POLITIQUE

Vancouver, première ville canadienne à réglementer les dispensaires de cannabis

24/06/2015 06:35 EDT | Actualisé 24/06/2015 06:36 EDT
ASSOCIATED PRESS
A man rolls a marijuana cigarette as a large group gathered near the New Jersey Statehouse to show their support for legalizing marijuana Saturday, March 21, 2015, in Trenton, N.J. The event drew a diverse crowd of roughly 200 people. Many said they wanted to show their support for legalizing or decriminalizing pot, while others said it should only be given to people with medical conditions that could be eased by the drug. Several people were openly smoking the drug during Saturday's rally, but apparently none were arrested. (AP Photo/Mel Evans)

Vancouver est devenue la première municipalité canadienne à réglementer les dispensaires de cannabis _ et ce, malgré l'opposition féroce du gouvernement fédéral. Selon le maire Gregor Robertson, cette décision était nécessaire étant donné l'absence d'une politique fédérale appropriée.

"Nous faisons face à une situation difficile et compliquée. Nous devons remédier à la prolifération de ces dispensaires", a affirmé M. Robertson.

La Ville argue que la ligne dure privilégiée par le gouvernement fédéral a contribué à accroître son nombre de dispensaires de cannabis, qui est passé de 20 à 94 dans les trois dernières années. Selon la directrice générale de la Ville de Vancouver, Penny Ballem, l'objectif du règlement est de diminuer l'exposition des jeunes à ces centres et de protéger la santé publique _ tout en garantissant l'accès au cannabis à des fins médicinales.

Le conseiller Geoff Meggs avait des mots plus durs pour la ministre Rona Ambrose, qui a semoncé les élus municipaux en leur rappelant que le cannabis reste une drogue illégale au Canada. "Réveillez-vous. Vous êtes complètement déconnectée de la réalité sur le terrain", a lâché M. Meggs.

Dans un courriel, la ministre fédérale s'est d'ailleurs dite "profondément déçue" de l'annonce. "Le cannabis n'est pas un médicament ou un traitement autorisé au Canada et Santé Canada n'approuve pas son utilisation", a ajouté Mme Ambrose.

Huit conseillers sur onze ont voté en faveur du nouveau règlement, mercredi, qui forcera les producteurs à débourser 30 000 $ pour obtenir un permis et à s'établir à au moins 300 mètres des écoles et des centres communautaires. Ces dispensaires seront par ailleurs interdits dans certains quartiers de la ville. Plusieurs centres seront forcés de déménager en vertu des nouvelles règles.

Le conseil municipal a toutefois autorisé, à la surprise de tous, l'implantation d'une politique à deux vitesses puisque les centres de compassion sans but lucratif pourront se procurer un permis à un coût moindre de 1000 $.

La Ville a aussi amendé son système de points, qui vise à pénaliser les commerces liés aux organisations criminelles. Ainsi, les endroits autres que les centres de compassion recevront dix points de démérite automatiquement afin de faire la promotion du modèle sans but lucratif.

Le conseiller Kerry Jang a affirmé que ces centres étaient plus souhaitables puisqu'ils permettent aux consommateurs de cannabis d'opter pour d'autres médicaments, si possible. Il a indiqué que grâce à l'argent économisé avec ces permis à rabais, les centres de compassion pourraient créer des programmes pour lutter contre la dépendance.

Ainsi, les établissements devront être autorisés par la Ville et seront évalués selon certains critères, notamment sur le nombre de plaintes et les incidents avec la police.

De surcroît, quatre centres de Vancouver ont reçu leur permis lors du vote de mercredi.

Jamie Shaw, du plus ancien centre de compassion de Vancouver qui devra d'ailleurs être relocalisé, a salué la décision "historique" du conseil municipal.

"C'est vraiment bien qu'ils encouragent les dispensaires à être plus centrés sur le patient, tout en continuant de permettre ceux qui sont plus récréatifs", a-t-elle indiqué.

Le conseil avait organisé des audiences publiques dans les quatre derniers jours avant de prendre sa décision. Plusieurs résidants s'étaient plaints de la possible interdiction de cannabis dans les produits comestibles comme les biscuits ou les gâteaux. La Ville s'est toutefois opposée fermement à cette disposition, martelant que les enfants pourraient être attirés par cette marchandise.

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