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Saputo se dote d'une politique globale en matière de cruauté envers les animaux

01/06/2015 05:31 EDT | Actualisé 01/06/2015 05:32 EDT
Martin Hunter via Getty Images
CHRISTCHURCH, NEW ZEALAND - MAY 25: Cows at the Synlait dairy farm stand in the darkness of night on May 25, 2015 in Christchurch, New Zealand. New Zealand-based dairy producer, Synlait, has commercialised a dairy-based milk powder said to aid in sleeplessness by collecting milk from cattle in the dark hours of the night when the animal's production of the melatonin hormone is at its highest. A clinical trial conducted by Otago University's WellSleep Centre and part-funded by Synlait, proved the product, iNdream3, is a sleep-promoting ingredient. iNDream3 has been sold in Korea since January of this year. (Photo by Martin Hunter/Getty Images)

Saputo mettra de l'avant une nouvelle politique globale dans laquelle l'entreprise se donne le droit de refuser le lait de fermes qui ne s'engagent pas à respecter son code de conduite en matière de bien-être des animaux.

Cette initiative, dévoilée lundi, survient près d'un an après la diffusion d'une vidéo controversée par le groupe Mercy for Animals Canada sur le traitement des animaux dans une ferme laitière de la Colombie-Britannique

"Nous avons pris presque 10 mois afin d'évaluer la situation et contacter divers organismes, des représentants gouvernementaux, des fournisseurs ainsi que des clients", a expliqué le président et chef de la direction de Saputo, Lino Saputo Jr, au cours d'un entretien téléphonique.

Le document dévoilé par le transformateur laitier prévoit notamment une politique de tolérance zéro en matière de cruauté envers les animaux ainsi que la fin de l'amputation de la queue chez les bovins.

Toutes les fermes laitières qui font affaires avec Saputo (TSX:SAP) devront ainsi signer un code de conduite dans lequel elles s'engagent à respecter les règles, sous peine de voir leurs livraisons suspendues jusqu'à nouvel ordre.

Au Canada, en vertu de la réglementation en vigueur, les transformateurs ne peuvent refuser le lait d'une ferme, sauf lorsqu'il y a un problème de qualité.

Ultimement, M. Saputo Jr aimerait voir les différents paliers de gouvernement du Canada, des États-Unis, de l'Argentine ainsi que de l'Australie imposer des peines beaucoup plus sévères lorsque des cas de cruauté animale sont recensés.

"Le gouvernement a un rôle (à jouer), a dit le dirigeant du transformateur laitier. Nous voulons les influencer afin que les pratiques (de l'industrie) soient bien appuyées par des politiques gouvernementales."

Tournée clandestinement, la vidéo de Mercy for Animals Canada montrait notamment des travailleurs donner de violents coups de bâtons à des vaches et en suspendre d'autres par le cou à l'aide d'un tracteur. Chilliwack Cattle avait par la suite congédié huit employés. Saputo avait aussi brièvement suspendu ses achats en provenance de cette ferme laitière _ la plus importante au pays avec 3500 vaches.

M. Saputo Jr avait par ailleurs été interpellé par la directrice administrative de Mercy for Animals Canada, Krista Osborne, lors de la dernière assemblée annuelle de l'entreprise, l'été dernier.

"Je pense que cet incident a été l'élément déclencheur, a-t-il concédé. Nous avons découvert qu'une entreprise comme Saputo devait prendre le rôle de leader dans notre industrie."

Mercy for Animals Canada a pour sa part salué la nouvelle politique de Saputo, qui oblige les fournisseurs à atténuer la douleur lors de l'écornage des bovins, réduire le stress des bêtes en plus de se pencher sur la sensibilisation au bien-être des animaux.

D'après l'organisme, trois des plus importants transformateurs laitiers au monde _ Nestlé, Leprino Foods ainsi que Great Lakes Cheese _ ont récemment introduit des règles similaires en ce qui a trait au bien-être animal.

"Actuellement, la loi afin de protéger adéquatement les vaches des fermes laitières n'est pas adéquate, a dit Mme Osborne. Le code de conduite est actuellement volontaire. Cette politique va créer un précédent."

Mme Osborne, qui avait rencontré M. Saputo Jr quelques mois après la dernière assemblée annuelle, doit rencontrer l'entreprise de nouveau afin de déterminer quand cette politique entrera en vigueur.

Selon elle, Saputo ne fera pas d'inspection auprès de ses fournisseurs. Elle ajoute qu'un tiers sera identifié en collaboration avec les universités de Guelph (Ontario) et Wisconsin-Madison (États-Unis), qui ont conclu différentes ententes avec l'entreprise dans le cadre de la politique.

De leur côté, les Producteurs de lait du Québec se sont montrés surpris par la sortie de Saputo, ajoutant ne pas avoir été consultés par le transformateur laitier dans ses démarches.

Leur porte-parole, François Dumontier, a toutefois souligné que les mesures contenues dans la politique de l'entreprise figuraient dans le code de bonne pratique appliqué à l'échelle canadienne.

"Nous sommes en train de mettre en place une certification au niveau pancanadien, a-t-il expliqué. Le code existe depuis longtemps. Il a été mis à jour il y a quelques années. C'est un processus d'amélioration continue. On est en train de le mettre en place."

M. Dumontier a rappelé que cette opération prend un certain temps, puisqu'il y a plus de 13 000 fermes au Canada. Il n'a pas précisé combien de producteurs québécois font affaires avec Saputo.

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