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«Pour Sarah» à TVA : le pire cauchemar d'un parent

08/09/2015 05:51 EDT | Actualisé 09/09/2015 09:25 EDT
Courtoisie TVA

C’est le cauchemar de tout parent. Un appel, un policier qui frappe à la porte. «Bonjour, vous êtes bien le père, la mère de…?» Puis, les questions, la peur, l’angoisse, l’inquiétude.

Ce scénario d’horreur, celui d’un party qui tourne mal, est le point de départ de la série Pour Sarah, nouveauté qui devrait émouvoir nombre de téléspectateurs le lundi, à 21h, à TVA, dès le 21 septembre.

L’auteure Michelle Allen (Vertige, Destinées) et le réalisateur Éric Tessier (O’, Les Pee-Wee 3 D) font équipe pour donner corps à cette fiction inspirée d’une histoire vraie (voir plus loin pour explications), et incarnée par un brillant noyau d’acteurs, formé de Marianne Fortier, Hélène Florent, Sylvain Marcel, Patrice Robitaille, Brigitte Lafleur, Emmanuel Bilodeau et plusieurs nouveaux visages qu’on découvrira avec bonheur. Encore Télévision et Duo Productions produisent.

Fête qui dégénère

Le premier épisode de Pour Sarah s’ouvre alors que c’est la fête. On célèbre en grand l’anniversaire de 18 ans de Cédric (Félix-Antoine Duval, dans un premier grand rôle). Tous les amis de l’adolescent sont présents, y compris sa grande copine d’enfance, Sarah (Marianne Fortier), mais pas de parents dans le décor.

Cédric et Sarah sont, en apparence, les enfants rêvés, charmants, polis, bien éduqués. Champion de football, Cédric vient d’être repêché par une prestigieuse université américaine et fait la fierté de son père, Donald (Patrice Robitaille). Sarah, elle, se dirige vers une année sabbatique après son secondaire et entretient de bons rapports avec sa mère, Judith (Hélène Florent) et son père, Luc (Sylvain Marcel). Toute l’intrigue se passe dans la banlieue de Pont-Viau, dans la couronne nord de Montréal.

«Les gens vont s’identifier à ces jeunes-là, indique Michelle Allen. Ils ne sont pas dans le fond de la cuve. Cédric est la coqueluche de son école, et sa vie va peut-être mal tourner parce qu’il a fait une connerie. L’idée, c’était de montrer une classe de gens ordinaires, pas défavorisés ou très favorisés. Ils n’ont pas de moyens exceptionnels. Ils ne peuvent pas prendre deux ans off du travail et être certains que l’argent va entrer quand même. Ce sont des gens ordinaires, qui n’ont pas plus de ressources que les autres, qui doivent se débattre avec la réalité.»

L’alcool coule abondamment à la petite réunion festive. Puis, sans qu’on sache, pour l’instant, ni comment, ni pourquoi, Cédric et Sarah empruntent une voiture de luxe trouvée dans le garage de la maison. Faisant fi du taux élevé d’alcoolémie dans leur sang, ils partent ensemble pour une petite balade. Et l’irréparable arrive. On retrouve les deux jeunes grièvement blessés sur les lieux de l’accident.

Plusieurs questions

Dès lors, les questions s’enchaîneront et teinteront Pour Sarah d’une aura de suspense, en plus du drame que les deux familles devront surmonter, car Sarah demeurera lourdement handicapée, et des batailles médicale, juridique et émotive découleront des événements : que s’est-il passé exactement? Pourquoi Cédric et Sarah sont partis avec l’auto? Comment ont-ils mis la main sur les clés? Qui conduisait? Tout le monde deviendra coupable à sa façon, même si le malheur n’est la faute de personne. On revivra la soirée fatidique à travers le point de vue des différents personnages. Les familles des deux gamins, très unies jusque-là, s’entredéchireront inévitablement dans la foulée de l’incident. On peut même supposer qu’un couple pourrait éclater.

«Tout est en place pour que ça brasse, avance Michelle Allen en guise d’indice. Tout le monde va porter une partie de la responsabilité… C’est une petite erreur qui a des conséquences énormes.»

Le mystère s’élucidera peu à peu au fil des 10 épisodes. La porte n’est pas fermée à une deuxième saison de Pour Sarah, mais si tel est le cas, il faudra trouver une façon d’allonger la trame établie dans le premier chapitre, alors que toutes les réponses auront été apportées à la dernière heure.

«L’élément déclencheur, un party qui tourne mal, ça existe, signale Suzane Landry, directrice principale de la programmation de TVA. Ce sont des histoires vraies. Ce que ces parents vivent est universel.»

D’après la réalité

La tragédie de Pour Sarah, le producteur François Rozon, d’Encore Télévision, l’a vécue. En juillet 2010, sa fille Justine, alors âgée de 16 ans, prenait place dans la voiture d’un garçon qu’elle connaissait peu, au terme d’une sortie au Café Campus avec des amis, en direction de Ville Mont-Royal.

