Le 38e Salon du livre de Montréal rend hommage à Georges-Hébert Germain (PHOTOS)

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GHGERMAIN
Julien Faugère
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C’était incontournable. Un coup de chapeau senti a été tendu à l’auteur, journaliste et homme de mots Georges-Hébert Germain, mercredi, lors de la cérémonie d’inauguration du 38e Salon du livre de Montréal (SLM), qui ouvrait ses portes au public aujourd’hui.

Pendant son allocution, Gilda Routy, présidente du conseil d’administration du SLM, a rappelé que Georges-Hébert Germain avait été président d’honneur de l’événement en 2011 et 2012 et a remémoré les paroles de l’homme au moment de son dernier discours, en 2012. L’écrivain avait alors soutenu qu’au Salon du livre, personne n’est étranger, tout le monde est chez soi, et que chacun peut y trouver de quoi s’instruire et se divertir.

«En apprenant son décès, nos pensées se sont dirigées vers sa famille, ses amis, ses lecteurs, ses collègues de l’édition (…), a déclaré Gilda Routy, au micro. Au revoir, Georges-Hébert».

En entrevue, quelques minutes plus tard, la dame a réitéré l’importance de Georges-Hébert Germain pour le Salon du livre de Montréal. Ce dernier est décédé vendredi dernier, à l’âge de 71 ans, des suites d’un fulgurant cancer du cerveau.

«On pourrait lui dédier cette 38e édition, a précisé Gilda Routy. Être président d’honneur était une grosse job. Il l’était lors de ma première année comme présidente du conseil d’administration, et il a été un support important pour moi. C’était un grand. Il avait un peu hésité lorsqu’on lui avait décrit l’ampleur de la tâche (de président d’honneur) – parce qu’il faut quand même être très présent -, mais je crois qu’il l’a fait pour sa passion pour les livres.»

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Le 38e Salon du livre de Montréal
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Quand la parole est muselée…

La présentation de lancement du SLM a par ailleurs été l’occasion, pour le monde littéraire québécois, de montrer sa solidarité devant les attentats de Paris de vendredi dernier, et qui sont, estime Gilda Routy, une atteinte directe à la liberté d’expression. On a évoqué l’importance de «museler la violence par le livre et la parole». On a d’ailleurs souligné le décès, dans ces tristes circonstances, d’une ex-stagiaire d’une maison d’édition québécoise, repartie en France depuis.

«Nous, les acteurs du milieu du livre, on voit bien que ces attentats, c’est une certaine idée de la culture, de la pensée, qui est détruite. Tous les auteurs et éditeurs, même si on s’en est seulement glissé un mot, ça nous touche tous profondément. Car notre métier, c’est d’avoir un rôle social par rapport à l’éducation, pour dire des choses. C’est clair que, quand la parole est muselée, on ne peut pas y être insensible», a plaidé Gilda Routy.

On a en outre soulevé la question du web de plus en plus omniprésent, qui, malgré ses blogues et écrits viraux sur les réseaux sociaux, n’a pas encore réussi à détrôner l’objet qu’est le livre. Le Salon du livre a pour la première fois sa zone numérique pour les visiteurs qui souhaitent se familiariser avec leurs appareils comme les liseuses, mais les tête-à-tête constituent encore l’essence de ce grand carrefour du livre.

«On voit bien que le livre numérique stagne, et ne tue pas le Salon du livre de Montréal, a martelé Gilda Routy. Le Salon du livre, c’est un lieu marchand, mais c’est davantage la rencontre entre un auteur et son lecteur que l’achat de livres. Certaines personnes arrivent avec un sac déjà rempli de livres, qu’elles veulent faire dédicacer. C’est plus l’échange que la transaction qui prévaut ici.»

Quant aux matinées scolaires, moins populaires cette année en raison des moyens de pression des enseignants, elles sont néanmoins encore vivantes, a observé Gilda Routy.

