Quatre idées de l'IEDM pour la santé: 3- Un système de santé mixte

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L’Institut économique de Montréal (IEDM) a conçu un court documentaire présentant quatre propositions destinées à réformer le système de santé québécois. Le Huffington Post Québec présente ici une série de quatre capsules, chacune accompagnée des commentaires de Yanick Labrie, économiste à l’IEDM, ainsi que de Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS, qui opposent ainsi leurs visions du système de santé québécois.

Les quatre idées défendues par l'IEDM:
- Le financement à l'activité pour les hôpitaux
- L'assurance privée duplicative
- Un système de santé mixte
- La liberté de choix des patients

Le système de santé mixte selon Yanick Labrie, de l'IEDM

Un système de santé mixte, c’est quoi?

La pratique médicale mixte permet au médecin d’œuvrer à la fois dans les secteurs public et privé. Cette réforme est complémentaire aux autres réformes mentionnées avant. Si vous n’avez pas de main-d’œuvre pour une clinique privée, même si vous avez des patients assurés qui s’y intéressent, vous ne pourrez pas opérer. On n’autorise que les radiologistes actuellement, ce n’est pas possible pour les autres spécialistes, sauf pour quelques exceptions comme la chirurgie esthétique. Un chirurgien orthopédique doit délaisser complètement le public s’il veut aller au privé.

C’est une particularité canadienne. Ailleurs dans l’OCDE, la pratique mixte est bien présente, même dans des pays réputés «généreux» comme les pays scandinaves. Les médecins ont un quota minimum à faire au public, ensuite ils peuvent travailler dans le privé. Pourquoi se priver d’une telle ressource, rare et coûteuse à former?

Que peut-il apporter au système de santé selon vous?

On est à la traîne dans l’accès à l’hospitalisation et dans les temps d’attente. On obtient plus de ressources et plus d’heures de travail avec un système mixte. En 2009, nous avions fait enquête pour savoir combien d’heures un médecin serait prêt à effectuer en-dehors du service public. Un peu moins de la moitié des médecins étaient prêts à faire des heures supplémentaires. Ils étaient prêts à offrir quatre heures de plus par semaine et presque la même chose les soirs et les fins de semaine. Le calcul que nous avions fait, c’est qu’en cumulant les heures, nous nous privions, par exemple, de la pratique de 790 médecins à temps complet en semaine.

Il s’agit d’une main d’oeuvre accessible et déjà formée, mais restreinte au réseau public.

Le système de santé mixte selon Guillaume Hébert, de l'IRIS

Quelles sont les conséquences d’un système de santé mixte?

L'arrêt Chaoulli, par la Cour suprême du Canada, exigeait de revoir l'interdiction de l'assurance privée duplicative. Il ne faut pas oublier que l'une des raisons pour laquelle elle parvenait à cette conclusion, c'est que le système public doit être protégé et que l'une de ces protections est la non-mixité de la pratique médicale. La cour reconnaissait ainsi que reculer sur cette disposition mettrait en péril le régime public.

Avec un système mixte, on met plus de ressources à la disposition des gens qui ont de l’argent. C'est un système à deux vitesse, une pour les riches, une pour les pauvres. On dit que ça va désengorger le système public, mais on y enlève des ressources. Philippe Couillard avait par ailleurs rejeté cette idée sur cette base alors qu’il était ministre de la Santé et des Services sociaux. On n’a jamais réussi à démontrer que mieux utiliser le système actuel requiert davantage de privatisation et donc de fragmentation. Cette avenue risque plutôt d'augmenter le gaspillage. Au contraire, régler un système tel que la sous-utilisation des salles d'opération rend nécessaire une meilleure coordination au sein du réseau plutôt que de construire des nouvelles ressources privées en marge du système public.

Un autre argument souvent entendu prétend que la hausse de rémunération des médecins les incitera à travailler davantage. C’est un postulat idéologique pour l’IEDM qui tient pour acquis que les médecins voudront nécessairement maximiser leur richesse. Or, ce qu’on a vu dans les dernières années, avec une hausse des salaires, c'est que les médecins sont davantage intéressés à réduire leur charge de travail.

Les quatre idées défendues par l'IEDM:
- Le financement à l'activité pour les hôpitaux
- L'assurance privée duplicative
- Un système de santé mixte
- La liberté de choix des patients

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