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La météo force Solar Impulse 2 à atterrir à Nagoya, au Japon

01/06/2015 06:02 EDT | Actualisé 01/06/2015 06:03 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Monday, March 9, 2015 file photo, a Swiss solar-powered plane takes off at an airport in Abu Dhabi, United Arab Emirates, marking the start of the first attempt to fly around the world without a drop of fuel. The Solar Impulse 2 landed in Myanmar on Thursday night, March 19, the third leg of a round-the-world trip aimed at highlighting clean energy. (AP Photo/Aya Batrawy, File)

L'avion révolutionnaire Solar Impulse 2, qui s'est lancé dimanche matin depuis la Chine à l'assaut du Pacifique, va être forcé de se poser à Nagoya, au Japon, en raison de la détérioration de la météo sur sa route prévue vers Hawaï, ont annoncé lundi les organisateurs.

"La fenêtre météo vers Hawaï s'est détériorée. Nous avons décidé de réaliser un atterrissage intermédiaire à Nagoya !", a annoncé le site Twitter officiel des organisateurs.

Piloté par le Suisse André Borschberg, l'appareil solaire avait été forcé lundi d'interrompre sa progression vers le Pacifique et de se mettre en circuit d'attente au-dessus de la mer du Japon.

L'étape imprévue a été confirmée par Bertrand Piccard, le second pilote suisse à alterner aux commandes de l'avion.

"Nous allons attendre une amélioration des conditions pour repartir", a déclaré Bertrand Piccard.

"Nous disons merci à nos amis japonais qui ont été très accommodants, pour nous donner l'autorisation, à la dernière minute, de nous poser sur leur territoire", a ajouté l'explorateur suisse.

"Je m'oriente vers Nagoya, au milieu de beaux cumulus près de Nagano", une ville au nord-ouest de Tokyo, a tweeté peu après André Borschberg, qui devrait se poser vers 13H00 GMT lundi.

Solar Impulse 2 a décollé dimanche à 02H39 de Nankin (est de la Chine) pour la plus périlleuse des étapes de son tour du monde, durant laquelle le pilote suisse devait tenir six jours et six nuits.

'Trop dangereux'

Ce départ depuis Nankin, où l'avion était cloué depuis le 21 avril, avait été reporté à plusieurs reprises déjà en raison d'une météo défavorable.

Aucune indication n'était disponible lundi sur le temps que prendra l'immobilisation de Solar Impulse au Japon: "Il est très difficile de faire des prévisions", a encore déclaré Bertrand Piccard.

"Cela serait trop dangereux de vouloir traverser" le front nuageux, a-t-il ajouté.

"Nous sommes déçus, bien sûr, mais à un moment où tout le monde est extrêmement satisfait de l'avion", a-t-il poursuivi.

Jamais Solar Impulse 2 n'avait en effet volé au-dessus d'un océan ni n'était resté en l'air plus de 24 heures : c'est dire si cette traversée du Pacifique sur 8 500 kilomètres reste un défi technologique et un exploit aéronautique historiques.

Le vol jusqu'à Hawaï devait durer environ 130 heures, constituant un record pour un pilote seul aux commandes de son appareil.

Âgé de 62 ans, André Borschberg avait prévu d'entrecouper sa performance d'exercices de yoga et de brefs sommeils d'une vingtaine de minutes sur son siège, équipé d'un système de toilettes, affrontant des altitudes himalayennes autour de 28 000 pieds (8 400 mètres) et des variations de température de 55 degrés dans sa cabine monoplace non pressurisée.

"Comment vais-je vivre dans cet environnement minuscule en grimpant l'Everest tous les jours, en passant de l'hiver à l'été chaque jour du fait des changements de température, en me reposant seulement 20 minutes à chaque fois ?" s'est-il demandé dans un récent entretien accordé à l'AFP.

'Dans le pire des cas, nous avons un parachute'

En cas de panne grave en vol, le Suisse devra sauter en parachute dans l'océan, à des centaines de kilomètres de tout secours.

Aucun navire ne peut en effet suivre à la trace l'appareil, qui volera à une vitesse maximum de 90 km/h à basse altitude et de 140 km/h dans les couches supérieures.

"Je ne vois pas cela comme risqué, parce que nous avons travaillé longtemps sur les différents problèmes", a-t-il confié. "Si nous perdons un moteur, on peut voler avec les trois autres, par exemple."

"Dans le pire des cas, nous avons un parachute, un radeau de survie et on sait s'en servir. Évidemment, on espère qu'on n'aura pas à le faire", a ajouté le pilote.

Solar Impulse 2, dont les ailes sont tapissées de plus de 17 000 cellules photovoltaïques, est parti le 9 mars d'Abou Dhabi pour un tour du monde de 35 000 kilomètres destiné à promouvoir l'usage des énergies renouvelables, et en particulier l'énergie solaire.

Il a ensuite fait escale au sultanat d'Oman, en Inde, en Birmanie puis en Chine, piloté alternativement par André Borschberg et son binôme Bertrand Piccard.

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