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Après avoir réconforté Paris, les BJM reviennent danser à Montréal (ENTREVUE/PHOTOS)

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Joseph Ghaleb
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Au cours des dernières semaines, la tournée des Ballets Jazz de Montréal (BJM) s’est révélée particulièrement éprouvante. Au-delà de la fatigue causée par les déplacements de la Chine à l’Europe, du décalage horaire, des chocs culturels et du virus qui s’est attaqué à la moitié de la troupe au pays de Mao, les danseurs se sont déplacés vers Rome le jour des attentats de Paris et ils ont offert un spectacle en France, une semaine après les événements qui ont fait sombrer la Ville Lumière dans la peur. Portés par une émotion difficile à mettre en mots, ils offriront leurs mouvements aux Montréalais dans un programme triple, du 2 et 5 décembre.

Directeur artistique des BJM depuis 1998, Louis Robitaille se rappellera longtemps du sentiment qui l’habitait le soir où ses artistes ont foulé les planches de l’Opéra de Massy, dans le sud de Paris.

« L’atmosphère était grise, avec une tension à couper au couteau. Mais nous sentions une responsabilité d’être au rendez-vous pour distraire les esprits. Je suis fier que nous ayons fait le spectacle devant une salle pleine : plus de 1200 personnes ont bravé la situation. »

En Allemagne jusqu’au 29 novembre, ils reviendront au Québec après une tournée de près d’un mois. « BJM a la tournée dans le sang. Cela fait partie de notre ADN. Même si plusieurs incidents ont fait monter notre niveau de stress, nous sommes des battants. Les artistes ont été d’une générosité fabuleuse. Ils ont la capacité de toucher les gens en plein cœur et de les inspirer. »

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Mono Lisa + Kosmos + Rouge des Ballets Jazz de Montréal
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De retour à la maison

Les amateurs de danse de la métropole auront droit à trois chorégraphies. La première, Mono Lisa, de l’Israélien Itzik Galili, revisite le pas de deux et s’attarde au couple avec un double langage. « Itzik a élaboré une ambiance de complicité et d’humour. Un doux duel entre l’homme et la femme. Une espèce de provocation entre eux, à savoir qui sera le plus fort. Le duo est extrêmement exigeant pour les danseurs Céline Cassone et Marc Caserta. Il demande une force physique incroyable, même si on n’arrive à peine à le détecter en le regardant », explique M. Robitaille.

Ensuite, la force émanant de l’effervescence urbaine sera à l’honneur dans Kosmos, du Grec Andonis Foniadakis. « Il s’est inspiré de notre rythme de vie frénétique, de notre quête de performance et des exigences qu’on s’impose pour se dépasser constamment, presque comme des machines. Quand on observe le monde dans lequel on vit, on remarque deux types de personnalités : les gens qui abdiquent et ceux qui réagissent avec puissance et conviction, en gardant le cap. Andonis laisse transparaître la volonté d’aller au-delà de nos limites pour accéder à une autre énergie. Une façon d’épuiser les corps et de célébrer la vie. »

Durant cette section seulement, les artistes porteront des costumes créés par le designer Philippe Dubuc. « Je voulais travailler avec lui depuis de nombreuses années. Lorsque je l’ai présenté à Andonis, il est tombé sous son charme. Philippe nous a proposé des tenues urbaines et raffinées, faites de vestes et de complets tout en noir, qui s’opposent au langage “primitif” d’Andonis. »

La soirée se conclura avec Rouge, un hommage à la résilience des peuples autochtones, dans une danse tribale et percussive imaginée par le Brésilien Rodrigo Pederneiras. « Il s’agit d’une pièce abstraite, mais qui soulève des références aux peuples des premières nations en Amérique et aux moments pénibles qu’elles ont traversées en gardant leur fierté. » Amalgame de ballet classique, de forro, de samba et de capoeira, la chorégraphie est portée par la musique originale des frères Sylvain et Dominique Grand.

Le choc des corps

Le directeur artistique des BJM affirme avoir réuni des chorégraphies pour défier ses interprètes et les obliger à se dépasser physiquement. « Ce spectacle demande carrément des athlètes capables de force, de puissance, de virilité et d’une volonté époustouflante. J’ai un penchant pour une forme de danse très exigeante. »

Une raison qui explique pourquoi la moyenne d’âge des danseurs a diminué au cours des dernières années, la majorité d’entre eux étant dans la vingtaine. « Nos artistes sont de plus en plus jeunes et il y a eu un roulement ces dernières années, effectivement. Mais nous avons encore certains interprètes plus âgés qui dansent énormément. Par exemple, Céline Cassone approche la quarantaine et elle tient les rôles principaux dans les trois pièces. Elle est un exemple d’énergie, d’endurance et de talent. Très peu de danseurs de cet âge pourraient tenir le rythme des BJM. »

Nouvelle tournée à venir

La première moitié de l’imposante saison 2015-2016 prendra fin le 5 décembre à Montréal, mais le plus difficile reste à venir, alors que les danseurs offriront 60 représentations entre le début janvier et la fin mai. « Le rythme que nous allons devoir soutenir sera extrêmement intense. Je l’anticipe avec une petite crainte, mais nous y sommes bien préparés. Nous avons augmenté le nombre de danseurs à 15. Chaque artiste est doublé. On peut répondre pratiquement à n’importe quelle situation. »

Les BJM seront au Théâtre Maisonneuve de Montréal pour présenter Mono Lisa + Rouge + Kosmos du 2 au 5 décembre 2015. Cliquez ici pour plus de détails.

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