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De «Ça commence bien» à Rythme FM : émotions contradictoires pour Jean-François Baril (ENTREVUE)

29/05/2015 04:37 EDT | Actualisé 29/05/2015 04:38 EDT
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Jean-François Baril avoue vivre une «double émotion», aujourd’hui. D’une main, il tient son bonheur d’hériter du poste de morning man de Rythme FM aux côtés d’une collègue qu’il apprécie énormément, Saskia Thuot, à compter du 24 août prochain. De l’autre, il laisse tomber une aventure qui lui tenait beaucoup à cœur, celle de Ça commence bien, le rendez-vous matinal de V, dont il était le capitaine depuis septembre dernier.

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Autant il est heureux comme un roi du défi qui l’attend à Rythme FM, autant il est attristé de devoir tirer un trait aussi rapidement sur l’entreprise qu’a été pour lui Ça commence bien. Il l’avoue sincèrement, le deuil est gros, et il avait hâte que le secret, qu’il protégeait depuis plusieurs semaines, soit enfin éventé pour pouvoir s’en libérer et s’expliquer comme il se doit.

«Pour moi, Ça commence bien va demeurer un projet inachevé, une fausse couche, admet Jean-François. Je n’ai jamais pris les guides de cette émission-là en pensant que j’allais faire seulement un an. Moi, dans ma tête, j’étais là pour un bout. J’y croyais…»

À l’amiable avec V

Mais ainsi va la vie dans l’exigu milieu de la radio et de la télévision. Johanne Cloutier, directrice générale adjointe et directrice de la programmation de Rythme FM, voyait en Jean-François Baril et Saskia Thuot son duo de rêve pour prendre la relève de Pierre Pagé et Josée Boudreault dans la plage-horaire du petit matin. Madame Cloutier connaît bien Jean-François pour l’avoir embauché à NRJ il y a plusieurs années, à l’époque où le garçon faisait encore partie du groupe Les Mecs Comiques, avec Louis Morissette et Alex Perron. Elle lui a par la suite ouvert les portes de Rock Détente (maintenant Rouge FM). Au printemps 2013, Jean-François Baril quittait l’émission Rouge Café après deux ans à réveiller les auditeurs au lever du jour.

La directrice avait donc tâté une première fois le terrain il y a quelques mois auprès de Jean-François, cherchant à savoir si le renouvellement de Ça commence bien était officialisé pour l’an prochain. Puis, l’offre concrète n’a pas tardé à venir. Jean-François s’est donc hâté d’aller discuter avec ses patrons de V pour connaître le sort qu’eux réservaient à Ça commence bien.

«Moi, avec le showbiz, j’ai appris qu’avant de fermer une porte, il faut s’assurer d’avoir une autre bonne poignée dans les mains, illustre Jean-François. Il n’y avait rien de confirmé avec V. Je n’ai donc pas fermé de porte à Rythme. Lorsqu’on m’a fait une offre tangible, j’ai été rencontrer la direction de V. À les écouter parler, j’ai compris qu’il y avait beaucoup d’insécurité qui entourait le retour de Ça commence bien. Ils ont été très honnêtes avec moi. Étant capable de lire entre les lignes, j’ai compris ce qui m’attendait dans le détour.»

«Comme tout le monde, j’ai une maison, une hypothèque, une famille, des enfants qui entrent au secondaire… J’ai besoin de sécurité. Mais on ne m’a pas fait de fausses promesses chez V. Ils ont été respectueux. Ils auraient pu me laisser miroiter des choses, et moi, j’aurais pu laisser passer l’offre de Rythme. Si je n’avais pas Rythme, je serais roulé en petite boule, présentement», reconnaît le communicateur.

Chez V, on garde pour l’instant le silence à propos de ce qu’il adviendra de Ça commence bien. Envisage-t-on de remanier le concept, de lui accoler un nouvel hôte, ou de l’éliminer totalement de la grille? Pour tout de suite, on ne sait rien. Avec Maripier Morin, qui vient de mettre les voiles pour devenir la maîtresse de cérémonie de Faites comme chez vous, nouvelle quotidienne de variétés de TVA, on suppose que le magazine Ménage à trois n’est pas assuré d’être reconduit non plus. Voilà qui suscite bien des questionnements quant à la programmation d’avant-midi de V pour la saison 2015-2016.

