POLITIQUE

Élections fédérales 2015 / Livraison à domicile: Postes Canada doit mettre fin à son arrogance, dit Gilles Duceppe

09/09/2015 08:48 EDT | Actualisé 09/09/2015 10:17 EDT

Il n'ira pas jusqu'à sortir le marteau-piqueur comme l'a fait le maire de Montréal, Denis Coderre, mais le chef du Bloc québécois espère bien contribuer à la démolition du plan de Postes Canada concernant la livraison du courrier à domicile.

La société de la Couronne doit mettre fin à l'installation "sauvage" de ses boîtes postales communautaires, a sommé Gilles Duceppe. "Aucune urgence ne justifie une telle précipitation. Postes Canada est une entreprise rentable", a plaidé le leader bloquiste.

Et plutôt que de brandir un marteau-piqueur pour s'opposer au projet, les citoyens devraient prendre leur crayon pour faire une croix à côté du nom de leur candidat bloquiste lorsqu'ils se trouveront dans l'isoloir le 19 octobre, a insisté le chef de la formation indépendantiste.

"Je pense que les élections sont une façon plus efficace que le marteau-piqueur de dire à Postes Canada: 'Ça suffit les folies là, assoyons-nous, discutons sérieusement de cette question'", a conseillé Gilles Duceppe en point de presse dans un parc de Montréal, mercredi matin.

Il n'a lui-même pas davantage l'intention de s'improviser col bleu comme l'a fait il y a environ un mois le premier magistrat de Montréal, qui a joué du marteau-piqueur sur une dalle de béton que la société de la Couronne avait coulée dans un parc éconature en vue de l'installation de boîtes aux lettres collectives.

"Je suis très malhabile, très mauvais menuisier ou travailleur manuel, sauf en cuisine... et je n'ai pas de marteau-piqueur", a-t-il lancé à la blague, refusant de se prononcer directement sur la légalité du geste qu'a posé Denis Coderre, qu'il doit rencontrer lundi prochain dans le cadre de la campagne électorale.

Et ce sera en tant que partenaire, non en tant qu'ancien adversaire politique aux Communes, que Gilles Duceppe s'assoira avec le maire de la métropole pour discuter des demandes contenues dans la traditionnelle liste d'épicerie dévoilée par M. Coderre dans le cadre de la campagne.

"Depuis qu'il est maire, on a collaboré sur des projets, on s'est parlé assez fréquemment. C'est notre maire, c'est mon maire! Et je pense qu'il fait un bon travail", a dit celui qui espère reconquérir la circonscription de Laurier_Sainte-Marie, qui lui a été ravie en 2011 par la néo-démocrate Hélène Laverdière.

M. Duceppe a rappelé que plusieurs municipalités et grandes villes du pays, incluant la métropole québécoise, s'opposent au plan quinquennal que déploie actuellement la société de la Couronne et qui prévoit entre autres la disparition du service de livraison du courrier à domicile.

"Prenons le temps d'étudier toute cette question en comité parlementaire et commençons par convoquer les dirigeants de Postes Canada en les obligeant à écouter les maires de nos villes et les citoyens. Leur arrogance va en prendre un coup", a-t-il tonné.

Une délégation bloquiste à la Chambre des communes se chargerait d'asséner le coup en exerçant des pressions afin de faire reculer la société de la Couronne et rétablir le service si les communautés concernées en manifestent le souhait, a soutenu M. Duceppe, rappelant les exploits passés des députés en cette matière.

"Le Bloc a obtenu l'imposition d'un moratoire à la fermeture des bureaux de poste en région, et à chaque fois que Postes Canada revenait à la charge (...), le Bloc québécois faisait reculer le gouvernement", a-t-il fait valoir.

Le chef bloquiste consacrera une partie de cette 39e journée de campagne, qui marque précisément la moitié de ce marathon électoral de 78 jours, à des rencontres privées avec divers groupes et intervenants, dont certains issus du milieu des affaires, selon son équipe de campagne.

Il doit également accorder une entrevue médiatique sur le dossier du péage sur le pont Champlain en direct de son autobus de campagne en pleine heure de pointe, alors que le véhicule se trouvera sur la traverse qui enjambe le fleuve Saint-Laurent.

Soirée "Un artiste à votre table"

En soirée, plusieurs personnalités et une poignée de députés du Parti québécois, dont le nouveau leader parlementaire Bernard Drainville, ont participé à un souper-bénéfice dans la circonscription de Longueuil_Saint-Hubert, où se présente l'acteur Denis Trudel.

Les comédiens Luc Picard, Danielle Proulx, Pierre-François Legendre, Christian Bégin, François Papineau, Mario Saint-Amand et Lucie Laurier _ qui a songé pendant un moment se présenter sous la bannière du Bloc _ étaient notamment de la partie.

La plupart de ces artistes ont dit avoir accepté l'invitation principalement pour soutenir la démarche de leur collègue et ne sont pas allés jusqu'à appuyer publiquement le Bloc québécois. D'autres l'ont fait sans réserve.

"Je suis souverainiste, donc il est hors de question que je donne mon vote à qui que ce soit d'autre qu'à des souverainistes qui vont défendre le Québec", a résumé Mme Laurier, qui avait décidé de ne pas se lancer dans l'arène politique pour des raisons professionnelles.

Et malgré les difficultés qu'éprouve actuellement le Bloc québécois dans les intentions de vote, le Bloc pourrait tirer son épingle du jeu au scrutin du 19 octobre. "Je pense qu'il y a quand même un certain élan avec le retour du chef (Gilles Duceppe)", a fait valoir Mme Laurier.

M. Duceppe s'est réjoui de la présence de plusieurs membres de la communauté artistique québécoise. Le leader bloquiste, qui a prononcé un discours au courant de la soirée, a dit croire que de tels appuis peuvent faire gagner des points à sa formation politique.

"Je pense que oui. Quand les artistes prennent la peine de venir appuyer un candidat du Bloc qui est un des leurs, j'en suis heureux, ça va de soi", a offert M. Duceppe en mêlée de presse avant le souper, qui a réuni environ 150 personnes.


Les promesses de la campagne électorale


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