POLITIQUE

Mise à jour économique: 100M$ de plus en éducation sur deux ans (VIDÉO)

26/11/2015 03:06 EST | Actualisé 26/11/2015 06:17 EST

QUÉBEC – Le gouvernement Couillard a gratté les fonds de tiroirs pour dégager 20 millions$ supplémentaires qui seront alloués à l’éducation cette année.

Il s’agit d’une hausse modeste d’environ 0,1%, sur un budget de quelque 17 milliards$, qui provient de marges budgétaires inutilisées.

L’année suivante, le réseau scolaire verra son budget bonifié de 80 millions$; de l’argent neuf, expliquent les fonctionnaires du ministère des Finances. Cette somme devrait devenir récurrente.

Le montant sera alloué à des services spécifiques pour des clientèles précises dans des régions défavorisées, a expliqué le ministre des Finances, Carlos Leitao, au cours d’une conférence de presse. Son collègue à l’éducation, François Blais, précisera les nouveaux services au cours des prochains jours.

Tel que prévu, le gouvernement Couillard présentera un budget équilibré pour l’année 2015-2016. Au total, les dépenses du gouvernement augmenteront de 3% en 2015-2016, tandis que les revenus devraient croître de 4,1%. «Nous dépensons moins que ce que nous gagnons, ce qui est une bonne chose», a commenté Carlos Leitao.

La croissance de l’économie québécoise est toutefois moins importante que prévu. Le gouvernement tablait sur une croissance de 2% lors du dépôt de son budget au printemps dernier, elle sera finalement de 1,5%.

La réforme attendra

Le contrôle des dépenses fait en sorte que le déficit pour l’année 2014-2015 sera moins élevé que prévu. Il sera de 1,1 milliard$, alors que le gouvernement anticipait un manque à gagner de 2,3 milliards$.

Toutefois, le ministre refuse d’utiliser le terme «austérité» pour décrire la gestion des dépenses publiques par son gouvernement. «Il n’y a pas eu de démolition du modèle québécois, a lancé Carlos Leitao. Il n’y a pas eu d’austérité toxique ou otherwise

La réforme fiscale majeure promise par le gouvernement Couillard pourrait bien être remise à plus tard. Chose certaine, rien ne se passera tant que le gouvernement Trudeau n'aura pas présenté la sienne. Québec devra s'arrimer à Ottawa, a dit Carlos Leitao. «Avant de faire quoi que ce soit, il va falloir d'abord bien analyser ce qui sera fait au niveau fédéral, et puis par la suite on s'ajuste», a-t-il dit.

Le ministre Leitao est aussi revenu à la charge avec son projet d'«écofiscalité», destiné à utiliser les taxes, tarifs et crédits d'impôt pour forcer les contribuables à adopter des comportements plus respectueux de l'environnement. Une hausse de la taxe sur l'essence pourrait bien faire partie de l'arsenal des mesures privilégiées par Québec, a-t-il réaffirmé.

Sur le dos des Québécois

De son côté, le Parti québécois estime que le déficit zéro sera atteint cette année uniquement au prix d’une austérité dans les dépenses gouvernementales et d’une hausse du fardeau fiscal des Québécois.

Le critique du PQ en matière de finances et revenus, Nicolas Marceau, a souligné que le réinvestissement en éducation survient le même jour où on apprend qu’il y aura des compressions potentielles de 120 millions$ dans le réseau des CPE. «On prend au petit frère pour donner à la grande sœur», a ironisé Nicolas Marceau.

La CAQ a elle aussi dénoncé la hausse du fardeau fiscal des Québécois pour atteindre l’équilibre zéro. «Dans les derniers mois, la dernière année, vous avez vu une augmentation du fardeau fiscal des Québécois à hauteur de près de 1 500$, estime le porte-parole de la CAQ en matière de finances, François Bonnardel. Ça a été les tarifs d’Hydro-Québec, les frais de garde, la taxe scolaire, la taxe sur l’essence…»

De son côté, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a comparé les compressions dans le milieu de l’éducation à un «couteau» planté dans les services publics. Le réinvestissement de 100 millions$ sur deux ans est l’équivalent de retirer le couteau de quelques millimètres, a-t-il illustré.

«Comment est-ce que vous voulez que ça réjouisse le réseau québécois public, le réseau de l’éducation, a-t-il demandé, alors que tout le mal est fait, les coupures ont été faites, les professionnels ont été remerciés, les bibliothécaires ont été mis de côté?»

Avec La Presse canadienne

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