DIVERTISSEMENT

«Stéréo Pop»: la musique sur un piédestal

11/09/2015 06:17 EDT | Actualisé 11/09/2015 06:17 EDT
Radio-Canada

Radio-Canada s’est mis en tête de dynamiser nos vendredis soirs avec deux nouveautés joyeuses et complètement différentes l’une de l’autre, soit Un chef à l’oreille, qui loge à 19h, et Stéréo Pop, qui suit, tout de suite après, à 20h.

Pour terminer la soirée, on mise sur le rire avec les galas de la plus récente édition du ComédiHa! Fest Québec, à 21h. On conclura donc nos semaines dans le pur divertissement, à compter d’aujourd’hui même.

Dans le cas de Stéréo Pop, le plaisir est centré sur un seul et unique élément : la musique. Avec les animateurs Pierre Lapointe et Claudine Prévost, on parle de musique et on joue de la musique. Bref, on remet la musique, cette grande négligée de notre télévision, sur le piédestal qui lui revient, et on ne s’en sert pas uniquement comme conducteur pour aller aux pauses publicitaires ou comme prétexte à parler de n’importe quoi d’autre. C’est simple, la musique est la grande vedette de Stéréo Pop.

Questions embarrassantes

Chaque semaine, quatre artistes prendront place devant Pierre Lapointe et Claudine Prévost, sur le plateau érigé au Studio Scène Éthique, à Varennes, là où Éric Salvail enregistre son Ce soir tout est permis. Chaque heure est divisée en deux grands volets, qui s’entrecoupent et se chevauchent aisément : un questionnaire original et surprenant et des chansons offertes par les invités, qu’il s’agisse de titres de l’heure, de grands classiques ou de perles cachées. Les personnalités se produisent en solo, en duo ou en groupe. On cherche à créer des moments qu’on ne pourrait pas vivre ailleurs et des jumelages improbables. Cinq prestations sont prévues par émission, une très grande rareté au petit écran.

Dans les questionnaires, les convives devront révéler quelques secrets, fouiller dans leurs souvenirs et, parfois, se creuser la tête pour répondre. Les confidences ainsi recueillies sont uniques et n’ont souvent jamais été entendues ailleurs.

Le mantra à ne pas oublier? «Ce qui se dit à Stéréo Pop reste à Stéréo Pop». Nos idoles peuvent donc se confier sans danger et sans crainte d’être jugés, au fil de questions du genre : Comment fait-on pour chanter une chanson de rupture quand on est en amour? Cinq minutes avant un show, vous pensez à votre look ou à vos chansons? En spectacle, le pire, c’est de fausser ou de fendre ses pantalons? Quand on est connu, est-ce qu’on se donne le droit d’aller au dépanneur en gougounes et avec les cheveux gras? Quel mot revient le plus souvent dans vos chansons? Laquelle de vos chansons voudriez-vous entendre à vos funérailles? Manger du Kraft Dinner toute sa vie ou chanter une pub de Kraft Dinner pour gagner sa vie?

Pour la première édition, Marie-Mai, Dumas, Martine St-Clair et DJ Champion sont au rendez-vous, et proposeront tous un air qui leur colle à la peau. Par exemple, Dumas entonnera son tube Ne me dis pas, et Marie-Mai, sa pièce À bout portant. Cette dernière s’époumonera aussi avec DJ Champion sur No Heaven.

Ce sera la même chose pour Kevin Parent, France D’Amour, Ariane Moffatt et Francis Cabrel la semaine suivante. Chapeau à l’équipe de Stéréo Pop et au duo d’animateurs, qui sont parvenus à délier les langues de Kevin Parent et de Francis Cabrel dans un tel contexte de mise à nu - artistique, on s’entend -, eux qui sont réputés pour ne pas être très bavards.

Quelques bémols

Par contre, la formule de Stéréo Pop n’est pas emballante à tous points de vue. L’ensemble dégage une grande froideur, malgré la beauté du décor aux couleurs vives, qu’on croirait campé directement dans les années 60 ou 70. On est à mille lieues, ici, de l’ambiance survoltée qui règne à La voix ou du cocon réconfortant d’En direct de l’univers. Il manque ce je-ne-sais-quoi, cette étincelle qui rendrait le concept encore plus attachant.

Les questionnaires sont très amusants, mais peut-être un brin trop longs. Alors qu’Un chef à l’oreille, juste avant, nous tient constamment en alerte, Stéréo Pop s’étire à certains endroits. Le rythme aurait gagné à être resserré.

De drôles de choix ont aussi été effectués à certains montages ; on pense notamment à cette prestation de Martine Saint-Clair, sur Ce soir l’amour est dans tes yeux. Devant sa toile de losanges gris et noirs, la chanteuse écope d’un découpage saccadé et agaçant, qui enlève toute crédibilité à son interprétation. Le procédé aurait peut-être mieux convenu à un autre type de morceau, mais pour un texte et une mélodie poignants comme ceux que Martine Saint-Clair livre – avec beaucoup d’ardeur, précisons-le -, un assemblage plus sobre aurait été plus approprié. On devine que l’effet était sans doute désiré, pour créer un contraste, mais c’est plus ou moins réussi.

Néanmoins, il faudra surveiller les différents tableaux musicaux, car le réalisateur de Stéréo Pop, Jean-François Poisson, est un créateur aguerri dans les arts visuels, qui a évolué pendant cinq ans à MusiquePlus, puis à District V, à V. Ninjas, mascottes, forêts enchantées, les trouvailles ne manqueront pas dans ses mises en scène, qu’il fignole avec Sophie Cadieux, et qu’il souhaite à mi-chemin entre le vidéoclip et les concerts devant public.

Mais le plus important à retenir demeure que l’initiative de mettre la musique à l’avant-plan est louable, et on présage déjà quelques bijoux de numéros lorsque se croiseront des artistes aux univers diamétralement opposés. En ce sens, Stéréo Pop ose, et ça vaut la peine d’y jeter un œil, ne serait-ce que pour cette raison.

Stéréo Pop, le vendredi, à 20h, à Radio-Canada, dès aujourd’hui, 11 septembre. Un important volet web complétera l’expérience avec du matériel inédit, et un clin d’œil à Stéréo Pop sera adressé chaque semaine à l’émission Pogopop, animée par Catherine Pogonat, le samedi, à midi, à ICI Musique.

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