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Obama accueille le pape François à la Maison-Blanche, une première (VIDÉO/PHOTOS)

23/09/2015 09:03 EDT | Actualisé 23/09/2015 12:40 EDT

Barack Obama et le pape François ont affiché mercredi à la Maison-Blanche leur complicité mais aussi leur unité face aux défis posés à la communauté internationale par les crises migratoires ou le changement climatique.

Autorité morale mais aussi allié politique de taille pour le 44e président des Etats-Unis, Jorge Bergoglio, qui effectue sa première visite aux Etats-Unis, a placé d'entrée son périple sous le signe de la défense des plus démunis et de ceux qui sont contraints à l'exil.

"Comme fils d’une famille d’immigrés, je suis heureux d’être un hôte en ce pays, qui a été en grande partie bâti par de semblables familles", a-t-il lancé, dans une allusion à la controverse politique sur l'immigration hispanique aux Etats-Unis mais aussi aux flux de Syriens qui fuient leurs pays déchiré par la guerre.

Le pape François à Washington


Dans un discours prononcé sous un immense ciel bleu sur les pelouses de la Maison-Blanche, M. Obama a de son côté rendu hommage au "message d'espoir" porté par le premier pape argentin de l'histoire, "source d'inspiration pour tant de gens à travers le monde".

Le 44e président des Etats-Unis américain, qui ne cache pas son admiration pour ce jésuite argentin, a jugé que l'engouement que suscite sa visite américaine ne pouvait être attribuée seulement à son rôle de pape mais aussi à ses "qualités uniques en tant que personne". Il a ainsi évoqué son "humilité", sa "simplicité", ou encore la "douceur de ses mots".

A moins de 500 jours de la fin de son second mandat à la présidence des Etats-Unis, M. Obama compte sur le soutien du souverain pontife sur deux chantiers qu'il a érigé en priorités: Cuba et le climat.

Evoquant le "soutien précieux" du pape dans le rapprochement historique engagé depuis fin 2014 entre Washington et La Havane, le président a souligné qu'il était porteur d'une "meilleure vie pour le peuple cubain".

Sur la scène internationale, "nous vous remercions pour (...) votre appel aux nations à résister aux sirènes de la guerre et à résoudre les différends par la voie diplomatique", a lancé M. Obama qui a conclu il y a quelques mois un accord inédit avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé.

Quant à la lutte contre le réchauffement climatique, priorité de l'administration Obama, François a également insisté sur l'urgence d'un combat "qui ne peut être laissé à la génération future".

Les deux hommes se sont retrouvés dans le Bureau ovale pour leur deuxième tête-à-tête, après celui du printemps 2014 au Vatican.

La pape est ensuite sorti de l'enceinte de la Maison-Blanche à bord de sa papamobile, saluant la foule compacte massée pour le saluer.

"Le plus populaire dans le monde"

La capitale fédérale américaine -- happée depuis des mois déjà par les joutes de la présidentielle 2016 -- n'a plus d'yeux ces jours-ci que pour ce pape, le premier venant des Amériques, au ton singulier, qui entame une visite de six jours aux Etats-Unis.

Il s'agit seulement de la troisième visite d'un pape à la Maison-Blanche: Jimmy Carter avait reçu Jean-Paul II en 1979, et George W. Bush avait accueilli Benoît XVI en 2008.

Une foule immense -- quelque 11.000 invités -- était présente sur les pelouses de la Maison Blanche pour accueillir, en grande pompe, "l'homme le plus populaire dans le monde aujourd'hui", selon les termes du vice-président Joe Biden.

Dès l'aube, le métro de Washington était bondé. "C'est l'occasion d'une vie", s'est exclamée Katherine Gorman, 47 ans, qui s'est levée à 2H00 avec sa fille et ses deux petites-filles dans l'espoir d'apercevoir le pape.

Fait rare, M. Obama, qui est de confession protestante, avait accueilli lui-même mardi sur une base militaire le pape argentin, qui se déplace à Washington dans une Fiat 500 qui a fait sensation.

Politiquement, cette visite papale tombe à pic pour l'exécutif américain.

Lorsqu'il s'exprimera jeudi devant le Congrès, une première dans l'histoire des Etats-Unis, François devrait aussi plaider pour le rapprochement américano-cubain et pour le climat. Deux sujets sur lesquels nombre d'adversaires républicains de M. Obama ne décolèrent pas.

Le fait qu'il arrive tout juste de Cuba, où il a évité de critiquer le président Raul Castro, ne fait qu'irriter un peu plus ceux qui jugent que ce pape est un marxiste déguisé ou un traître à la foi catholique, qui serait trop souple sur la doctrine.

Dans les jours qui suivent, le pape doit aussi rencontrer des immigrés, des sans-logis, des détenus.

Il doit également présider à New York une cérémonie œcuménique sur le site du World Trade Center, contre le terrorisme et pour le respect entre religions. A Philadelphie, il doit présider ce week-end la fin d'une rencontre mondiale des familles catholiques, en présence d'un million et demi de personnes.

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