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Burkina Faso: le président Michel Kafando libéré, mais pas le premier ministre

18/09/2015 08:04 EDT | Actualisé 18/09/2015 08:05 EDT

Le président du régime de transition du Burkina Faso Michel Kafando, qui était séquestré par les militaires qui l'ont destitué, a été libéré jeudi soir, mais pas son premier ministre Isaac Zida, ont annoncé les putschistes vendredi.

"En signe d'apaisement et d'intérêt général, le Conseil National pour la Démocratie a décidé la libération des ministres et la libération de Michel Kafando", indique ce communiqué. Les dirigeants de la transition burkinabè étaient retenus depuis mercredi après-midi, lorsque des soldats avaient fait irruption en plein Conseil des ministres.

Les résultats de l'enquête sur la mort de Thomas Sankara, l'ancien président charismatique du Burkina tué en 1987, devaient être communiqués le jeudi 17 septembre aux parties civiles à Ouagadougou, une réunion reportée sine die en raison du coup d'Etat perpétré la veille, a déclaré vendredi un avocat.

Seul le premier ministre Isaac Zida n'a pas été libéré et reste "en résidence surveillée", a précisé à des journalistes le nouvel homme fort du Burkina, le général Gilbert Diendéré, qui a officiellement pris la tête des putschistes jeudi.

Le lieutenant-colonel Zida est l'ancien numéro deux du Régiment de sécurité présidentiel (RSP), l'unité d'élite de l'armée qui a perpétré le coup d'Etat. Il avait été porté au pouvoir l'an dernier après la chute du président Blaise Compaoré. Au départ perçu comme l'homme de l'armée au sein de la transition, ses relations avec le RSP s'étaient rapidement brouillées, au point que des officiers supérieurs de ce régiment avaient exigé sa démission à plusieurs reprises cette année, provoquant des troubles.

Les putschistes ont annoncé dans un communiqué la réouverture des frontières terrestres et aériennes du pays vendredi.

Le général Diendéré était lui à la tête du RSP sous le régime de Blaise Compaoré, dont il était le compagnon d'armes historique et le bras droit.

La libération des dirigeants de la transition était exigée depuis mercredi par la communauté internationale, qui a fermement condamné le putsch.

Deux chefs d'Etat africains sont attendus vendredi à Ouagadougou, où ils doivent rencontrer Gilbert Diendéré: le président sénégalais Macky Sall, dirigeant en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), et son homologue béninois Thomas Boni Yayi.

La résistance s'organise

Des représentants de la société civile burkinabè ont exigé vendredi le départ des militaires putschistes qui ont renversé les institutions de transition du Burkina Faso, et annoncé préparer un "front commun de résistance".

"Il y a une condition qui est non négociable, c'est le départ de (Gilbert) Diendéré (chef des putschistes)", a déclaré le porte-parole des organisations de la société civile, Me Guy-Hervé Kam, joint au téléphone par l'AFP depuis Abidjan.

"Nous n'allons pas céder à la barbarie", a-t-il ajouté.

Les putschistes "sont là mais la résistance s'organise. La société civile, les syndicats et les partis politiques vont former le front commun de la résistance. Nous allons lancer dans les prochaines heures un appel commun", a-t-il annoncé.

Violence à Ouagadougou (IMAGES CHOQUANTES)

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