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Le Canada devrait se désaffilier de la FIFA, croit une membre du C.A. de Soccer Canada

30/05/2015 04:29 EDT | Actualisé 30/05/2015 09:09 EDT

Amélia Salehabadi-Fouques est scandalisée. « Oui, je suis dégoûtée, absolument. Ce n'est pas vrai que je vais me taire », dit l'avocate et membre du conseil d'administration de Soccer Canada dans la foulée du scandale à la FIFA.

Mercredi dernier, sept dirigeants de l'organisation ont été arrêtés et 14 autres interrogés dans le cadre d'une enquête américaine sur la corruption à la FIFA. Ces procédures, ouvertes depuis le 10 mars, n'ont été rendues publiques que mercredi.

Un stratagème complexe qui a permis de détourner des millions de dollars au profit des 14 individus interpellés, a exposé la Justice américaine, qui a déposé un total de 47 chefs d'accusation, notamment pour collusion, corruption et blanchiment d'argent atteignant plus de 151 millions de dollars.

La procureure générale des États-Unis, Loretta Lynch a d'ailleurs indiqué que d'autres arrestations pourraient avoir lieu au cours des prochains jours.

« Je suis en colère. Parce que ce n'est pas ça le sport. »

— Amélia Salehabadi-Fouques¸

Mme Salehabadi-Fouques considère que le Canada doit prendre « un pas de recul » par rapport à la FIFA. « Je ne me vois pas serrer la main de M. Blatter ou de M. Vac, le secrétaire général, de sitôt », ajoute-t-elle.

Le coût de la corruption

Une désaffiliation comporterait toutefois des conséquences pour les sportifs canadiens, reconnaît-elle. Il y aurait des conséquences comme le fait de ne plus pouvoir participer aux compétitions organisées par la FIFA, et des conséquences financières importantes. Mais selon elle, il y a aussi un coût à participer à des compétitions où il y a de la corruption.

« Il faut qu'on réagisse parce que je pense qu'en ce moment, si on se tait, on est complice. »

— Amélia Salehabadi-Fouques

« Moi, personnellement, j'aimerais bien qu'on se retire. Il faut attendre, parce qu'en ce moment c'est la coupe du monde des femmes, et on ne va pas faire cela aux joueuses, mais il est absolument nécessaire qu'on n'en reste pas là. Et puis moi, je demanderais au gouvernement canadien, à la GRC, d'intervenir, de faire des enquêtes ici aussi au Canada », poursuit Mme Salehabadi-Fouques.

Rendre des comptes

Soccer Canada est une organisation privée, mais qui reçoit des fonds publics, et des comptes doivent être rendus au conseil d'administration, dit Amélia Salehabadi-Fouques. « Le conseil d'administration est là pour justement garantir l'éthique, au-delà de l'argent. Parce que c'est bien de faire de l'argent, mais est-ce notre mandat premier? Non. Notre mandat premier c'est d'offrir la possibilité aux jeunes canadiens de jouer au soccer. »

L'avocate croit que des mesures devraient être prises pour éviter les problèmes de corruption au pays. Elle propose par exemple que les gens qui travaillent pour Soccer Canada s'engagent à ne pas aller travailler pour la FIFA pendant cinq ans après leur départ. « Comme ça, on est sûr qu'ils sont bien avec Soccer Canada et qu'il n'y a pas d'agenda caché ».

Elle croit aussi qu'un poste d'ombudsman devrait être créé pour répondre aux plaintes dans le monde du sport et estime qu'il faut professionnaliser ce milieu. « C'est 3 % du PIB international qui est dans le sport. C'est énormément d'argent », fait-elle valoir.

L'Association canadienne du soccer a jusqu'ici fait peu de commentaires sur le scandale. Les dirigeants de Soccer Canada se sont dits « extrêmement déçus de la situation » dans un communiqué. L'association s'est aussi engagée « à protéger l'intégrité du sport et à maintenir les valeurs de transparence et d'inclusion qui font la fierté de notre nation » et dit soutenir « tous les efforts mis en place pour éliminer ce genre de comportement dans notre sport ».

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