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Le Bloc ouvert à une coalition avec tous, sauf Harper

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GILLES DUCEPPE
CP
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Si un gouvernement minoritaire était élu le 19 octobre, le Bloc québécois offrirait son appui à une coalition avec les néo-démocrates ou les libéraux, mais vraisemblablement pas avec les conservateurs, a prévenu lundi Gilles Duceppe.

Le leader bloquiste considère que les choses ont beaucoup changé depuis 2004, à l'époque du gouvernement libéral minoritaire de Paul Martin, alors qu'il avait signé un pacte avec son homologue conservateur, Stephen Harper, et le défunt chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton.

Car après avoir vu M. Harper à l'oeuvre comme dirigeant d'un gouvernement majoritaire à la Chambre des communes, le chef du Bloc québécois dit ne plus voir "les points qui rapprochent" son parti et les conservateurs.

Et pour ce qui est d'un possible appui à une coalition avec le NPD ou le Parti libéral du Canada (PLC), "on verra", mais le Bloc ne fera "de chèque en blanc à personne", a soutenu M. Duceppe en point de presse à Montréal, lundi.

Il l'a réitéré avec davantage de vigueur encore un peu plus tard, dans l'auditorium surchauffé d'une école située dans la circonscription de Laurier_Sainte-Marie, où s'étaient massés les quelque 700 militants et candidats bloquistes ayant convergé dans la métropole pour assister au conseil général électoral de leur parti.

"Dans un contexte probable de gouvernement minoritaire, on a tout à gagner en donnant la balance du pouvoir au Bloc québécois à Ottawa, mes amis", a-t-il lancé sous les applaudissements nourris de ses partisans.

Cette phrase _ "On a tout à gagner" _ risque de revenir souvent dans les discours de Gilles Duceppe dans les semaines qui mèneront au scrutin du 19 octobre, puisque c'est le slogan que le Bloc a choisi d'adopter pour cette campagne électorale.

Le chef bloquiste l'a scandé à maintes reprises tout au long de son allocution, qui aura duré environ une vingtaine de minutes. Il a aussi profité de sa tribune pour attaquer sans ménagement son principal adversaire au Québec, le NPD de Thomas Mulcair.

"Le NPD s'est montré incapable de freiner, incapable de limiter les pertes pour le Québec", a-t-il déploré sur la scène, entouré des candidats des 78 circonscriptions de la province.

"Les néo-démocrates disent que ça prend du changement. C'est rare, mais oui, je vais le dire avec eux, ça prend du changement. Et pour le Québec, le changement, c'est de passer du orange au bleu, du NPD au Bloc québécois. C'est ça, le vrai changement", s'est exclamé M. Duceppe.

Confirmant le virage plus indépendantiste amorcé sous la houlette de son prédécesseur, Mario Beaulieu, il s'est attardé à énumérer ce que l'indépendance permettrait au Québec de réaliser comme gains, que ce soit sur le plan du rayonnement de la culture ou de la protection du système de gestion de l'offre.

Le chef s'est évidemment attardé à l'un des principaux chevaux de bataille du Bloc québécois depuis le début de la campagne, soit l'opposition aux projets d'oléoduc comme Énergie Est, qui vise à acheminer le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

"Nous déciderons nous-mêmes des oléoducs qui passent ou non sur notre territoire. C'est pas vrai qu'on va laisser Calgary et Ottawa décider ce qui se passe sur le territoire québécois; c'est l'Assemblée nationale du Québec et seulement l'Assemblée nationale du Québec!"

Le slogan "On a tout à gagner", qui succède au "Parlons Qc" de 2011, se retrouvera sur les pancartes bleues que les candidats avaient reçues dans la nuit de dimanche à lundi, qui devraient commencer à fleurir dans les rues des 78 circonscriptions du Québec très prochainement.

Et les candidats ont hâte de s'afficher et d'entamer cette nouvelle étape de la campagne, contrairement à ce que l'on pourrait croire en constatant la faiblesse du parti dans les intentions de vote, a assuré leur chef lorsqu'on lui a posé la question en matinée.

"Ils sont très, très motivés", a-t-il lancé lorsque la question lui a été posée, alléguant du même souffle que les candidats bloquistes sont plus présents que leurs adversaires des autres partis sur le terrain.

"Et d'autre part, il reste six semaines à la campagne. C'est plus long qu'une campagne habituelle, alors j'ai bien confiance qu'on va convaincre les gens", a insisté M. Duceppe.

Le conseil général électoral du Bloc québécois se tient au jour 37 de cette longue campagne électorale fédérale d'une durée totale de 78 jours, alors que la mi-parcours approche à grands pas.

Le rassemblement a été l'occasion d'adopter la plateforme électorale et le cadre financier de la formation indépendantiste, ce qui s'est fait à huis clos en début d'après-midi.

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