Gagner la Coupe Stanley

Jean-François Baril, lui, conserve l’animation de La guerre des clans et ne veut surtout pas répondre à la place de ses supérieurs chez V. Il consacre plutôt ses énergies à se remémorer les bons moments de Ça commence bien, et à réconforter le public qui est déçu de le voir passer dans un autre clan. Et il souhaite offrir une belle fin de saison aux téléspectateurs, étant donné qu’il demeurera en poste à Ça commence bien jusqu’à la fin du mois de juin.

«J’ai essayé de bien l’expliquer en ondes ce matin, pour que les gens comprennent que, si V fait une nouvelle version de Ça commence bien, ce n’est pas parce que je m’en vais, c’est plutôt que cette nouvelle version était déjà en chantier. Moi, j’aurais aimé poursuivre. Je suis très fier de ce qu’on a réussi à faire avec Ça commence bien : on a bâti quelque chose, on y a mis beaucoup de temps, on a travaillé fort, parce qu’on est une toute petite équipe. On a presque doublé les cotes d’écoute en moins d’un an. Je pense vraiment qu’avec un an ou deux de plus, et davantage de promotion, on aurait pu atteindre le chiffre de 100 000 téléspectateurs. Je suis convaincu qu’il y a plus de gens qui nous regardent que ce que les cotes d’écoute disent. Je sens qu’on a formé une petite communauté de gens qui nous suivent.»

«Chaque matin, à Ça commence bien, on a du vrai plaisir, ajoute Jean-François. Il n’y a pas un matin où je me suis levé en grognant. Quand le cadran sonnait, ça prenait une minute et j’étais debout, content d’aller rejoindre ma gang

C’est cette atmosphère joyeuse et rassembleuse que Jean-François Baril compte traîner avec lui lorsqu’il prendra place au micro de Rythme FM, dans moins de trois mois. Déjà, il pressent une belle complicité, non seulement avec sa co-animatrice, Saskia Thuot, mais aussi avec les autres têtes d’affiche de Rythme FM, les Véronique Cloutier, Marie-Soleil Michon, Julie Bélanger, Mitsou et Sébastien Benoît.

«Ça m’excite beaucoup, indique-t-il. Je suis emballé, j’ai déjà hâte que ça commence. On a fait la séance photos la semaine dernière, et je me suis senti accueilli à bras ouverts par tout le monde. Ça me fait chaud au cœur.»

«Je veux amener mon ton à l’émission du matin. Dans ce créneau, c’est une émission d’humeur, où les gens viennent nous écouter pour se changer les idées. Il y a déjà plein de postes où ça rit fort et gras le matin, et d’autres où on parle beaucoup d’actualité ; les gens qui viennent à Rythme n’ont pas envie d’entendre parler de corruption. Nous, j’ai envie qu’on crée une petite bulle pendant trois heures, que Saskia et moi, on apporte nos histoires, notre réalité, notre vécu, avec beaucoup d’humour. On veut que ça soit agréable, amusant et ensoleillé. Même dans les journées froides de l’hiver!»

Conscient que les cotes d’écoute du matin à Rythme FM ont quelque peu chuté dans les dernières années, Jean-François Baril n’est pas nerveux à l’idée d’avoir une petite pente à monter.

«Je sais qu’ils ont perdu des plumes un petit peu, mais moi, je carbure à ça. Je préfère être dans l’équipe qui veut se battre pour aller chercher la prochaine Coupe Stanley que celle qui l’a gagnée l’an dernier. J’aime ce genre de défi, repenser une émission, trouver un angle. En fait, si on recule un an derrière, c’est exactement un copier-coller de ce que je vivais avec Ça commence bien : c’est une émission du matin qu’il faut reconstruire et remodeler», conclut Jean-François Baril.

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