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Times Infinity, nouvel album signé The Dears: Infiniment et au-delà

25/09/2015 05:00 EDT | Actualisé 25/09/2015 07:40 EDT

Le groupe montréalais The Dears a marqué la scène musicale canadienne au fil des vingt dernières années. Pionnier de la scène rock indépendante montréalaise, The Dears a produit cinq longs jeux en plus de participer à plusieurs tournées internationales imposantes. Aujourd’hui, le quintette propose Times Infinity : Volume One, un disque réussi qui se démarque notamment grâce sa maturité. Rencontre avec le guitariste Patrick Krief, le chanteur et parolier du groupe Murray Lightburn ainsi que la claviériste (et conjointe de ce dernier) Natalia Yanchak.

Au cours de toutes ces années, il y a eu des hauts et des bas au sein de cette formation (complétée par le batteur Jeff Luciani et le bassiste Roberto Arquilla) qui a changé quelques fois de configuration. La qualité de sa musique a oscillé de façon notable, probablement en lien avec les turpitudes et les petites révolutions vécues au sein de la bande, qui n’a pas toujours été de tout repos. Quoi qu’il en soit, le phare est demeuré debout, contre vents et marées.

« Je pense qu’il y a une signification particulière à la survie d’un groupe après tant d’années, affirme Lightburn en anglais. L’industrie n’est pas conçue pour la longévité, spécialement de nos jours. On propose sans cesse des nouveaux artistes en pressant leur jus jusqu’à l’assèchement. C’est une sorte de vampirisme! Je ne sais pas si on doit célébrer notre survie, mais il est bon d’au moins souligner qu’elle a une valeur. »

Histoires de destin

Certes, ces trois artistes ont vécu toute une palette de bouleversements au sein du groupe, mais le milieu de la musique n’est pas en reste depuis une dizaine d’années. À ceci s’ajoute la naissance de défis majeurs pour notre espèce et sa fragile planète.

« Il y a définitivement des thèmes qui évoquent l’urgence sur l’album (l’énergique We Lost Everything, par exemple), indique Yanchak. Nous n’en avons pas particulièrement discuté avant l’enregistrement, mais c’est définitivement là. Je pense au sujet de l’imbrication du passé et du présent, qui peut mener à une inquiétude par rapport à notre avenir… Un autre thème important sur l’album traite des relations amoureuses. Et ces deux grandes thématiques ont quelque chose de très similaire qui les unit : le temps. »

« J’ai l’impression que le destin des hommes a toujours plané au-dessus de tous les disques du groupe, renchérit Lightburn. Ça force le questionnement face à ce qui est fondamentalement important dans la vie. Ce sont parfois de grands thèmes assez philosophiques, mais ils nous tiennent à cœur. C’est certainement en porte-à-faux avec la musique très pop comme celle de Nicki Minaj ! »

À cet égard, le vidéoclip (une animation) de la pièce I Used to Pray for the Heavens to Fall est également fort évocateur. En proie à une profonde inquiétude, un scarabée décide de se construire une fusée pour abandonner son monde.

Deux plutôt qu’un

Écrit au cours des deux dernières années, les dix morceaux de l’album ont été enregistrés dans deux studios : le Revolution Recordong à Toronto et le Mighty Hotel2Tango. Il faut souligner que les membres du band sont arrivés en studio avec une myriade de chansons assez développées. Ils ont enregistré plus d’une vingtaine de chansons et pris la décision de publier deux disques à intervalle rapproché (l’autre sortira au début de l’an prochain) plutôt que de diffuser un double album.

« Bien que nous ayons commencé à parler de l’album en septembre 2013, nous avons véritablement commencé à travailler sur cet album au printemps 2014, explique le guitariste Krief, qui a fait du très bon travail sur ce disque. Je parle de la musique. »

Mentionnons que c’est Lightburn qui s’occupe de la quasi-totalité des paroles. Même la superbe balade Onward and Downward (l’un des plus beaux morceaux de cet album), interprétée par Natalia, a été signée de la main de son conjoint.

« Quand tu écris autant de chansons, tu finis par écrire les pièces comme si tu créais un scripte, précise Lightburn. Cela dit, j’ai su assez tôt que ce texte pourrait convenir à Natalia. Je suis heureux de constater qu’elle la chante si bien. Au final, cette pièce est de loin supérieure à mes attentes. C’est l’une de mes préférées sur Times Infinity.

À noter que Natalia interprète également quelques morceaux du second volume. « En spectacle, j’aime chanter à l’occasion, dit-elle. C’était donc assez naturel pour moi d’interpréter quelques pièces sur les nouveaux albums. »

Plus relaxes que jamais

Au dire des trois membres du groupe, ils ont toujours démontré une assez grande complicité à travailler ensemble en studio. Cela dit, le processus créatif pour Times Infinity se serait avéré particulièrement « facile et relaxe ».

« C’est le résultat d’une longue expérience dans le métier, envoie Patrick Krief. On se comprend bien en studio. Mais c’était encore plus relaxe qu’à l’habitude. On n’a pas nourri de grands débats. Une personne proposait; on écoutait; on commentait spontanément en groupe et on passait à autre chose. »

« On est certainement plus matures aussi, dit ensuite Krief à la blague. J’espère. On s’en fait moins avec les trucs insignifiants ! »

The Dears est déjà investi dans une série de concerts offerts dans différentes villes de l’Ouest canadien. Ensuite, la formation visitera plusieurs villes québécoises à l’automne. Si des villes étrangères telles que Mexico et Istanbul (ils ont aussi des fans en Asie et aux États-Unis) manifestent de nouveau de l’intérêt pour leur spectacle, les membres de Dears se disent prêts à repartir de plus belle sur la route. Une aventure qui pourrait facilement s’étendre sur deux ans.

The Dears

Times Infinity : Volume One, sous étiquette Pheromone Recordings

Sortie le 25 septembre

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