Une vitesse élevée, une fausse manœuvre, et l’impact été brutal pour Justine Rozon, assise à l’arrière avec ses copines. L’adolescente a perdu ses intestins et est nourrie par intraveineuse depuis ce temps. Elle a reçu il y a quelques mois une greffe d’intestins, mais doit composer avec les réactions de rejet opposées par son corps, un problème fréquent dans les situations de don d’organes.

Le cas a fait couler beaucoup d’encre, et Claudia Di Iorio, l’une des autres victimes de la bourde du conducteur, a témoigné dans le documentaire de Paul Arcand, Dérapages. Justine Rozon, elle, n’est pas tellement à l’aise avec les caméras et préfère rester dans l’ombre. Elle n’a jamais accordé d’entrevues.

Lorsque Michel D’Astous, de Duo Productions, et François Rozon, ont échafaudé le projet de créer une série ensemble, ce dernier a timidement proposé l’idée de partir de l’épreuve de sa grande fille pour élaborer une courbe dramatique. Mais attention, l’histoire de Sarah n’est pas directement copiée, calquée sur celle de Justine Rozon. François Rozon ne voulait pas présumer des émotions ressenties par les autres jeunes, les autres parents impliqués dans l’accident de sa fille. Par contre, certaines images, comme celle où Sarah apprend à se nourrir par intraveineuse ou à se laver les cheveux après un long séjour à l’hôpital, et la complicité père-fille évoquée dans plusieurs scènes, se dégagent de moments réellement vécus par le producteur.

«Au début, on était très proches de la réalité, et je trouvais ça insupportable, relate François Rozon. Ça implique tellement de monde que c’est délicat ; tu as ta vision personnelle des événements, mais les autres personnes impliquées ne le voient pas nécessairement de la même façon. Je m’en suis tenu à comment moi, je voyais les choses, en intercalant avec des tranches de fiction. Je trouvais que c’était essentiel de prendre une distance.»

«On espère que les gens qui ont vécu ça vont se reconnaître, continue François Rozon.

Reconnaître des émotions et se sentir normaux. Car c’est une situation qui sort de l’ordinaire. Par exemple, ça m’est arrivé de me sentir jaloux des autres patients, qui étaient mieux que ma fille.

Pourquoi, c’était ma fille, la pire? Après, je me sentais coupable d’avoir pensé ça. Il y a plein de choses, comme ça, que Michelle Allen a su bien rendre.»

«On essaie d’aller vers la vraie vie, que ce soit réaliste», ajoute de son côté le réalisateur, Éric Tessier, mentionnant au passage que toutes les scènes d’hôpitaux ont été filmées dans un centre de réadaptation.

«J’espère qu’on va réussir à bien transmettre notre réflexion, lance François Rozon en guise de conclusion. Il n’y a pas de gentils ou de méchants. Il faut juste prendre conscience que ça peut arriver à n’importe qui, si on fait une connerie, même si on est une bonne personne. On peut finir en prison et faire beaucoup de mal autour de soi. Même si tu es un bon petit gars, une bonne petite fille, si tu sautes la clôture un soir, ça peut avoir un gros impact…»

Le tournage de Pour Sarah s’est échelonné sur une soixantaine de jours, à Montréal – notamment dans le quartier Villeray -, Laval, Repentigny et Charlemagne.

pour sarah

Les personnages vus par leurs interprètes

Marianne Fortier – Sarah

«Sarah est la fille qu’on voudrait tous avoir comme amie. Sportive, toujours de bonne humeur, c’est un rayon de soleil. Elle a une tête sur les épaules et est un peu plus mature que la moyenne des jeunes de son âge. Elle est enfant unique, alors elle a appris à être avec des personnes plus vieilles. Mais elle cache des choses à ses parents, on va le découvrir au fil des épisodes, et on va aussi comprendre que sa mère sait des choses que son père ne sait pas, et vice-versa. Elle filtre l’information! (rires) Elle connaît bien ses parents.

Je n’ai jamais rencontré Justine Rozon, mais j’ai parlé à Monsieur Rozon, qui m’a donné des détails sur ce qu’ils ont vécu et qu’on ne peut pas imaginer, de l’extérieur. Par exemple, comment elle se sentait la première fois qu’elle a lavé ses cheveux. Mais j’essaie de garder une certaine distance de la vraie histoire, parce que ce n’est pas ça qu’on reproduit. C’est la prémisse, mais on s’en éloigne aussi. Ce n’est pas un récit collé au réel.»

Félix-Antoine Duval – Cédric

«Cédric est le typique golden boy qui a tout pour lui. Les filles lui courent après, il réussit bien à l’école, il a un bel avenir devant lui. Mais l’accident de voiture viendra contrecarrer ses plans. Il va beaucoup nier, il n’y croira pas, mais des briques vont lui tomber sur la tête, et ça va devenir concret. Cédric et Sarah sont des amis d’enfance, ils ont vécu beaucoup de trucs ensemble, intimes et amicaux. Au moment où la série commence, c’est beaucoup plus clair pour lui que pour elle : lui éprouve des sentiments envers elle, mais elle, pas nécessairement. Elle a autre chose en tête.»

