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Changements climatiques: les cibles fixées à Paris seront trop petites, prédit l'environnementaliste David Suzuki (VIDÉO)

26/11/2015 10:31 EST | Actualisé 27/11/2015 12:58 EST

«J'ai annulé mon aller simple vers Mars!» lance en riant David Suzuki. Malgré son enthousiasme de la fin de l'«ère Harper», et de ses grands espoirs vis-à-vis la rencontre de Paris sur les changements climatiques, l'environnementaliste prédit que les cibles fixées à cette 21e conférence des Nations unies seront, encore une fois, insuffisantes.

Peu importe l'entente universelle qui émanera de la «COP21» (21e édition de la Conference of Parties), ce ne sera pas assez, insiste le fondateur de la Fondation David Suzuki, qui célébrait mercredi soir ses 25 bougies au Club Soda.

Selon M. Suzuki, c'est «la réalité de la politique» qui rattrape, à chaque conférence, les délégués des 195 pays présents, et qui les empêche de miser sur des cibles ambitieuses de réduction des gaz à effet de serre. Le militant et scientifique rappelle que les connaissances actuelles permettent d'espérer qu'avec un nouvel accord international, il soit possible de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Pour arriver à atteindre cet objectif, il faudrait que les dirigeants cessent de penser «en termes de frontières et en termes économiques», poursuit Suzuki, et se rappellent que nous vivons sur une seule planète.

Il se dit toutefois rempli de «grands espoirs» à l'égard du nouveau gouvernement de Justin Trudeau, qui est entouré de «fins conseillers et d'experts» qu'il connaît bien. M. Trudeau a fait de belles promesses durant la campagne électorale, il faudra maintenant voir à quel point il sera en mesure de les atteindre, ajoute M. Suzuki. «[Trudeau] ne sera jamais aussi bon que les gens veulent qu'il soit, et nous aurons des déceptions, mais c'est ça la politique», souligne-t-il.

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Les sommets, qu'est-ce que ça donne?

Le protocole de Kyoto, ou le dernier sommet de Copenhague, ont-ils vraiment donné des résultats dans la lutte aux changements climatiques? Oui et non, répond Karel Mayrand, directeur général de la section Québec de la fondation David Suzuki et blogueur pour le Huffington Post Québec. «Il y a eu des échecs et des réussites avec Kyoto, certains pays ont atteint leur cible», avance-t-il. Les négociations internationales, c'est un peu comme «tirer le Titanic avec une corde», explique-t-il en métaphore: c'est un processus lourd et complexe, mais qui a le mérite de déboucher sur des orientations communes.

Questionné à savoir ce qu'il pense du gouvernement Trudeau, M. Mayrand se range du côté de David Suzuki, plaidant que la jeune équipe qui entoure le premier ministre a grandi avec l'enjeu du réchauffement planétaire et veut sincèrement s'attaquer à la question. Mais, il l'admet, «on est toujours très enthousiaste au début d'un gouvernement, puis sa capacité [d'action] s'estompe dans le temps».

Ce n'est pas qu'aux politiciens de poser des gestes pour réduire l'empreinte écologique, ajoute M. Mayrand, mais la société civile, tous comme les marchés financiers, peuvent eux aussi prendre des initiatives pour changer le cours des choses. «À la fondation, c'est ce que nous essayons de faire depuis 25 ans, informer les gens sur ce qu'ils peuvent faire pour changer peu à peu le cours des choses», souligne-t-il.

Maxim Martin à la défense de Suzuki et ses propos sur l'esclavage

Dans une entrevue à la radio diffusée cette semaine, David Suzuki a comparé les arguments utilisés par les partisans pro-pétrole qui remettent en doute les changements climatiques aux arguments utilisés par les sudistes qui s’opposaient à l’abolition de l’esclavage au 19e siècle.

M. Suzuki n'est pas allé trop loin et sa comparaison est tout à fait bien choisie, croit l'humoriste Maxime Martin, qui animait la soirée-anniversaire de la Fondation David Suzuki. Il faut répondre avec des mots forts à l'industrie pétrolière, qui ne cesse de marteler que l'abandon des énergies fossiles va tuer l'économie, fait valoir l'humoriste «Ils ont un discours presque violent, c'est signe qu'ils paniquent! Et c'est correct d'utiliser des mots forts contre eux, on ne fait que leur répondre», poursuit le militant. Il rappelle du même souffle que l'an dernier, plus d'emplois ont été créés dans le secteur des énergies renouvelables aux États-Unis que dans celle des énergies fossiles.


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