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Le chef innu Ghislain Picard au conseil national du PQ: «Je suis souverainiste!» (VIDÉO)

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SHERBROOKE, Qc - Le chef autochtone Ghislain Picard a causé tout un émoi au conseil national du Parti québécois, samedi, en montant sur scène pour clamer sur un ton ferme: "Je suis souverainiste!".

Spontanément, les 350 militants, députés et organisateurs péquistes réunis à l'Hôtel Delta de Sherbrooke se sont levés pour lui réserver une ovation bien sentie, croyant sans doute avoir fait une grosse prise.

Sauf que le chef régional de l'Assemblée des premières nations pour le Québec et le Labrador parlait, en général, du droit des peuples de se gouverner.

Et quand il a fait sa profession de foi souverainiste, a précisé M. Picard en point de presse par la suite, il pensait essentiellement à proclamer le droit à l'autodétermination des peuples autochtones.

"Personne ne peut réclamer le monopole sur la souveraineté", a dit M. Picard à l'intention du Parti québécois, en réaffirmant sa position selon laquelle les premières nations sont "des peuples souverains".

Autrement dit, à ses yeux, le statut du Québec, qu'il demeure une province ou devienne un pays indépendant, ne changera rien aux revendications traditionnelles des premières nations.

"Je suis souverainiste pour ma nation", a-t-il commenté, refusant de se prononcer sur la position qui serait adoptée par les autochtones s'il y avait un troisième référendum sur la souveraineté du Québec. La question est prématurée, selon lui.

Les militants péquistes qui ont applaudi à tout rompre le chef Picard auront peut-être des douleurs aux mains en découvrant que ce dernier n'exclut pas du tout la partition du Québec, en cas de référendum gagnant.

Le PQ a toujours proclamé le caractère inaltérable des frontières actuelles du territoire. Or, si le Québec se transforme en pays, la délicate question du morcellement du territoire pourrait bien refaire surface, prévient le chef innu.

Les autochtones ont des droits sur le territoire, a-t-il rappelé, n'excluant aucun scénario, même celui de la partition. "A mes yeux, a indiqué M. Picard, tout est sur la table, incluant la question territoriale."

"Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes", et les droits des uns ne doivent jamais primer sur ceux des autres, a répété le chef Picard.

Son message aux militants péquistes, qui à première vue l'ont mal interprété en y voyant un appui à leur projet, était plutôt le suivant: "On appuie notre cause à nous".

Le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, a dit récemment qu'un de ses objectifs était de se rapprocher des Premières Nations, d'où l'invitation lancée à M. Picard.

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