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Pneus de course: Une logistique à toute épreuve

01/06/2015 10:12 EDT | Actualisé 01/06/2015 10:13 EDT
Courtoisie

Quand on parle de course automobile, on parle le plus souvent de mécanique de pointe, ou de pilotes exceptionnels. Il y a pourtant un volet de la course qui est tout aussi important, mais quelque peu méconnu, et c’est celui des pneumatiques. Les passionnés de sports motorisés vous diront d’ailleurs que les gommes jouent un rôle déterminant en ce qui concerne le rang des plotes au fil d’arrivée.

Créer le pneumatique idéal relève presque autant de l’art que de la science. Chaque pneu est conçu en fonction du circuit sur lequel il devra rouler, et en fonction de la série de voitures sur laquelle il sera installé. Dans ce domaine, le fabricant de pneus italien Pirelli est un des chefs de file.

Des dizaines de séries de sports motorisés en Amérique du Nord font appel à Pirelli pour la fourniture de leur semelle de course et la Formule 1 ne fait pas exception.

Pour le manufacturier de pneus, le sport automobile est un investissement rentable.

« Le sport motorisé est un peu négligé. Même chez nous, c'est la première année que nous embauchons un ingénieur à temps complet pour l'Amérique du Nord dans notre équipe Motorsports », explique Orazio Mastracchio, directeur nord-américain du développement pour la division sport motorisé de Pirelli.

« Il y a quelques marques qui sont attachées à certaines séries, mais Pirelli et Hoosier sont les deux plus gros joueurs dans ce créneau spécialisé », poursuit M. Mastracchio.

Pour la Formule 1 cependant, Pirelli est fin seul, mais le défi est de taille. Les voitures doivent pouvoir compter sur des pneumatiques suffisamment résistants, mais surtout adaptés à la surface du circuit.

À Montréal, par exemple, les pilotes pourront compter sur les mêmes catégories de pneus que lors du récent Grand Prix de Monaco, soit des gommes souples et super souples. Le défi est cependant considérablement différent, la piste ayant ses propres caractéristiques physiques et de tracé, et la température étant le plus souvent incertaine au Grand Prix du Canada.

Pour Paul Hembery, directeur mondial du sport motorisé chez Pirelli, « Le Canada est souvent une des courses les plus impressionnantes de la saison pour nous, avec des conditions uniques au monde. » Le circuit offre peu d’adhérence, et peu de virages serrés à haute vitesse. En revanche, il est exigeant sur les freinages, ce qui demande une résistance supplémentaire pour les pneumatiques.

« Les gommes les plus molles ont été totalement repensées cette année, avec un composé qui résistera mieux aux conditions de piste montréalaises », a poursuivi le responsable.

Une logistique unique

Fournir les pneus pour la Formule 1 exige une logistique à toute épreuve. Chaque pneu est fabriqué puis amené aux abords du circuit par l’équipe de Pirelli. C’est aussi cette équipe qui se chargera de les monter directement sur les roues des voitures de chacune des écuries.

L’attribution des pneus se fait au hasard, afin d’éviter qu’une écurie puisse obtenir un avantage. Chacun des pneumatiques comporte aussi un code-barre qui est enregistré par Pirelli, avant que les roues ne soient acheminées aux écuries.

Puis, une fois la course terminée, tous les pneus, usagés ou non, sont remis à l’équipe des pneumatiques qui s’assurera qu’aucun n’a été manipulé ou modifié de quelque façon que ce soit.

« Ce genre d’opération en Formule 1 est unique. Dans les autres séries que nous desservons, notre opération peut se rentabiliser sur plusieurs années si nous signons une exclusivité pour la série. » Dans d'autres cas cependant, la contribution est essentiellement une opération de marketing, comme c'est le cas pour l'association avec la Coupe Micra au Canada, elle aussi présentée dans le cadre de la fin de semaine du Grand Prix. « Cette série est plus petite, et pour le moment, elle n'est qu'une vitrine marketing pour nous au pays », explique pour sa part Orazio Mastracchio.

« Quand on parle de pneus, pour les pilotes, tout est question d’usure, et de stratégie. À Monaco, c’est la stratégie qui a coûté la victoire à un pilote de pointe. Nous verrons si Montréal réserve le même sort. »

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