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États-Unis: coup d'arrêt pour la croissance au premier trimestre

29/05/2015 09:15 EDT | Actualisé 29/05/2015 09:19 EDT
Getty

L'activité économique s'est contractée aux États-Unis entre janvier et mars pour la première fois depuis un an, plombée par un hiver rigoureux et l'appréciation du dollar, selon la deuxième estimation publiée vendredi par le département du Commerce.

Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) américain a reculé de 0,7 % en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières. Il y a un an, l'hiver avait déjà coûté au pays une sévère contraction (-2,1 %) qui ne s'était toutefois pas prolongée au-delà du premier trimestre.

Attendu par les analystes, ce nouveau coup de mou de la première économie mondiale traduit une nette dégradation par rapport à l'expansion de 2,2 % enregistrée au trimestre précédent.

Le tableau est par ailleurs plus sombre que ne le montrait la première estimation du PIB publiée il y a un mois, qui faisait encore apparaître une croissance timide de l'activité (+0,2 %).

"Le retournement (...) reflète principalement une décélération des dépenses de consommation, et un recul des exportations, des investissements des entreprises", écrit le ministère dans son communiqué.

Freinées par les conditions météo extrêmes qui ont grippé une partie du pays, les dépenses des ménages sont, certes, restées le premier moteur de la croissance, mais leur rythme a nettement faibli : elles n'ont progressé que 1,8 % sur les trois premiers mois de l'année, contre 4,4 % au trimestre précédent.

Le principal frein sur l'économie américaines est toutefois venu du commerce extérieur, mis à mal par la montée du dollar par rapport à l'euro et par une grève des dockers de l'ouest qui a ralenti les échanges.

Les exportations ont ainsi fondu de 14,0 %, encaissant leur plus fort recul depuis le premier trimestre 2009 à un moment où les États-Unis étaient en pleine récession.

Les investissements des entreprises ont également fait grise mine en se repliant de 2,8 % alors qu'ils affichaient encore une solide progression de 4,7 % au précédent trimestre.

Touché de plein fouet par la chute des cours mondiaux du pétrole, le secteur des industries extractives a subi le coup le plus brutal avec un plongeon des investissements de 48,6 %, selon une statisticienne.

La baisse a toutefois été limitée par un rebond des dépenses de l'État fédéral, qui ont grappillé 0,1 % après leur recul de 7,3 % au précédent trimestre.

Ce coup de froid de l'économie américaine pourrait en tout cas inciter la banque centrale (Fed) à se montrer plus patiente que prévu avant de relever ses taux directeurs, maintenus proches de zéro depuis 2008 pour soutenir la reprise.

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