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Bangladesh: feu vert aux poursuites pour meurtre contre le propriétaire du Rana Plaza

01/06/2015 08:40 EDT | Actualisé 01/06/2015 08:47 EDT
ASSOCIATED PRESS
Mohammed Sohel Rana, the fugitive owner of an illegally-constructed building that collapsed last week in Bangladesh, is produced before the media in Dhaka, Bangladesh, Sunday, April 28, 2013. Rana was arrested near the land border in Benapole in western Bangladesh, just as he was about to flee into India's West Bengal state, said Jahangir Kabir Nanak, junior minister for local government,. (AP Photo/Palash Khan)

Le propriétaire du Rana Plaza, le bâtiment industriel qui s'était effondré en 2013 au Bangladesh provoquant la mort d'au moins 1100 ouvriers textiles, et 40 autres personnes ont été inculpées lundi pour meurtre, a annoncé la police.

Un tribunal de Dacca a donné son feu vert aux poursuites contre Sohel Rana, 35 ans, et les autres responsables pour leur implication présumée dans l'effondrement de ce bâtiment, le pire accident industriel de l'histoire du pays.

"Nous avons inculpé 41 personnes dont le propriétaire du bâtiment, Sohel Rana, pour meurtre dans l'effondrement du Rana Plaza en avril 2013", a dit a déclaré Bijoy Krishna Kar, chef des enquêteurs, à l'AFP. Tous risquent la peine de mort en cas de condamnation.

Parmi les autres inculpés figurent sept propriétaires d'ateliers situés dans le complexe et 12 responsables publics chargés des règles de sécurité et des inspections.

Les parents de Rana, qui étaient copropriétaires du bâtiment, et le maire de la ville où est situé le complexe, sont également poursuivis pour meurtre. La police a demandé au tribunal d'émettre 25 mandats d'arrêt visant des inculpés en fuite, dont six fonctionnaires.

"C'est la pire catastrophe industrielle de l'histoire du Bangladesh. Ces 41 personnes ont une responsabilité collective dans le meurtre de masse de plus de 1100 innocents", a dit Kar.

Sohel Rana est devenu l'ennemi public numéro 1 au Bangladesh après que des survivants ont raconté comment des milliers d'entre eux ont été forcés d'entrer dans le bâtiment au début de la journée malgré des plaintes sur des fissures qui apparaissaient dans les murs.

Sohel Rana avait été arrêté à la frontière occidentale avec l'Inde alors qu'il tentait de s'enfuir du pays quelques jours après le drame.

Rana et 17 autres personnes sont également poursuivies pour des violations du code de la construction, pour avoir illégalement surélevé l'édifice de six étages, conçu à l'origine pour abriter un centre commercial, et l'avoir transformé en un complexe industriel de neuf étages.

"Cette extension illégale contrevenant à toutes les (règles) de la construction est la source de ce désastre de masse", a relevé M. Kar.

L'effondrement du bâtiment, le 24 avril 2013, avait fait au moins 1100 morts et plus de 1500 blessés.

L'an dernier, la police avait annoncé qu'elle s'apprêtait à demander l'inculpation du propriétaire du bâtiment mais le processus avait été bloqué dans l'attente du feu vert du gouvernement, nécessaire pour l'inculpation de fonctionnaires.

De nombreux groupes, dont le groupe de textile Benetton ou les chaînes de distribution Auchan, Mango, Primark ou Carrefour, ont été soupçonnés d'avoir sous-traité leur production à un moment ou à un autre au Rana Plaza.

Le Bangladesh est le deuxième plus grand exportateur mondial de vêtements et le secteur de l'habillement est le pilier de son économie.

Ces inculpations ont été saluées par Kalpona Akter, qui dirige l'ONG Bangladesh Center for Worker Solidarity, qui a cependant regretté l'absence de poursuite contre le plus haut représentant administratif de la ville de Savar, en banlieue de Dacca, où s'est produit le drame.

"Il a inspecté le bâtiment quand sont apparues des fissures la veille de l'effondrement. Il aurait pu facilement fermer le complexe et sauver ces ouvriers", a-t-elle dit à l'AFP.

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