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«Le Dernier Loup», l'appel de la nature de Jean-Jacques Annaud (VIDÉO/PHOTOS)

11/09/2015 12:26 EDT | Actualisé 11/09/2015 12:30 EDT

Jean-Jacques Annaud a mis plusieurs fois en scène son amour des grands espaces comme dans La guerre du feu, L’Ours, Au nom de la rose ou Sept ans au Tibet. Le cinéaste français qui vient de signer Le dernier loup était de passage la semaine dernière à Montréal pour aborder les thèmes qui le passionnent toujours. Rencontre.

«Le Dernier Loup»


À bientôt 72 ans, l’homme est chez lui à Montréal. Il connaît très bien la ville pour y avoir séjourné de longues périodes. «Je suis arrivé ici pour la première fois dans les années 1980, lance-t-il confortablement assis sur un fauteuil du salon d’un grand hôtel. C’est ici que j’ai fait toute la préparation du film La guerre du feu. Même si l’on a par la suite tourné dans le nord de l’Ontario, j’étais accompagné par une équipe québécoise.»

Cet infatigable globe-trotter est toujours ravi de revenir faire un tour au pays même si ces derniers temps, c’est la Chine qui accapare toute son attention. D’ailleurs, le réalisateur accompagne la sortie de son nouveau film, Le dernier Loup, une histoire d'amitié sous le régime Mao entre un étudiant pékinois et un loup, tournée en Mongolie intérieure.

«Ce film est un enfant lointain de la Guerre du feu, dit-il. J’aime les espaces vierges et je prends autant de plaisir à traiter des instincts communs entre l’homme et l’animal. J’ai quand même mis sept ans pour réaliser le long métrage. Mais les défis ne m’ont jamais vraiment fait peur. Ils sont plutôt à la base de ma carrière.»

Après la réalisation de Sept ans au Tibet, le cinéaste a été interdit de territoire chinois. Devenu persona non grata, voilà maintenant que son nouvel opus représentera la Chine aux Oscars! «Une délégation chinoise est venue dans mon bureau à Paris pour me proposer le tournage du Dernier loup, explique-t-il. Je n’étais pas certain d’être la bonne personne pour ce genre de projet. Il m’ont alors répondu que la Chine avait changé. Ils m’ont dit qu’ils avaient besoin de moi.»

Le dernier loup est l’adaptation au grand écran du livre, Le totem du loup, qui a eu beaucoup de succès dans les librairies chinoises avec plus de 20 millions de lecteurs. «En plus de raconter une belle histoire, le bouquin est une œuvre militante et politiquement importante puisque c’est le premier à aborder le drame écologique dans l’Empire du Milieu. Je me suis dit que c’était formidable pour moi, car les pages du roman réunissent des sujets qui me touchent.»

Le rapport à l’animal est une corde sensible pour Jean-Jacques Annaud dont certains spécimens sont parfois les vedettes de ses films tels L’Ours ou Deux frères. Pour Le dernier loup, le réalisateur a encore tenu à tourner avec de vrais animaux nécessitant les services de 200 chevaux, de 1000 moutons et de 25 loups.

«Le loup fait partie d’un système que s’il est détruit, nous détruit nous-mêmes. Les Chinois comprennent qu’il y a urgence d’agir. Il y a un mouvement dans ce pays incroyable pour changer les choses au niveau écologique. Vous savez, je suis désespéré de voir, même ici au Canada, des régions entières dévastées par les coupes de bois ou le pétrole. Si l’on continue ainsi, on va tout droit à notre perte.»

Le dernier loup (Wolf Totem) – Film d’aventure – Columbia – 121 minutes – Sortie en salles le 11 septembre 2015 – Chine, France.

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