Quatre idées de l'IEDM pour la santé: 4- La liberté de choix des patients

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L’Institut économique de Montréal (IEDM) a conçu un court documentaire présentant quatre propositions destinées à réformer le système de santé québécois. Le Huffington Post Québec présente ici une série de quatre capsules, chacune accompagnée des commentaires de Yanick Labrie, économiste à l’IEDM, ainsi que de Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS, qui opposent ainsi leurs visions du système de santé québécois.

Les quatre idées défendues par l'IEDM:
- Le financement à l'activité pour les hôpitaux
- L'assurance privée duplicative
- Un système de santé mixte
- La liberté de choix des patients

La liberté de choix des patients selon Yanick Labrie, de l'IEDM

La liberté de choix des patients, c’est quoi?

Les réformes s’imbriquent, la liberté de choix s’inscrit dans la même logique. Ici, le patient devient la source de préoccupation première. C’est lui qui détermine où il veut aller dans le réseau. Il a la possibilité d’aller dans le privé ou le public, il n’est pas confiné. Dans la loi présentement, rien n’interdit à un patient d’aller se faire traiter ailleurs. Mais en pratique, il n’y a pas d’information sur les temps d’attente ou sur les spécialisations des médecins dans les autres endroits.

Quand on regarde les expériences à l’étranger, deux d’entre elles me sautent aux yeux. Le Danemark et l’Angleterre. L’Angleterre, depuis le début des années 2000, donne des options au patient qui rencontre son omnipraticien. Il a quatre options, dont une du secteur privé. Cela met en concurrence les établissements (si le financement à l’activité a été instauré). On note que les temps d’attente en Angleterre ont fondu, ils ont diminué de 60% pour les chirurgies électives depuis 2002.

Que peut-elle apporter au système de santé et aux patients?

Quand on regarde ailleurs, ce qui est impressionnant, c'est que dans les médias, à la fin des années 90, on avait énormément de reportages sur les temps d’attente, sur les gens privés de soins. Ça s’est transformé dans les 10 dernières années. Comme au Danemark, où on a commencé une réforme en 1993. Mais c'est vraiment au début des années 2000 qu'on y a pris une autre tournure avec une garantie d’accès de deux mois à l’intérieur du réseau public, à défaut de quoi vous avez l’option d’aller au privé, et même à l’étranger, le tout financé par l’État. En 2007, on a diminué à 30 jours la limite tolérée pour les temps d'attente.
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Parfois, des principes prennent le dessus sur le pragmatisme. Il faut voir quelle est l’évidence. Est-ce qu’on a des meilleurs résultats ailleurs?

La liberté de choix des patients selon Guillaume Hébert, de l'IRIS

Doit-on revoir la liberté de choix des patients?

Habituellement, c’est moins un problème de choix du médecin, qu’un problème d’accès à des soins. Je n’ai pas la même lecture que l’IEDM, voulant que le patient soit pris en otage. Dans la vidéo (au haut de l’article), on voit le fameux classement des systèmes de santé qui laisse entendre que le Canada est dernier, ce qu’il n’est pas vraiment. Il est au 25e rang, mais il y en a bien d’autres en-dessous.

Quand on regarde les critères du classement, on voit qu’il accorde autant d’importance à la question du choix des patients qu’à celle des résultats ou de la qualité des soins. C’est un choix assez lourd. Je ne suis pas certain que les gens mettraient ces deux choses sur un même pied. Juger de la qualité d’un système, c’est vraiment difficile, il faut rester critique par rapport à ce genre de classements. Quand on regarde les résultats en termes de qualité des soins, le Canada est largement au-dessus de la moyenne. Qu’est-ce qui est le plus important, avoir le choix ou avoir la qualité?

C’est vrai que la machine peut être difficile sur le plan de l’information. Mais si c’est ça qu’on veut améliorer, le privé, pour moi, pose plus de problèmes que de solutions. Dans le système public, on peut améliorer les choses et se battre pour avoir accès à l’information. Nous avons des droits. Quand on se bute dans une démarche au privé, vous n’avez aucun droit à l’information. En termes d’information, la solution ne se trouve pas au privé.

Les quatre idées défendues par l'IEDM:
- Le financement à l'activité pour les hôpitaux
- L'assurance privée duplicative
- Un système de santé mixte
- La liberté de choix des patients

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