BIEN-ÊTRE

Affamer le cancer pour empêcher sa croissance

21/10/2015 09:22 EDT

Une nouvelle approche pour freiner la croissance des cellules pulmonaires cancéreuses, en bloquant leur capacité à utiliser d'autres sources de nutrition, a été découverte par une équipe internationale à laquelle participent des chercheurs de l'Université McGill.

La chercheuse Emma Vincent et ses collègues affirment qu'ils ont réalisé cette percée en déterminant les programmes métaboliques utilisés par les cellules cancéreuses pour alimenter leur croissance.

Elle pourrait ainsi permettre la création de nouvelles méthodes de traitement du cancer du poumon.

Le saviez-vous?

Au Canada, 1 homme sur 11 court le risque d'être atteint du cancer du poumon au cours de sa vie. Chez les femmes, ce risque est de 1 sur 17.

Le sucre, repas préféré des tumeurs

Les cellules cancéreuses ont un métabolisme très différent de celui des autres cellules. C'est que leur prolifération rapide demande un apport énergétique plus important, lequel est assuré par l'utilisation du sucre comme principal élément nutritif.

Le taux d'utilisation du glucose par les cellules cancéreuses est des dizaines, voire des centaines de fois plus élevé que celui des cellules normales.

Cependant, lorsque le sucre se fait rare, les cellules cancéreuses doivent utiliser d'autres sources de nutrition pour assurer leur croissance.

La découverte

Les scientifiques ont donc étudié la réponse des cellules cancéreuses lorsque la disponibilité du glucose est réduite. Les chercheurs ont étudié l'un des types de cancer du poumon le plus répandu, le cancer du poumon non à petites cellules. Ce dernier touche de 85 % à 90 % de toutes les victimes de cancer pulmonaire. Ils ont ainsi découvert que certaines cellules pulmonaires cancéreuses se nourrissent plutôt de glutamine lorsque le glucose est rare.

De plus, les chercheurs ont découvert que les cellules cancéreuses utilisent une enzyme appelée PEPCK pour reprogrammer leur métabolisme.

« Nous avons découvert que certaines cellules cancéreuses expriment également l'enzyme PEPCK, ce qui leur confère la capacité de transformer la glutamine en énergie et en divers éléments favorisant leur croissance. Grâce à ce changement métabolique, l'enzyme PEPCK permet non seulement aux cellules cancéreuses de survivre, mais également de continuer à proliférer en période de famine. »

— Emma Vincent, Université McGill

En outre, ils ont démontré que l'inhibition de l'enzyme PEPCK dans les cellules cancéreuses pouvait ralentir la croissance tumorale chez la souris.

Une source alternative

Les chercheurs ont également observé une augmentation du taux d'enzyme PEPCK dans les tissus de patients atteints de cancer du poumon.

« Le fait que le taux d'enzyme PEPCK soit plus élevé dans certains cas de cancer pulmonaire permet de croire que cette dernière pourrait jouer un rôle dans la maladie chez l'homme. »

— Russell Jones, Université McGill

Ces résultats laissent donc à penser que la disponibilité des nutriments dans l'organisme, où les cellules cancéreuses doivent rivaliser pour obtenir du glucose et d'autres éléments nutritifs, peut influer sur l'évolution du cancer. Ces cellules peuvent recourir à d'autres sources d'énergie pour alimenter leur croissance en présence de stress.

« Tout en étant l'une des caractéristiques qui font du cancer une maladie si dévastatrice, cette souplesse remarquable ouvre néanmoins la voie à de nouveaux traitements. »

— Russell Jones, Université McGill

Selon le Pr Jones, la compréhension des mécanismes utilisés par les cellules cancéreuses pour s'adapter à leur environnement offre de nouvelles possibilités de traitement pour cette maladie mortelle.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Molecular Cell.

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