POLITIQUE

Québec se dit incapable de répondre aux demandes des enseignants (VIDÉO)

30/09/2015 12:16 EDT | Actualisé 30/09/2015 12:17 EDT

« Les perdants, ce sont les enfants et leurs parents », a déclaré le ministre de l'Éducation, François Blais, en commentant la grève des professeurs affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). « Je ne vois pas en quoi ça peut nuire ni aider à la négociation. »

Le ministre Blais estime que les demandes salariales présentées par les enseignants - des augmentations de 13,5 % étalés sur trois ans - sont « beaucoup trop importantes ».

« C'est impossible, pour les contribuables de payer ça. »

— Françlois Blais

« Il y a en ce moment de la désinformation sur deux éléments importants, soit sur la charge de travail [des enseignants] et les classes spécialisées », affirme le ministre Blais.

Contrairement à ce que les syndicats avancent, les professeurs sont rémunérés sur une base de 40 heures de travail par semaine, selon M. Blais. Les professeurs prétendent de leur côté que leur contrat de travail prévoit une tâche de 32 heures par semaine et que le gouvernement exige de faire passer la semaine de travail à 35, voire à 40 heures par semaine.

« Nous avons les documents, les ententes qui ont été signées - en équité salariale et en assurance-emploi - qui montrent bien qu'ils ont une rémunération sur 40 heures par semaine.

« Nous ne voulons pas augmenter leur tâche de travail, précise-t-il. Ce qui est en jeu c'est de stabiliser les heures passées à l'école. »

« Nous ne voulons pas non plus mettre fin aux classes spécialisées », poursuit M. Blais. « C'est une idée qui circule en ce moment, qui est ridicule. Il y a un enjeu de continuer, au Québec, - on est en retard là-dessus - de continuer quand c'est possible - bien appuyer par des professionnels - maintenir l'intégration dans les classes [régulières]. »

Abolition de classes spécialisées

Le porte-parole de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale en matière d'Éducation, Alexandre Cloutier, contredit le ministre sur l'abolition de classes spécialisées pour les élèves en difficulté d'apprentissage et handicapés.

Le député du Parti québécois (PQ) déplore que le gouvernement continue de prétendre que les compressions en Éducation ne touchent pas les services aux élèves alors que des centaines de postes de professionnels ont été abolis. « Les postes de professionnels sont supprimés, au moment où on se parle, par centaines et leur responsabilité était d'accompagner les élèves en difficultés. »

« Six classes spécialisées ont été fermées à la Commission scolaire des phares, dans le Bas-Saint-Laurent, et une dizaine de classes spécialisées viennent d'être abolies dans la région de Laval. »

— Alexandre Cloutier

M. Cloutier reproche également au ministre Blais d'avoir prétendu que seulement quelques commissions scolaires mal gérées abolissaient des postes de professionnels. « C'est la quasi-totalité des commissions scolaires qui ont supprimé des postes de professionnels », poursuit-il. Brandissant le rapport de la firme Grant Thornton qui blâmait la CSDM pour sa mauvaise gestion, M. Cloutier souligne que le fameux rapport propose lui-même l'abolition de sept postes de professionnels de l'éducation.

Les finances publiques

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, abonde dans le sens de son ministre. Il estime que l'argent investi dans l'amélioration des conventions collectives ne se traduit pas toujours par une amélioration des services.

M. Couillard souligne l'état des finances publiques pour expliquer le « faible taux d'augmentation des dépenses en Éducation ». De fait, la hausse de 0,2 % du budget 2015 en éducation est insuffisante pour couvrir les hausses systémiques des coûts de ce ministère.

M. Couillard a précisé que son gouvernement avait l'intention d'accroître ses investissements en Éducation l'an prochain. « La question de l'Éducation au Québec ne peut se débattre uniquement dans le prisme syndical ou sous l'angle des conditions de travail », a-t-il conclu.

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