POLITIQUE

Forces et démocratie est là pour rester, peu importe le résultat électoral du 19 octobre (VIDÉO)

10/09/2015 11:12 EDT | Actualisé 10/09/2015 11:12 EDT

Le jeune parti Forces et démocratie, âgé d’à peine un an, a lancé sa campagne jeudi. Peu importe l’issue du vote aux élections, le chef Jean-François Fortin assure qu’il est là pour rester.

« Je suis persuadé que Forces et démocratie continuera à évoluer comme parti peu importe le résultat électoral et peu importe ma victoire ou non, assure-t-il. Je vais toujours être un défenseur des valeurs mises de l’avant par Forces et démocratie et rester au sein du parti quel que soit le résultat. »

Forces et démocratie a vu le jour en octobre 2014 grâce à Fortin, un ex-député du Bloc québécois, et Jean-François Larose, un ex-député du Nouveau Parti démocratique. La nouvelle formation s’est donnée pour but de redonner le pouvoir aux citoyens et de aux régions.

La députée sortante Manon Perreault, qui a été élue sous la bannière du NPD s’est par la suite jointe aux deux autres transfuges. Elle a fait les manchettes pour avoir été expulsée du NPD après avoir été reconnue coupable de méfaits publics.

Jean-François Fortin pense que ce qui fait la force de son parti, c’est qu’il est « indépendant des députés qui ont joint cette formation politique ». Il pense que Forces et démocratie est un remède nécessaire au cynisme des citoyens.

Ce n’est pas un hasard si le taux de participation aux élections baisse à chaque année, répète-t-il à plusieurs reprises pendant l’entrevue.

« La démocratie est malade présentement, tranche le chef. On met beaucoup d’énergie à rénover les édifices parlementaires, mais dans les faits, le problème est à l’intérieur. La population est déconnectée [de la politique]. »

À son avis, les citoyens veulent un député qui représente leur voix au Parlement avant d’être un représentant de leur parti dans la région. Jean-François Fortin se désole que ses collègues à la Chambre des communes doivent respecter les propositions imposées par leur formation politique sans consulter la population.

« Et c’est ce que je prône depuis le début, c’est-à-dire d’avoir des candidats, peu importe leur allégeance, qui puissent avoir toutes les marges de manœuvre pour bien défendre leur monde. Ça passe par l’abolition de la ligne de parti à mon avis. »

David contre Goliath

Tout comme Option nationale au provincial, Forces et démocratie doit prouver son utilité à Ottawa. Ils comptent environ 5000 membres, surtout au Québec, et devraient présenter une vingtaine de candidats en vue du scrutin du 19 octobre.

Mais aucun sondage ne fait attention au jeune parti et son chef n’a été invité à aucun débat national. Les candidats doivent donc faire preuve d’imagination pour se faire connaître, explique Fortin.

« C’est un combat de David contre Goliath : on a les arguments, on a les convictions, on a de bonnes propositions. Nous, on n’est pas en mode opposition, c’est-à-dire qu’on est prêts à travailler avec tous les partis qui veulent faire avancer la démocratie. »

Forces et démocratie ne s’est pas imposé comme des «chialeux», ce qui lui donne parfois moins de tribunes, croit le chef. « On n’aime pas cette façon de faire de la politique », précise-t-il.

Alors pourquoi devrait-on s’intéresser à un parti qui risque de ne plus siéger à Ottawa très bientôt ? « Nos propositions sont concrètes, imagées, et elles touchent les Québécois », réplique Jean-François Fortin.

« Une cohorte de députés de Forces et démocratie, aussi petite soit-elle, pourrait très bien être la conscience du Parlement. »

Pari risqué

Fortin a été conseiller municipal, puis maire de Sainte-Flavie. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, l’a recruté en 2009 pour ce qu’il croyait être un « sprint électoral ».

Deux ans plus tard, il faisait partie de la cohorte des quatre bloquistes au Parlement. Fortin a claqué la porte du Bloc après l’élection de Mario Beaulieu en juin 2014, pour ensuite former Forces et démocratie quelques mois plus tard.

S’il s’est réjoui du retour de Gilles Duceppe, qu’il admire et apprécie beaucoup, il pense que les Québécois ont envoyé un message clair au Bloc en 2011.

« Je ne pense pas que les Québécois se sont trompés. Ils voulaient que la politique change, il y avait une avenue qui était présentée pour eux qui incarnait ce changement-là [avec le NPD] et donc je crois qu’il faut entendre ce que les gens ont dit. »

Le chef de Forces et démocratie garde le cap malgré la longue campagne électorale. Le slogan « Mettre l’accent sur nos régions » a été dévoilé jeudi et sera décliné en cinq thèmes de sa plateforme.

Le jeune parti veut des réformes démocratiques, une décentralisation du pouvoir et veut permettre aux citoyens de révoquer leurs élus s’ils ne « font pas la job ».

« Donc des belles propositions sensées, imagées, concrètes. C’est comme ça que les gens veulent voir la politique changer. Ce n’est pas par de belles promesses de philosophie - c’est par des propositions qui les aident et qui leur font voir que la démocratie existe. »

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