Bureau : le grand boom des espaces de travail partagés

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Près de 14% des travailleurs au Québec étaient autonomes en 2014. Un pourcentage qui va aller en augmentant : les entreprises engagent de moins en moins de salariés et collaborent plutôt avec des pigistes pour limiter les coûts liés aux employés (vacances, assurances, etc.)

Et si l’on associe souvent le travailleur autonome à l’image du pigiste qui travaille seul chez lui habillé en mou, on se trompe… Que ce soit pour voir du monde, pour changer d’air ou pour avoir un environnement de travail plus productif, la tendance est plus que jamais aux espaces de travail partagés.

« On voulait lancer notre business, et on s’est dit que ça serait bien d’avoir à la même place notre comptable, notre avocat, notre graphiste, etc.. Finalement on a ouvert un espace de travail partagé », raconte Olivier Berthiaume, un des cofondateurs de La Halte 24/7. Lui et son associé Philippe Tremblay soulignent l’augmentation significative du nombre de bureaux partagés à Montréal, alors qu’ils étaient parmi les premiers quand ils se sont lancés dans le projet il y a un an et demi. Aujourd’hui, La Halte accueille 85 membres et 45 entreprises en aires ouvertes ou en bureaux fermés dans ses locaux design du Plateau.

La Halte, espace de travail d’affaires, se démarque par ses événements de réseautage et l’esprit de communauté entre ses membres, qui se retrouvent en effet volontiers pour courir au parc ou faire des 5 à 7 sur la terrasse. Les associés tiennent également à travailler en partenariat avec les entreprises qu’ils hébergent : ainsi, le groupe d’agroalimentaire Gaspé Cured fournit les partys d’huîtres du bureau, la compagnie de bien-être et santé Pluriels organise des cours de yoga pour tous les membres… « Les gens viennent chez nous avant tout pour le style de vie dans l’espace de travail, plus que pour les bureaux », indique Olivier.

Bureaux d’affaires, pour femmes, pour parents...

La Halte s’est aussi associée au Saint-Jude, un centre sport et spa, pour offrir pour 300$ par mois un accès illimité à l’espace de travail et au centre. Le secteur des bureaux partagés, à l’origine une niche, est en effet devenu un domaine de concurrence où il faut avoir un vrai plus à proposer. « Si l’espace de travail partagé a toujours existé, explique Olivier, c’est la manière d’occuper l’espace qui évolue : chaque nouvelle place essaie de trouver sa raison d’être, de se démarquer à sa façon en ciblant un segment de clientèle…» Ainsi, DOK Station fait du « coworking d’affaires » en centre-ville, Lori cible uniquement les femmes, Nexus se positionne sur ses prix très bas, tandis que Boom sera adapté aux parents.

Ce dernier est actuellement encore en recherche de locaux, dans le Mile-End ou sur le Plateau - un choix de quartier judicieux : c’est la deuxième plus forte concentration de travailleurs autonomes de plus ville après Outremont. « On voudrait surtout une cour et une bonne cuisine », indique Gabriela Andrade, à l’origine du projet. Elle cherche une maison sur deux étages, pour installer au premier l’espace pour les enfants, des lieux de rencontre, un salon, etc., et mettre au deuxième étage les bureaux de travail, le tout pouvant accueillir une trentaine de personnes.

C’est devant la difficulté qu’elle avait à se concentrer avec des enfants à la maison que Gabriela a eu son idée d’espace de travail partagé pour parents, qui fut très bien reçue. Mais elle veut que son projet soit plus que de simples bureaux partagés doublés d’une garderie : « Il y aura aussi des ateliers pour les enfants, de création, musique, cuisine ou yoga. Boom sera une alternative à la garderie, qui permettra aux parents d’être plus proches de leurs enfants pendant la journée. C’est un nouveau concept, et c’est le premier projet de ce type au Canada ». Pour cette mère de deux petits, travailleuse autonome dans la production audiovisuelle, « Boom répond à un vrai besoin ».

« Appartenir à une communauté »

S’adapter aux besoins des pigistes, c’est le véritable enjeu : « Les travailleurs autonomes ont parfois du mal à s’engager aux six mois ou à l’année, confie Olivier, notamment les jeunes start-ups pas encore stables ». La Halte a donc lancé une nouvelle offre, la carte de membre 24/7, permettant aux clients qui ont déjà un bureau ou travaillent chez eux de venir pour réseauter, travailler de temps en temps et profiter gratuitement des évenements. « Ces clients ne veulent pas juste une banque d’heures de bureau ou de salle de conférence, ils veulent être membre de quelque chose, appartenir à une communauté », explique Olivier.

Les pigistes n’ont plus l’apanage de l’espace de travail partagé : les salariés constituent un nouveau segment de clientèle à aller chercher. De plus en plus de patrons payent en effet à leurs employés des journées en bureaux partagés pour travailler et réseauter ; la possibilité pour ces salariés de changer d’air et d’avoir plus d’autonomie. « Les jeunes de la génération Y ne croient plus au travail de 9h à 5h. Ils ont une tâche et la remplissent en s’organisant comme ils le veulent », analyse Olivier. Les espaces de travail partagés ciblent aussi les entreprises qui veulent un pied-à-terre dans les grandes villes pour se développer, faire du réseautage, se bâtir une clientèle localement… Bref, le monde du travail évolue. Et les bureaux aussi.

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