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Les relations autochtones en jeu dans le projet Northern Gateway

01/10/2015 05:11 EDT | Actualisé 01/10/2016 05:12 EDT
CP

Les Premières Nations qui ont entamé une bataille judiciaire pour bloquer le projet d'oléoduc Northern Gateway en Colombie-Britannique affirment que le procès déterminera si leur relation avec le prochain gouvernement fédéral en sera une de collaboration ou de confrontation.

Huit conseils de bande autochtones, quatre groupes environnementalistes et un syndicat se sont présentés devant la Cour d'appel fédérale à Vancouver, jeudi, pour tenter de faire renverser l'approbation par le gouvernement du projet d'oléoduc de sept milliards $, qui transportera le bitume dilué des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à la côte de la Colombie-Britannique.

Le gouvernement a soumis la construction du l'oléoduc à 209 conditions recommandées par l'Office national de l'Énergie.

La création d'un plan de protection des mammifères marins, d'un plan de restauration de l'habitat des caribous et la modélisation améliorée des déversements marins font partie de ces conditions.

Juste avant le début de l'audience, jeudi, le grand chef Philip Stewart, président du syndicat des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, a affirmé que le gouvernement de Stephen Harper avait démonisé les Premières Nations dans le dossier du développement des ressources naturelles.

Selon lui, Ottawa a déclaré plusieurs grands projets comme étant d'intérêt national en ignorant les inquiétudes des Premières Nations.

«Je prie pour que nous élisions un gouvernement national qui a pour ce pays une meilleure vision nationale, qui soit plus inclusive et plus respectueuse de ce que tentent de dire les peuples autochtones à ce pays», a-t-il déclaré.

Le président du conseil de la nation Haida, Peter Lantin, a pour sa part indiqué que l'approbation de la construction mettait en jeu la relation que construit depuis des années sa communauté avec le gouvernement fédéral.

L'évaluation environnementale faite par un comité de révision fédéral ne s'est pas penchée sur les effets potentiels de Northern Gateway sur la région, soutient-il.

«Haida Gwaii est un écosystème unique, a-t-il dit. C'est un magnifique endroit sur terre qui mérite d'être protégé.»

Pete Erickson, un chef héréditaire de la Première Nation Nak'azdli, a raconté que la décision de sa communauté de rejeter le projet n'avait pas été prise à la légère. La nation a mené des études prolongées sur les impacts potentiels sur sa terre.

«Nous demandons au tribunal de se ranger de notre côté. Le projet Northern Gateway d'Enbridge ne sera pas admis sur le territoire nak'azdli, sous aucune circonstance», a-t-il lâché.

Un porte-parole de Northern Gateway a déjà laissé savoir qu'avec 180 jours d'audiences publiques, entre autres, l'évaluation avait été l'une des plus exhaustives de l'histoire canadienne.

Le procureur général du Canada, Northern Gateway Pipelines Limited Partnership et l'Office national de l'énergie sont les parties défenderesses dans ce procès.

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