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La reproduction asexuée, mode de survie pour certaines espèces de poissons-scie

03/06/2015 10:15 EDT | Actualisé 03/06/2015 10:26 EDT
silveroses69/Flickr

Elles ont tout compris. Afin d'éviter l'extinction de leur espèce et face à l'absence de mâles dans les environs, un groupe de poissons-scie femelles s'est reproduit sans accouplement dans la nature. C'est la première fois que les scientifiques ont constaté des "naissances virginales" à cette échelle chez des vertébrés, dont la reproduction dépend normalement des rapports sexuels.

Publiée lundi 1er juin dans la revue Current Biology, une étude revient sur cette découverte faite auprès d'une population de poissons-scie tident (Pristis pectinata) dans un estuaire en Floride (aux États-Unis).

S'ils étaient déjà au fait de l'existence de la reproduction via le processus de parthénogenèse (ou comment faire des bébés sans mâle), notamment chez les oiseaux, reptiles et autres requins, les chercheurs se sont étonnés de la présence du phénomène de façon significative au sein d'une population sauvage. Ainsi, des résultats d'analyse ADN démontrent que 3% des progénitures sont le produit d'une forme de reproduction inhabituelle.

Une espèce en voie d'extinction

Les poissons-scie tident sont l'une des cinq espèces de poissons-scie, qui se servent de leur scie pour se nourrir en attrapant de plus petits poissons. Mais les chercheurs affirment que cette espèce est en voie de disparition, notamment à cause de la surpêche ces dernières années. Aujourd'hui, les survivants se situent principalement dans le sud de la Floride.


"Nous avons relevé des empreintes ADN tous les jours dans le périmètre où les poissons ont été trouvés, afin de déterminer si les animaux se reproduisaient entre eux à cause de la faible population", explique Andrew Fields, le directeur de la recherche. "Mais ce que nous ont appris les résultats ADN est bien plus étonnant: les poissons-scie femelles se reproduisent parfois sans accouplement".

Un phénomène peut-être sous-estimé

Le processus de parthénogenèse est assez commun chez les invertébrés, mais très rares chez les animaux vertébrés, comme l'expliquent les chercheurs. Généralement, les progénitures produites par ce phénomène meurent rapidement. Pourtant, les sept bébés identifiés par les scientifiques étaient en parfaite santé.

"La parthénogenèse occasionnelle est sans doute plus répandue dans le monde animal que nous le pensions", raconte Kevin Feldheim, chercher dans le laboratoire Pritzker basé à Chicago, où ont été analysées les empreintes ADN. Cette forme de reproduction serait susceptible d'intervenir principalement dans les populations réduites et en voie d'extinction.

Cette technique de la dernière chance permettra donc aux poissons-scie tident de vivre un petit peu plus longtemps. Mais sans doute pas assez pour sauver l'espèce. Kevin Feldheim conclut ainsi: "Cette découverte devrait servir de signal d'alarme: nous avons besoin de faire des efforts à l'échelle mondiale pour sauver ces animaux".

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