui comprend la création d'une taxe sur le carbone et d'une taxe sur l'essence à la pompe. L'Alberta est l'une des provinces dont les émissions de gaz à effet de serre sont les plus élevées en raison de l'extraction du pétrole des sables bitumineux.

« Il faut quand même réaliser que Mme Notley a annoncé qu'elle tournait le dos à la génération au charbon sur quelques années, ce qui déjà suscite beaucoup de polémique dans cette province; qu'elle a adopté un prix sur le carbone, ce qui était considéré comme une hérésie il y a à peine quelques mois en Alberta », souligne-t-il.

Philippe Couillard reconnaît néanmoins qu'il sera ardu de trouver un terrain d'entente entre les dix provinces pour l'élaboration d'une nouvelle cible fédérale de réduction des gaz à effet de serre en raison du déséquilibre qui existe entre leurs efforts.

« Il faut le faire parce que c'est la réalité du pays, mais il faut le faire en sorte également que les efforts demandés soient faits non pas de façon automatique selon les progrès qui sont identifiés à l'avenir, mais tiennent compte de ce qui a déjà été réalisé. »

« L'avenir du Québec n'est pas dans les hydrocarbures »

Bien que son gouvernement eût permis la poursuite des travaux d'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, Philippe Couillard soutient que la majorité des réserves pétrolières resteront dans le sol.

« Je n'ai jamais pris la décision d'investir à Anticosti, dit-il. J'ai été pris avec le bébé quand je suis arrivé au gouvernement. Je ne l'aurais pas fait parce que je suis préoccupé par un milieu naturel de cette qualité-là. »

Dans son plan d'action, le gouvernement affirme pourtant être favorable au développement de la filière des hydrocarbures à condition d'assurer la sécurité des citoyens et de protéger l'environnement.

« Je crois qu'on est vraiment au début de cette longue transition qui va nous libérer du pétrole dans l'économie mais, contrairement à ce que pensent certains groupes environnementaux, ça ne se fera pas du jour au lendemain », nuance le premier ministre, ajoutant que l'avenir du Québec se situe dans ses réserves d'eau douce et la production d'hydroélectricité.

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