POLITIQUE

Le conservateur Denis Lebel se défend d'attiser l'islamophobie

11/10/2015 01:38 EDT | Actualisé 11/10/2015 01:40 EDT
Radio-Canada.ca

Alors que des électeurs se voilent le visage pour aller voter, le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, nie que son parti ait mis de l'huile sur le feu dans le dossier du niqab.

« Bien sûr qu'on ne peut pas être heureux de ce qui se passe actuellement, a-t-il affirmé en entrevue aux Coulisses du pouvoir, mais ça démontre que dans la population, il y a un accueil de ce dossier qui est là. On doit prendre acte de ce qui se passe. On ne peut pas être à l'aise, mais ça doit nous sensibiliser à comment les Québécois, les Canadiens réagissent à cet élément-là, et les valeurs doivent être défendues. »

M. Lebel en profite pour souligner que son parti est le seul à défendre ces valeurs, par rapport à ses adversaires libéraux et néo-démocrates pour qui « ce n'est pas grave » de ne rien faire.

Les conservateurs se sont engagés à légiférer dans les 100 jours suivant leur reconduction au pouvoir pour interdire le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté. Un projet de loi mort-né à ce sujet avait été déposé en juin.

Niqab et sécurité

Le ministre sortant refuse de voir dans le mouvement d'électeurs faussement voilés un relent d'islamophobie. Et il rejette toute responsabilité de son parti, en faisant un amalgame entre niqab et sécurité. « On voit la réaction des gens, et c'est ce qui se passe partout dans le monde. En termes de sécurité, il y a toujours quelque chose de sensible pour l'ensemble de la population. De dire que c'est le gouvernement qui amène ces éléments en campagne [non]. Ce qui s'est passé en Turquie [frappée par un attentat qui a fait une centaine de morts] dans les dernières heures, ce n'est pas le gouvernement qui l'amené. »

Questionné sur le lien qu'il voit entre le niqab et l'attentat en Turquie, M. Lebel répond que les deux soulèvent des inquiétudes de la population sur le terrain. « Nous on est là pour assurer la sécurité des Canadiens », explique-t-il.

« Ce qui passe dans le monde inquiète la population. Oui, on doit accueillir de nouveaux arrivants au Canada, il y a des migrants qui veulent venir, mais ça doit se faire en assurant la sécurité des Canadiens. La priorité de notre gouvernement va dans ce sens-là : ouvrir nos portes, mais que ça se fasse dans le respect de nos règles et comment ça fonctionne chez nous. »

— Denis Lebel

Jusqu'à présent, le gouvernement Harper justifiait son intention d'interdire le niqab lors des cérémonies de citoyenneté par une question d'égalité entre hommes et femmes.

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