DIVERTISSEMENT

Kent Nagano s'offre «Pelléas et Mélisande» pour ses 10 ans (PHOTOS)

09/09/2015 12:45 EDT
ANDREAS SOLARO via Getty Images
US director Kent Nagano (L) leads the Bavarian State Orchestra or Bayerisches Staatsorchester during a concert for the Pope at the Paul VI hall in Vatican city on October 22, 2011. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO (Photo credit should read ANDREAS SOLARO/AFP/Getty Images)

Pour marquer sa dixième saison au sein de l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM), le maestro Kent Nagano a choisi de relever un gros défi mardi à la Place des arts avec une version concert de plusieurs heures de Pelléas et Mélisande.

Même si tout le gotha montréalais s’était déplacé hier pour assister au lancement de la 82e saison 2015-2016 de l’OSM, il a fallu bien s’accrocher à son siège pour être capable de tenir la soirée. En effet, Pelléas et Mélisande, unique opéra du compositeur Claude Debussy, s’étale sur cinq actes et 15 tableaux, ce qui représente plus de trois heures au compteur.

Cette transposition du mythe de Tristan et Yseult, véritable chef-d’œuvre du symbolisme signé Debussy et reprise à partir du livret de Maurice Maeterlinck, est une superbe pièce jugée souvent très difficile à réussir alternant entre théâtre et opéra, et ce, sans réel système musical. Afin de faciliter les choses, l’OSM a expurgé toute mise en scène afin de privilégier les voix lyriques.

Ce qui n’est pas une mauvaise décision en soi puisqu’en ce qui concerne la distribution, l’excellence était hier au rendez-vous. En belle Mélisande, Hélène Guilmette a fait preuve d’une présence lumineuse et fragile à la fois. Pelléas, son compagnon d’infortune, joué avec passion par le Suisse Bernard Richter, a quant à lui offert une prestation romantique presque juvénile qui n’a pas manqué de charme.

Un petit bémol au baryton Philippe Sly dont la voix du jaloux Golaud aurait facilement pu se confondre à celle de l’interprète de Pelléas. Il manquait ici peut-être un peu plus de colère, de violence et de conviction dans l’intonation. Par contre, il n’y a rien à redire sur Florie Valiquette. La soprano, dotée d’un sens de la langue et de la phrase tout à fait ravissant, a semblé prendre bien du plaisir à incarner l’innocent Yniold, fils du terrible Golaud.

Sans jamais dépasser la fugacité originelle de cet anti-opéra assez complexe, les musiciens dirigés par Ken Nagano ont visiblement tenu à avantager les voix tout en accompagnant les soubresauts sentimentaux des protagonistes, en particulier lorsque se profile à l’horizon la tempête sonore des futurs règlements de compte. Car sous ses allures de légèreté et de flirt amoureux, Pelléas et Mélisande est au contraire, une tragédie qui invite au respect. Et c’est tout à l’honneur de l’orchestre d’en avoir su rappeler l’évidence.

L’OSM en tournée

Le concert inaugural a été l’occasion d’annoncer plus tôt en journée une tournée américaine au printemps 2016 pour Kent Nagano et sa troupe. Les pianistes Daniil Trifonov et Maria João Pires seront les solistes qui accompagneront l’Orchestre dans des œuvres de Prokofiev et de Beethoven. Des programmes présentant notamment Le sacre du printemps et L’oiseau de feu de Stravinsky seront aussi au programme.

Du 14 au 26 mars, dix concerts seront donc prévus dans les grandes villes de l’Est et Ouest des États-Unis comme Boston, Washington, Chicago, San Diego ou Berkeley, ville natale du maestro.

Pelléas et Mélisande, en reprise ce soir à 20 h, à la Maison symphonique.

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