POLITIQUE

Le père d'un candidat conservateur organise le scrutin dans son comté

11/09/2015 06:14 EDT | Actualisé 12/09/2015 10:22 EDT
City of Victoriaville/Flickr

MONTRÉAL - Le 19 octobre prochain, Raouf Rayes supervisera l'élection fédérale où son fils se porte candidat.

Raouf Rayes est le père d'Alain Rayes, maire de Victoriaville et candidat conservateur dans la circonscription de Richmond-Arthabaska. Il est également directeur adjoint du scrutin pour le comté.

C'est la troisième fois qu'il occupe ce rôle dans une élection fédérale.

«L’adjoint au directeur du scrutin a pour rôle de seconder le directeur du scrutin dans la gestion du bureau et dans la préparation et la conduite des journées de vote», explique par courriel un représentant d'Élections Canada.

Les décisions finales relèvent toutefois du directeur de scrutin, précise-t-on.

Alain Rayes ne voit pas de problème éthique à cette situation. «Il n'y a aucun conflit d'intérêts, dit-il. Vous avez affaire à quelqu'un qui est là depuis les trois dernières élections, il ne fait que continuer le travail qu'il faisait avant même que je pense à me présenter en politique fédérale.»

«Il ne fait aucunement campagne. Il n'est aucunement impliqué de quelque façon que ce soit», ajoute Alain Rayes.

Au contraire, le candidat conservateur affirme que cette situation est difficile à un niveau personnel. «Il doit rester complètement neutre. Alors, il n'a pas pu venir à mon annonce [de candidature], mon lancement de campagne ni à mon ouverture de local», expose Alain Rayes.

Il précise que le directeur du scrutin de la circonscription, Jacques Alie, a écrit à ses adversaires pour les aviser de la situation; une information validée par Élections Canada.

Dans sa lettre, Jacques Alie écrit: «Au printemps 2015, Élections Canada m’a confirmé par écrit qu’il n’y avait aucun problème à ce que je maintienne M. Rayes au poste de directeur adjoint à la condition qu’il respecte le code de déontologie et qu’il continue de demeurer neutre et impartial vis-à-vis les divers partis politiques».

Il ajoute: «Vous comprenez certainement que M. Rayes ne peut influencer d’aucune façon le déroulement de cette élection. Comme directeur du scrutin, je m’occupe personnellement des liens avec les partis politiques».

De son côté, le porte-parole d'Élections Canada, Pierre Pilon, affirme que l'organisme ne se prononce pas sur les cas individuels.

En cas de contestation, le directeur du scrutin local doit s'assurer de l'intégrité du processus, explique-t-il. Le Commissaire aux élections fédérales pourrait ultimement trancher, si un adversaire ou un citoyen décidait de porter plainte.

Cabale?

Jeudi, Le Huffington Post Québec rapportait qu'Alain Rayes reçoit toujours son plein salaire de maire alors qu'il consacre la majeure partie de ses journées à faire campagne. Pour le maire-candidat, ces informations sont coulées aux médias dans un esprit de «partisanerie mesquine».

«Quand on est en avance, on est la cible de nos adversaires qui cherchent par tous les moyens à nous déstabiliser, affirme-t-il. C'est tout ce qui leur reste pour essayer de me prendre en défaut.»

Mise à jour: Ce texte a été mis à jour pour ajouter des passages de la lettre de M. Alie.

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