«Il faut reconnaître qu’on avait l’habitude d’accueillir 18 000 élèves, et là, on a eu 14 000 demandes. Il y a des enseignants qui ont fait des demandes, mais qui n’auront peut-être pas l’autorisation ou ne se sentiront pas disposés à venir, à cause des moyens de pression. Mais on a vu aujourd’hui qu’il y avait plein de jeunes. Donc, on se croise les doigts. C’est magique, de voir les enfants au Salon du livre, même si on comprend les moyens de pression.»

Plusieurs activités

Les célébrations d’ouverture du 38e Salon du livre de Montréal ont commencé sur le coup de 18h, mercredi, à la Maison des libraires, nouvel espace aménagé sur le dernier palier menant au hall d’exposition principal du Salon et occupé par l’Association des libraires du Québec (ALQ).

Considérée comme une «librairie éphémère», cette zone est vouée à valoriser le métier de libraire par le biais d’une multitude d’activités. Animations de toutes sortes, entretiens, ateliers divers, concours et rencontres avec des personnalités comme Fanny Mallette, Catherine Trudeau, Geneviève Borne, Biz et Mara Tremblay s’y tiendront jusqu’à lundi prochain.

Une fanfare a ensuite guidé les convives jusqu’à l’Espace Archambault, où un parterre composé de dignitaires et des invités d’honneur du 38e SLM ont religieusement écouté les déclarations des décideurs, dont Monique Simard, présidente et chef de la direction de la SODEC, et Chantal Rossi, conseillère à la culture, au patrimoine et au design de la Saison de la lecture de Montréal.

Les invités à l’honneur de cette édition du SLM sont José Acquelin (Prix du Gouverneur général 2014 pour son recueil Anarchie de la lumière), Kitty Crowther, Jean Désy, Gilles Laporte, Monique Proulx, Sampar, Éric-Emmanuel Schmitt, Larry Tremblay et Audrée Wilhelmy.

On a aussi remis le Prix Marcel-Couture 2015, décerné à un ouvrage illustré de grande qualité, qui se démarque par son audace. Les récipiendaires étaient les Éditions du Septentrion et les professeurs et botanistes Alain Asselin, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu pour l’album Curieuses histoires de plantes du Canada. Six livres étaient finalistes.

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10 livres de tous horizons à lire sans hésiter
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Parmi les attractions à ne pas manquer au 38e Salon du livre, selon Gilda Routy, notons la prestation, dimanche, à l’Espace Archambault, d’une chorale de 250 enfants, qui saluera la parution du livre-disque Le temps des fleurs, le temps des neiges, de Glen Huser, Philippe Béha et Giannis Georgantelis, une œuvre dédiée à la mythologie grecque. Aussi, la table ronde Nos politiciens parlent de littérature, également dimanche, à la Place Confort TD, animée par Simon Durivage, réunira Françoise David (Québec solidaire), la ministre de la Culture Hélène David (Parti libéral), Maka Kotto (Parti québécois) et Jean-François Roberge (Coalition avenir Québec), qui parleront des titres littéraires qui les ont marqués ou influencés.

Le mouvement La lecture en cadeau, qui vise à fournir des bouquins aux enfants issus de milieux défavorisés, sera toujours en branle, tout comme l’initiative Livres comme l’air, qui, le vendredi 20 novembre, donnera la parole à des auteurs d’ici qui témoigneront de leur solidarité envers leurs vis-à-vis emprisonnés à travers le monde.

La région étrangère à l’honneur du SLM, cette année, est la Martinique, dont la richesse culturelle se déploiera au pavillon 270. On a annoncé mercredi que le pays en vedette en 2016 sera le Mexique. La liste complète des différents rendez-vous du SLM est disponible sur le site web officiel.

Le 38e Salon du livre se tient à la Place Bonaventure jusqu’au lundi 23 novembre. L’an dernier, environ 112 000 visiteurs en avaient franchi les tourniquets.

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