POLITIQUE

Fusillade à Ottawa : «le nombre de victimes aurait pu être plus élevé», selon la police (VIDÉO)

03/06/2015 01:46 EDT | Actualisé 03/06/2015 06:38 EDT

« Mal préparé », « manque d'efficacité », un « secteur vulnérable très difficile à protéger »... L'enquête de la Police provinciale de l'Ontario (PPO), rendue publique mercredi, confirme les lacunes lors de la fusillade au parlement d'Ottawa, le 22 octobre dernier.

Un texte d'Emmanuelle de Mer

Le document, largement caviardé, identifie l'unification des services de sécurité sur la colline (GRC, Chambre des communes et Sénat) comme étant le « principal sujet soulevé et étudié ».

Plusieurs recommandations en découlent.

La PPO note ainsi un « manque d'interaction, de communication et de mise en commun des renseignements entre les agents », lesquels utilisent des systèmes radio différents. Les résultats auraient pu être bien pires si Michael Zehaf-Bibeau n'avait pas improvisé, « et le nombre de victimes plus élevées », peut-on lire.

Pour remédier à la situation, le gouvernement fédéral a annoncé, en février dernier, qu'il créera un Service de protection parlementaire, sous le commandement de la GRC. Cette équipe sera responsable de la sécurité à l'intérieur et à l'extérieur du parlement.

Des lacunes au niveau de la formation

À cela s'ajoutent des lacunes au niveau de la formation des agents, dont « l'absence d'exigences de formation conjointes », notamment pour les soins d'urgence.

La PPO suggère aussi des exercices de formation conjoints, par exemple pour pouvoir effectuer des évacuations de masse sur la colline.

En bonifiant la formation et le suivi des agents, la PPO estime également que le travail d'agents de sécurité sur la colline serait mieux valorisé et que les conditions de travail s'amélioreraient. La PPO recommande aussi que les policiers de la GRC sur la colline aient accès à une arme d'épaule polyvalente. Pour le moment, ceux-ci sont munis d'une carabine MP-5.

La PPO a examiné les événements survenus à l'édifice du Centre du parlement, de même que ceux survenus à l'extérieur, après que Michael Zehaf-Bibeau eut tiré mortellement sur le caporal Nathan Cirillo, devant le Monument commémoratif de guerre.

Plus de moyens financiers?

Par ailleurs, tout en soulignant la difficulté à maintenir un niveau de sécurité adéquat avec des ressources limitées, depuis les compressions de 2012, la PPO n'aborde pas les conséquences financières de ses recommandations. Le service policier estime cependant que le fait de restructurer le dispositif de sécurité permettra de réduire les ressources, ce qui se traduira « sans aucun doute » par une baisse des coûts.

Excellente collaboration avec la police d'Ottawa

La PPO souligne que la GRC et le Service de police d'Ottawa (SPO) « ont une relation de travail très saine qui se caractérise par une excellente collaboration ». La SPO note toutefois qu'il y a eu « un certain flottement dans la demande d'intervention policière sur la colline du parlement », un secteur qui relève pourtant de sa compétence territoriale.

Dans le rapport de la PPO, la police d'Ottawa note qu'il « serait utile de participer à des exercices avec la GRC sur la colline et de faire visiter régulièrement les édifices du parlement à ses agents ».

Il y a deux semaines, un rapport du SPO sur la fusillade du 22 octobre révélait déjà des faiblesses au niveau des communications.

Rappel des faits

Le 22 octobre, environ 300 policiers municipaux avaient été déployés, dont plusieurs sur une base volontaire. Parmi eux, des agents en civil et des agents d'infiltration cagoulés. Dans la panique générale, des policiers avaient été confondus avec des tireurs potentiels. La présence de ces policiers, ainsi que celle d'autres personnes courant dans toutes les directions, avaient ajouté à la confusion.

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