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«Ego trip»: périple à Haïti pour Patrick Huard, Antoine Bertrand et Guy Jodoin (VIDÉO/PHOTOS)

22/06/2015 12:10 EDT | Actualisé 22/06/2015 12:19 EDT

Un solide trio d’acteurs a foulé le tapis rouge déroulé à l’entrée du Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts pour la grande première du film Ego Trip, dimanche après-midi. Patrick Huard, Antoine Bertrand et Guy Jodoin ont en effet attiré plusieurs paires de yeux curieux, précédés de leurs covedettes Marie-Ève Milot, Sandrine Bisson, Gardy Fury, Kako Jacques, Ludivine Reding et Étienne Poliquin.

Première - «Ego trip»

Réalisation de Benoit Pelletier, Ego Trip est la dernière offrande de la productrice Denise Robert, coproduite par Émile Gaudreault, d’après un scénario de François Avard. Une équipe gagnante qui laisse présager que cette œuvre rassembleuse, qui prendra l’affiche le 8 juillet, pourrait être «la comédie de l’été», comme le veut l’expression consacrée, ou «le» film québécois populaire de la saison chaude, et ce, même si Ego trip devra évidemment affronter les Terminator : Genisys, Ted 2, Ant-Man et autres gros canons américains si populaires à cette période de l’année.

«Le public aime aussi avoir du cinéma québécois, avec des acteurs qu’il aime, estime Denise Robert. Chaque année, c’est la même chose, il y a de grosses productions américaines, mais c’est important d’appuyer la culture et les créateurs d’ici.»

«C’est une comédie affirmée, confirme Patrick Huard. Mais il y a quand même des bouts où ça bascule dans autre chose. Il y a un côté grinçant. Quand François Avard décide que ça fait mal, ça fait mal! C’est un style plutôt hybride, mais on ne sait jamais comment les gens vont réagir.»

Voyage qui transforme

Dans Ego Trip, Huard, qui n’avait pas vécu la frénésie d’une première au grand écran depuis Omertà, en 2012 – si on exclut sa brève apparition dans Mommy, de Xavier Dolan, l’an dernier -incarne Marc Morin, un animateur de télévision imbu de lui-même, dont la carrière commence à vaciller. Pour redorer son image, son agent calculateur, Paul Plante (Antoine Bertrand), lui orchestre contre son gré un voyage à Haïti, à titre de porte-parole d’un organisme de bienfaisance.

Sa tournée médiatique s’effectuera aux côtés d’une attachée de presse superficielle, Nataly Chabot (Marie-Ève Milot), d’un photographe très motivé, Richard Beaudoin (Guy Jodoin) et d’un chanteur amateur, Sammy (Gardy Fury). S’il monte d’abord dans l’avion à contrecœur, Marc Morin reviendra complètement transformé par son périple. En mieux ou en pire?

«C’est un peu à cause de moi que Patrick Huard se retrouve dans cette galère, détaille Antoine Bertrand en rigolant. Paul Plante est l’agent de Marc Morin, mais aussi son ami. Il est un peu faux-cul, mais c’est un méchant bon chum. Pour lui, l’important, c’est de remettre son client au top, peu importe le moyen. Et la meilleure idée qu’il a trouvée, c’est d’aller faire du travail communautaire à Haïti. Mais comme il est faux-cul, lui, il reste à Montréal, dans le confort de son bureau…(rires)»

«Mon personnage est un photographe qui se promène à travers le monde et qui prend des photos de la misère, renchérit Guy Jodoin. Il est connecté sur la misère! Il s’oublie tellement lui-même qu’il oublie de se laver, et il repart sans cesse d’un pays à l’autre. Il accueille Marc et veut être son ami. Il est très sincère! Il entre un peu trop dans la bulle de Marc… et il lui tape sur les nerfs!»

Rachid Badouri, Pierre Bruneau, Gino Chouinard et Jean-François Mercier ont tous un caméo quelque part dans Ego trip. Les Québécois y feront aussi la connaissance de Kako Jacques, un comédien et humoriste adulé du public haïtien, qui mène chez lui une carrière semblable à celle que Patrick Huard roule ici. Les deux artistes sont d’ailleurs devenus de bons amis grâce à Ego trip.

Possible de changer

L’idée d’Ego trip est née dans l’esprit de François Avard suite à un séjour à Port-au-Prince. L’auteur venait de mettre sur pied, avec Louis-José Houde, un spectacle pour venir en aide aux victimes du séisme de janvier 2010 à Haïti, et s’était rendu là-bas à l’invitation d’Oxfam Québec.

«Mais je n’étais pas dans de bonnes conditions mentales, se remémore l’homme derrière Les Bougon et grand voyageur. J’avais fait un burn-out en revenant. J’étais au bout du rouleau et je n’avais ni le temps, ni l’envie d’être là, dans les conditions dans lesquelles j’étais alors. Ça m’a donné envie de créer un personnage qui vit un peu la même chose.»

Ego trip ne se moque absolument pas d’Haïti, avise par ailleurs le scénariste.

«Ce n’est pas un film sur Haïti, relève-t-il. Haïti est le décor dans lequel un personnage mal dans sa peau va changer, après son voyage. C’est pour montrer que, justement, Haïti est un endroit où on peut changer.»

«Au final, je voulais que ça soit un film qui donne de l’espoir aux gens. Ça finit bien et, à la fin, les gens vont avoir l’espoir que c’est possible d’aller voir d’autres personnes, de s’ouvrir aux autres et de constater que, finalement, il n’y a pas juste notre nombril qui existe. On sort du film et on se sent bien. On rit, on pleure, on grince des dents… C’est la recette habituelle, je dirais», expose François Avard.

Tournage rapide

Tout le processus de mise en boîte d’Ego trip a été un travail de haute voltige pour le réalisateur, Benoit Pelletier, qui a dû boucler toutes ses scènes en 26 jours, et est allé passer quatre jours supplémentaires à Haïti pour filmer quelques images. En février, le tournage était toujours en cours, et la touche finale à l’ensemble n’a été apportée que vendredi dernier. Denise Robert fait état d’une «postproduction accélérée», qui n’a même pas laissé le temps de concevoir une bande-annonce. «Toute l’énergie était sur le film», mentionne la productrice.

«C’a été un tournage extrêmement éprouvant, parce que c’est quand même un sujet ambitieux, note Benoit Pelletier, qui signe ici son premier long-métrage, et qui connaît bien Haïti pour avoir notamment fait de la formation d’acteurs dans ce pays. Mais ça s’est bien déroulé. J’avais une équipe incroyable et un casting en or. Une chance! Si je n’avais pas eu un casting de cette qualité, sincèrement, je ne serais pas passé à travers.»

L’expérience a néanmoins été grandement enrichissante pour celui qui planche en ce moment sur le scénario de T.A.3, autre œuvre dont Antoine Bertrand sera le comédien principal, et qui aspire à réaliser prochainement une histoire de son cru.

«Les gens qui vont à Haïti en reviennent toujours transformés, signale Benoît Pelletier. C’est vraiment un peuple qui a quelque chose de différent.»

«On a vécu pendant un certain temps avec la population haïtienne à Santo Domingo (en République Dominicaine, où ont été tournées les séquences haïtiennes), explique Denise Robert. Et je dois dire que ça m’a ouvert les yeux. Ça m’a fait comprendre davantage à quel point on vit dans la surabondance. C’est ce qui m’a frappée : à quel point on est gâtés, ici, et on n’est jamais satisfaits. Eux n’ont rien, et ils sont heureux!»

Ego trip sortira dans les salles du Québec le mercredi 8 juillet prochain.

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