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La mère d'un enfant assassiné sera indemnisée

03/06/2015 08:11 EDT | Actualisé 03/06/2015 08:15 EDT
Radio-Canada

Caroline Poissant, une mère qui a perdu son jeune garçon, assassiné par son ex-conjoint, gagne sa bataille contre la Direction de l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) et pourra être indemnisée.

La mère, qui est représentée par Me Marc Bellemare, obtient gain de cause dans un jugement du tribunal administratif qui infirme une décision de l'IVAC.

Le 25 janvier 2011, son fils Jérémie, quatre ans, et son père ont été retrouvés pendus à Sainte-Julie.

Caroline Poissant avec son fils Jérémie, qui a été assassiné par son père en 2011.Caroline Poissant avec son fils Jérémie, qui a été assassiné par son père en 2011.

«C'est avec beaucoup d'émotion que je reçois ce verdict pour épargner à d'autres parents d'avoir à se battre en justice pour obtenir leur statut de victime», a déclaré Caroline Poissant.

La mère dénonce le fait que l'IVAC ne reconnaisse pas les parents de victimes comme des victimes elles-mêmes.

«Tout parent qui perd un enfant par acte criminel ne devrait pas avoir à se battre en justice pour que l'IVAC reconnaisse son statut de victime», a-t-elle déploré en espérant que sa cause fasse jurisprudence.

«Ce jugement donne un sens, si petit soit-il, à une situation qui, pour moi, à la base n'en avait aucun.»

— Caroline Poissant

En 2013, Marc Bellemare avait gagné une première bataille contre l'IVAC au nom de Patrick Desautels, dont les trois enfants ont été assassinés par son ex-conjointe.

L'avocat interpelle le gouvernement pour que l'organisme public reconnaisse qu'il est possible d'«être victime en même temps que son fils assassiné».

«On en appelle au pouvoir public, au ministre de la Justice, à Québec, de faire en sorte que les victimes se fassent dire la vérité et que cette jurisprudence-là soit appliquée au service d'indemnisation de l'IVAC en première ligne et qu'on ne soit pas obligé d'aller devant le tribunal administratif chaque fois pour obtenir le statut qui nous revient de droit en vertu de la loi.»

Les indemnités auxquelles Caroline Poissant aura droit restent à être déterminées. Elle pourra percevoir une rente à vie, dont le montant sera fixé par rapport aux séquelles subies.

Caroline Poissant avait participé au documentaire Les Survivantes, aux côtés de cinq autres femmes qui ont vécu des drames semblables, afin de réclamer plus d'aide de la part du gouvernement.

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