POLITIQUE

Un non-citoyen reçoit une carte d'électeur (VIDÉO)

02/10/2015 11:30 EDT | Actualisé 02/10/2015 11:30 EDT

Un résident de Sherbrooke met en doute le processus électoral d'Élections Canada. Le Tunisien d'origine est résident permanent et n'a donc pas le droit de voter. Toutefois, il a reçu une carte d'électeur pour les prochaines élections fédérales.

Un reportage de Mélissa Fauteux

C'est la deuxième fois, depuis son arrivée au pays en 2011, qu'Adel Essadam est invité à voter à une élection. La première occasion s'est produite lors d'un scrutin provincial.

« Quand j'ai eu mes 18 ans, j'ai reçu une lettre me disant que j'étais inscrit à mon bureau et que je pouvais voter. »

— Adel Essadam

Ce n'est pas la première fois qu'un résident permanent est inscrit par erreur sur la liste électorale. Un citoyen de Sudbury, en Ontario, a d'ailleurs réussi à voter facilement à deux reprises, soit en 2006 et en 2010, alors qu'il n'était pas citoyen canadien. Cet homme avait reçu une carte électorale lors des élections municipales. Il avait alors mentionné s'être présenté au bureau de vote avec sa carte d'électeur, son permis de conduire et sa carte d'assurance maladie, et qu'il n'avait eu aucun problème à enregistrer son vote.

Seuls les citoyens canadiens ont droit de vote au pays, les résidents permanents, qui sont 260 000 au Canada, peuvent toutefois financer un parti politique.

Élections Canada se défend en expliquant que les noms inscrits sur la liste électorale proviennent de différentes bases de données et que ce système ne fait pas de distinction entre les résidents permanents et les citoyens canadiens.

« Quand vous entrez, que vous vous inscrivez dans le registre des électeurs, il est clairement demandé si vous êtes citoyen et si vous faites une fausse déclaration, ça comporte des conséquences légales quand même », explique Francine Bastien, conseillère régionale en relations médias pour Élections Canada. Impossible par contre de vérifier si un électeur a réellement droit de vote, s'il a sa carte en main, admet-elle. « Écoutez, ça dépasse vraiment les compétences d'Élections Canada. »

Pour sa part, Adel Essadam est sidéré qu'une telle erreur se soit produite.

« Je trouve ça ridicule qu'avec tout l'argent investi dans les élections, qu'il y ait une faille aussi grosse que ça. »

— Adel Essadam, résident permanent

Un cas isolé?

Pour le scrutin du 19 octobre, Élections Canada a envoyé 26,4 millions de cartes d'électeur au pays. Selon l'institution, le cas d'Adel Essadam est isolé. Pourtant, les deux frères du jeune homme, qui ne résident pas à la même adresse, ont aussi reçu leur carte d'électeur alors qu'ils n'ont pas le droit de vote.

« Je suis venu ici parce que c'est une démocratie, s'insurge Adel Essadam. On est censé avoir un système électoral démocratique. Et là, quelqu'un de mal intentionné pourrait s'arranger pour pouvoir aller voter quand même parce qu'il y a une faille dans le système et dès qu'il y a une faille on peut l'exploiter, c'est logique. »

Le ministère fédéral de la Justice n'a pas répondu aux demandes d'entrevue. De son côté, Élections Canada rappelle que c'est le devoir des citoyens de signaler les erreurs.

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