Hélène Florent – Judith, la mère de Sarah

«Judith et Sarah sont très proches. Judith a beaucoup d’ouverture face à sa fille, elle a confiance en elle et elle la trouve mature pour son âge, contrairement à son mari, qui la couve encore beaucoup. Suite à l’accident, elle va découvrir beaucoup de choses sur Sarah, ce qui la bouleversera énormément.

Aussi, Judith travaille à planifier des spectacles pour une petite compagnie de théâtre. Elle se pose des questions par rapport à ses choix de vie. Elle n’est pas si heureuse dans son travail, ni dans son couple. La fatigue, la tristesse et la peur qui découleront de l’accident de sa fille la rendent vulnérable et n’apporteront rien de bon dans sa relation avec son mari. Les couteaux voleront bas! Judith fait beaucoup de projection sur son mari quant à ses propres angoisses, elle cherchera à mettre la faute sur les épaules de quelqu’un. Son monde s’écroule sous ses pieds.»

Sylvain Marcel – Luc, le père de Sarah

«Luc est un papa poule, qui sera beaucoup en réaction par rapport à l’accident, mais qui est en profonde interaction avec sa fille. Une grande complicité va s’installer entre eux. Je suis content de jouer ça, car moi, je n’ai eu que des fils dans ma vie, j’en ai quatre! J’ai dit à Marianne que j’allais en profiter, que j’allais la gâter (rires). Luc travaille dans la rénovation.»

Patrice Robitaille – Donald, le père de Cédric

«Donald est débosseleur, il est amoureux d’Annie, et son meilleur ami, c’est Luc, le père de Sarah. Il s’entend aussi très bien avec Judith. Ce sont deux couples d’amis. La mère de Cédric n’est pas du tout dans le décor. Donald va vivre l’accident très difficilement. C’est un père qui avait beaucoup de projets pour son fils. Il avait de belles aspirations et de grands rêves pour lui, mais tout ça va s’envoler. Et ça va beaucoup ébranler sa vie de couple, et ses amitiés. Un important malaise va s’installer entre les deux couples.»

Brigitte Lafleur – Annie, conjointe de Donald et belle-mère de Cédric

«Annie est en couple avec Donald depuis neuf ans, ils vivent une relation sérieuse et sont en démarche pour avoir un enfant ensemble à l’aide de la fécondation in vitro. Donald élevait son fils seul jusqu’à ce qu’Annie arrive, et elle a pris une place importante dans ce duo père-fils. Les parents de Sarah sont les meilleurs amis d’Annie et Donald.

Le fait d’être une belle-mère, dans cette histoire, fera en sorte qu’Annie sera plus «objective» que les parents. Elle aimerait que la vie puisse continuer, dans la mesure du possible, malgré le drame. Elle tentera que son amitié avec Judith ne soit pas entachée.»

Alyssa Labelle – Manu, amie de Sarah

«Manu est l’une des meilleures amies de Sarah. Elle a un fort caractère, elle est fonceuse et ambitieuse, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais elle a un très bon fond, elle aime ses amis, elle aime Sarah. Elle est amoureuse de Cédric ; ce n’est pas avoué, mais tout le monde le sait, autour d’elle. Manu sera très affectée par l’accident, parce qu’elle est bouleversée par ce qui arrive à Sarah, mais puisqu’elle est amoureuse de Cédric, elle se demande à qui elle doit donner son amitié dans la foulée des événements.»

Romane Denis – Lola, amie de Sarah

«Lola est une très, très bonne amie de Sarah. Elle est présente le soir du party, mais très saoule! Elle est la seule qui n’a absolument rien à se reprocher. Elle est complètement innocente, là-dedans. Ce n’est pas qu’elle est naïve, mais elle voit le bon dans chaque personne qu’elle rencontre. Elle, son but, dans toutes ces péripéties, c’est de protéger Sarah et d’être certaine qu’elle va s’en sortir indemne psychologiquement. C’est elle qui la ramène vers le haut, pour ne pas qu’elle désespère et aille vers la noirceur. Lola pousse Sarah à être heureuse. Elle est comme une petite fée, très protectrice.»

Guillaume Gauthier – Guillaume, ami de Sarah

«Guillaume est un gars qui ne l’a pas facile, dans la vie. C’est le meilleur ami de Cédric qui, lui, réussit super bien. Une jalousie s’installe entre eux. Guillaume doit prendre soin de son père, il n’a pas beaucoup de succès à l’école, il fume du pot. Même s’il est rempli de bonnes intentions, ça finit toujours par mal aller, pour lui. Sa vie est un peu croche, mais il a bon cœur. Guillaume est le seul à connaître toute la vérité sur l’accident, il sait ce qui s’est passé et, tout au long de la série, il devra cacher des choses et en révéler d’autres. Ce sera un gros défi pour lui, de passer à travers ça.»

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